mercredi 30 septembre 2015

Honny soit qui mal y pense ou Histoire des filles célèbres du XVIIIe siècle, par Desboulmiers (1780). Historiettes sur la vie dissolue ou les amours frivoles de filles et dame de France sous le règne de Louis XV.


Jean-Auguste Jullien dit DESBOULMIERS

HONNY SOIT QUI MAL Y PENSE, ou HISTOIRES DES FILLES CÉLÈBRES DU XVIIIe SIÈCLE.

A Londres, 1780

6 parties reliées en 1 volume in-12 (17,5 x 10 cm) de 183, 152 et 164 pages. Bien complet des 3 pages de titre requises.

Reliure postérieure début XIXe siècle demi-basane, dos à faux-nerfs, titre doré au doré. Quelques frottements et épidermures sans gravité. Intérieur très frais. Complet.

NOUVELLE ÉDITION.

Desboulmiers (1731-1771), l'auteur de cet ouvrage publié pour la première fois en 1761, était homme de lettres, historien du théâtre et auteur dramatique. Après avoir été capitaine de cavalerie, il chercha une position en Allemagne, mais ne put en trouver, et revint se fixer à Paris, où il publia coup sur coup de nombreux ouvrages. Ce sont pour la plupart des romans ou des recueils d'historiettes légères, tel que Honny soit qui mal y pense, où le lecteur est invité à partager la compagnie de « ces femmes charmantes que leur penchant a dévouées au service de leur patrie sous les étendards de la volupté ». Outre quelques comédies, dont le succès fut mince, il est également l'auteur de deux ouvrages historiques, l'un consacré au théâtre italien de Paris, l'autre au théâtre de l'Opéra-Comique, lesquels lui valent encore aujourd'hui d'être cité par les l'historiens du théâtre français du xviiie siècle. Desboulmiers, qui s'intéressait aussi aux beaux-arts, possédait un cabinet de dessins et de tableaux. Il dut toutefois s'en séparer peu avant de mourir, à l'âge d'à peine 40 ans, après avoir imprudemment différé une saignée qui, selon les médecins du temps, eût pu le sauver. À propos de son recueil De tout un peu, Bachaumont, qui ne voyait rien de neuf dans ses contes, écrivait : « Ce sont de ces historiettes répétées mille fois dans les soupers provinciaux. Au reste, on y trouve contes, couplets, épigrammes, fables, impromptus, songes, épîtres, envois, et jusqu'à un alphabet philosophique. » Desboulmiers était cependant le premier à plaisanter de sa manière d'écrire, toujours désinvolte et légère.

L'édition de 1761 s'arrête avec l'Histoire de Suzette (ne contient que 2 parties). On trouve dans cette édition de 1780 l'Histoire de Cécile, l'Histoire de Justine, l'Histoire d'Amélie et Angélique, l'Histoire d'Henriette Lowston, etc. Ces histoires sont des romans inventés bien qu'il paraisse évidemment que les mœurs légères sous le règne de Louis XV ne soient pas totalement étrangères à quelques anecdotes piquantes racontées ici avec quelques frivolités.

Cet ouvrage a été de nombreuses fois réimprimé malgré une mise à l'Index dès sa sortie en librairie (Index Librorum Prohibitorum) ; livre dont la lecture était interdite pas l'église catholique pour cause d'atteinte aux bonnes mœurs.

BON EXEMPLAIRE.

Prix : 300 euros

mardi 29 septembre 2015

La Petite Fadette par George Sand. Edition bibliophilique de 1946 illustrée par Gaston Nick Petrelli. Exemplaire d'artiste signé autographe. Belle évocation de la campagne Berrichonne.


Georges SAND / Gaston NICK PETRELLI illustrateur

LA PETITE FADETTE. Édition enrichie d'eaux-fortes originales de G. Nick Petrelli.

La Tradition, 1946

1 volume in-4 (25 x 19,5 cm), en feuilles sous couverture et emboîtage de l'éditeur. 246-(1) pages. 20 eaux-fortes dont une hors-texte en frontispice, les autres tirées dans le texte le plus souvent à mi-page ou trois-quart de page. Très bon état. Quelques très légers frottements à l’emboîtage.

TIRAGE A 800 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 20 EXEMPLAIRES D'ARTISTE DESTINÉS AUX COLLABORATEURS DE CETTE ÉDITION.

EXEMPLAIRE MARQUÉ "EXEMPLAIRE D'ARTISTE" ET SIGNÉ PAR L'ARTISTE.


Notre exemplaire est tiré sur papier vélin de Lana (comme les 400 ex. numérotés). Il ne contient pas de suite à part (ce qui est normal).

Très belle édition de bibliophiles dirigée par Paul Durupt pour La Tradition. La Petite Fadette a été publié pour la première fois en 1849.

L'illustrateur est plus connu sous le nom de Gaston Nick. Peintre et graveur, il est né à Ajaccio en Corse vers 1885. Il vient étudier l'art à Paris et on commence à voir paraître plusieurs ouvrages illustrés par ses soins dès les années 1920 : Verlain, Maupassant, Mérimée, etc. Il change de nom pendant ou après la guerre. Il meurt sans doute dans les années 1950. Les raisons pour lesquelles il décide de changer de nom restent obscures. La fiche biographique de la Bnf ne donne pas même ses dates de naissance et de décès. 

"Deux jumeaux berrichons, Sylvinet et Landry, ont grandi ensemble. Landry le cadet est engagé dans une ferme de la région; et Sylvinet, qui souffre de la séparation disparait. Landry, alerté, part à sa recherche et le retrouve grâce à la petite Fanchon, dite Fadette, maigre et noire comme un grillon. Il a dû lui promettre en échange de la faire danser pour la Sainte Andoche. Le jour venu, Landry qui courtise Madelon, la nièce de son patron, s'exécute de mauvais gré; mais ses sentiments évoluent ; et de son côté, Fadette; métamorphosée par l'amour, devient une séduisante jeune fille. landry se déclare ; Sylvinet, jaloux souffre en silence ; et Madelon, pour se venger, fait épier fadette, qui doit quitter le pays. Elle revient pour recueillir l'héritage de sa grand-mère. Va-t-elle pouvoir épouser Landry ? Sylvinet, tombé en langueur, est un obstacle à leur union. Elle le soigne, le sermonne, et il s'efface ; mais, un mois après le mariage de son frère, il s'engage dans les armées de Napoléon. Quoiqu'il n'eut le moindre gout pour l'état militaire, il commanda si bien qu'il deviendra capitaine. Le charme de Fadette à distance agissait encore." (résumé de l'oeuvre).

L’histoire se déroule dans le Berry, une région très rurale où tout le monde se connaît, et où les histoires entre familles paysannes rythment le quotidien. On est mis en présence de nombreuses superstitions, mais aussi de la figure très autoritaire du père de famille, dont les ordres ne peuvent être désobéis. Dans le foyer, chacun occupe une place bien précise, les tâches sont réparties, et personne n’a vraiment son mot à dire. Le dur travail de la terre rend les gens un peu rudes, voire aigris et méchants, et le fait qu’ils n’ont que peu de distractions empire cela. Les rumeurs et les commérages sont fréquents, et viennent briser un peu la monotonie de la vie à la campagne. Ici, c’est la petite Fadette et sa famille qui en sont les victimes, et la méchanceté de la mentalité paysanne est bien présente. En effet, les gens ne cherchent pas à connaître la jeune fille, à aller voir derrière les apparences, car il est bien plus facile de critiquer sans savoir. Elle constitue une anormalité, elle n’est pas comme eux, les braves paysans, car elle détient un savoir, elle est mystérieuse, ne vit pas comme eux, mais à l’écart.

BELLE ÉDITION AGRÉABLEMENT ILLUSTRÉE.

Prix : 250 euros


lundi 28 septembre 2015

L'Ombrelle d'Octave Uzanne illustrés par Paul Avril (1882-1883). Exemplaire du bibliophile Charles Cousin (1822-1894) dit Le Toqué. Somptueux exemplaire de dédicace du tirage de luxe sur Japon.


Octave UZANNE - Paul AVRIL, illustrateur

L'OMBRELLE, LE GANT, LE MANCHON par Octave Uzanne, illustrations de Paul Avril.

Paris, A. Quantin, imprimeur-éditeur, 1883

1 fort volume grand in-8 (28 x 19 cm) de 138-(1) pages. Illustrations courant autour du texte en camaïeu de différents teintes. Tirage à part des illustrations (intercalées dans le volume).

Reliure janséniste plein maroquin caramel, dos à nerfs, titre et millésime dorés au dos, doublures de maroquin bleu nuit, encadrement intérieur de filets et roulettes dorés, tranches dorées sur témoins, couvertures de soie rose imprimées conservées montées en pages de gardes, gardes de papier peigne (reliure de l'époque signée LOUISE REYMANN). Splendide reliure doublée et décorée, en excellent état. Un léger accroc à la coupe supérieure du premier plat, coins légèrement frottés. Quelques ombres au maroquin. Intérieur immaculé.


UN DES 100 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DU JAPON.



EXEMPLAIRE AUQUEL IL A ÉTÉ A AJOUTÉ LA SUITE DES ILLUSTRATIONS TIRÉES A PART SUR JAPON.

EXEMPLAIRE DE DÉDICACE OFFERT PAR L'AUTEUR A SON AMI LE TOQUÉ ALIAS LE BIBLIOPHILE CHARLES COUSIN.



"à mon cher collègue et ami, à l'archi-toqué Charles Cousin, qui à l'heur de posséder ce livre sous une royale enveloppe, je fais témoignage ici de ma plus basse envie, son archi-Japonais, Octave Uzanne. 18 X. 1887."

Provenance : Bibliothèque Charles Cousin, avec son ex libris gravé avec la devise : C'est ma toquade. Collection Bertrand Hugonnard-Roche (BHR 2015 - marqué au verso de la première garde blanche).


Ce livre est, avec L’Éventail donné un an plus tôt, contrairement à l'image qui en a souvent été donnée de légèreté et de fanfreluche pour bibliophiles, une belle et intéressante étude sur ces indispensables ornements de la mode de ces dames à travers le temps. Uzanne, d'ailleurs très déçu voire marqué à vie d'avoir été considéré par trop de monde comme "le Monsieur de ces dames à l'éventail, à l'ombrelle, etc" (dixit Antoine Laporte, bouquiniste et auteur d'un violent pamphlet contre Uzanne publié en 1893), donnera en 1892 une édition bon marché, de format in-12, et sans illustration, dans laquelle il expliquera en préambule souhaiter donner à un public de lecteurs, et non plus à un public d'esthètes bibliophiles, ces textes pour pouvoir les apprécier à leur juste valeur. "cette fois-ci, ce n'est plus aux iconophiles que je m'adresse, mais à ces lettrés qui prétendent lire, apprendre et connaître..."

Il offre ici à son ami et collègue (futur Bibliophile contemporain) Charles Cousin (1822-1894) un bel exemplaire sur Japon de son livre phare et lui exprime toute son admiration pour la reliure que le bibliophile a fait faire à Louise Reymann. Octave Uzannne s'avoue ici Archi-Japonais (on sait le goût prononcer d'Octave Uzanne pour la japonisme).


SUPERBE ET ÉMOUVANT EXEMPLAIRE.

Prix : 4.000 euros


Un prophète inconnu : Prédictions, jugements et conseils par M. le marquis de La Gervaisais, avec une préface et des notes par Damas Hinard (1850). Edition originale.


DAMAS HINARD / MARQUIS DE LA GERVAISAIS

UN PROPHÈTE INCONNU. Prédictions, jugements et conseils par M. le marquis de La Gervaisais, avec une préface et des notes par M. Damas Hinard.

Paris, Ledoyen libraire, 1850

1 volume in-8 (18,5 x 12 cm), broché, de 151 pages. Couverture jaune imprimée. Papier vélin fin très frais. Très bon état.

ÉDITION ORIGINALE.


Les pages 1 à 37 sont consacrées à la vie et aux travaux de de La Gervaisais. Les pages 39 à 147 sont des prédictions et prophéties.

Damas Hinard publie dans ce volume des textes surprenants de Nicolas Magon de La Gervaisais. La Gervaisais est l'auteur d'une profusion de pamphlets et de brochures dans lesquelles il montre des sentiments généreux et les opinions les plus personnelles, parfois contradictoires, mêlées à des vues très justes et très élevées, des appréciations qui montraient un réel sens politique et, parfois, comme une divination de l'avenir. Nicolas Louis Marie Magon, marquis de La Gervaisais ou Nicolas III de La Gervaisais (né à Saint-Servan le 17 juin 1765, décédé à Paris le 29 décembre 1838) est l'auteur de nombreux livres politiques où il expose souvent des vues très personnelles. Nicolas Louis Marie Magon est le petit-fils de Nicolas I de La Gervaisais et le fils de Nicolas II Magon de la Gervaisais. Il s'est marié en 1793 avec Agathe Magon de la Villehuchet, née le 29 décembre 1770 à Saint-Malo. Le couple n'eut qu'un seul enfant : Augustine, née le 23 juin 1796 à Villiers (Ille-et-Vilaine), mariée le 8 juillet 1816 à Versailles avec Adolphe de Saint-Pern la Tour, et décédée le 7 décembre 1836 à Saint-Servan. Élevé moitié au collège de Saint-Malo, moitié au château patrimonial où son père met à sa disposition une bibliothèque bien fournie, le jeune gentilhomme se passionne pour l'étude, lisant des ouvrages très variés à l'origine de ses goûts et idées très disparates. Destiné à une carrière militaire, il était à 20 ans lieutenant des carabiniers, mais une chute de cheval l'oblige à aller prendre les eaux à Bourbon-l'Archambault où il noue une grande amitié restée platonique avec Louise-Adélaïde de Bourbon, fille du prince de Condé, avec laquelle il continua à entretenir pendant quelque temps une correspondance qui a été publiée par Pierre-Simon Ballanche, mais cette correspondance dut cesser en raison des bruits qui couraient sur leur liaison supposée. Nicolas III Magon de La Gervaisais séjourna ensuite en Suisse et revint à Paris au moment de la réunion des États généraux et se prit d'enthousiasme pour la Révolution naissante en dépit de ses origines. En réponse à un pamphlet anti-révolutionnaire intitulé Mes amis, voici pourquoi tout va mal, il écrivit son premier libelle Mes amis, voici comment tout irait bien en 1790. Ce fut le premier de la liste interminable de ses publications. En 1791, il fuit un temps en Angleterre mais revient en France au moment de la Terreur et ne fut guère inquiété, réussissant même à préserver l'essentiel de la fortune familiale et vivant alors en Bretagne.

TRÈS BON EXEMPLAIRE.

Prix : 150 euros


vendredi 25 septembre 2015

Sciences occultes, Cabale et Rose Croix : Le Comte de Gabalis par Nicolas de Montfaucon de Villars. Rare édition de 1700 illustrée de 18 bois gravés. Joli exemplaire en condition d'époque.


Nicolas-Pierre-Henri DE MONTFAUCON DE VILLARS

LE COMTE DE GABALIS OU ENTRETIENS SUR LES SCIENCES SECRÈTES, ET MYSTÉRIEUSES SUIVANT LES PRINCIPES DES ANCIENS MAGES OU SAGES CABALISTES. Augmenté dans cette dernière édition d'une seconde partie.

A Amsterdam, chez Jaques Le Jeune, 1700 [Rouen ?]

1 volume in-12 (15 x 9 cm) de 1 feuillet de titre et 260 pages dont 18 figures gravées sur bois (1 figure hors-texte dépliante et 17 figures dans le texte).

Reliure pleine basane marbrée de l'époque, dos à nerfs orné de fleurons dorés, titre doré au dos. Reliure solide et décorative avec coiffes restaurées et coins usés. Rapiéçage ancien de cuir au second plat. Rousseurs acceptables dans le volume. Papier fin de médiocre qualité. Complet.

NOUVELLE ÉDITION.

18 FIGURES ÉSOTÉRIQUES GRAVÉES SUR BOIS.


C'est un des traités consultés le plus souvent sur la Kabbale. Les révélations que l'auteur y donne lui valurent sa mort ; il fut trouvé poignardé aux environs de Lyon en 1673, en représailles, croit-on, de ses indiscrètes révélations et railleries sur les Kabbalistes et les Rose + Croix. Il tenta tout d'abord de se faire un nom comme prédicateur, eut peu de succès et malheureusement pour lui, publia son fameux "Comte de Gabalis" qui fit scandale. La première édition a paru chez Claude Barbin à Paris en 1670. L'édition Le Jeune 1700 est la première a être illustrée de gravures ésotériques gravées sur bois. (Caillet).


En regardant de plus près cet exemplaire publié sous l'adresse d'Amsterdam, Jaques Le Jeune, on s’aperçoit que la réclame n'est pas celle usitée par les imprimeurs hollandais (chaque feuillet doit avoir une réclame au bas en marge intérieure). Cela indiquerait une édition française avec réclame uniquement au dernier feuillet de chaque cahier. Nous avons trouvé dans une bibliographie mention d'une contrefaçon de l'édition 1700 Amstersdam, Jaques Le Jeune, qui serait sortie de Rouen. La qualité médiocre du papier et les réclames suggéreraient donc une impression française (Rouen ?).


Référence : Caillet, Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, III, 7702 : "Édition fort rare" ; Yves-PlessisEssai d'une Bibliographie Française Méthodique et Raisonnée de la Sorcellerie et de la Possession Démoniaque, 497 ; Dorbon, Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, 3144 ; Vente F. et A. Max, n°101 ; Gaïta : "Edition fort rare".


TRÈS BON EXEMPLAIRE EN CONDITION ANCIENNE DE CETTE JOLIE ÉDITION ILLUSTRÉE DE FIGURES ÉSOTÉRIQUES.

VENDU




mercredi 23 septembre 2015

Bibliophilie : La Nouvelle Bibliopolis d'Octave Uzanne ou Voyage d'un novateur au Pays des Néo-Icono-Bibliomanes. Lithographies en couleurs d'H.P. Dillon. Un des 500 exemplaires sur vélin satiné dans une jolie reliure signée Charles Meunier.


Octave UZANNE - H. P. DILLON illustrateur

LES ÉVOLUTIONS DU BOUQUIN - LA NOUVELLE BIBLIOPOLIS. Voyage d'un novateur au Pays des Néo-Icono-Bibliomanes par Octave Uzanne. Lithographies en couleurs et marges décoratives de H. P. Dillon. Frontispice à l'eau-forte d'après Félicien Rops. Nombreuses illustrations dans le texte et hors-texte.

A Paris, chez Henri Floury, 1897 [achevé d'imprimer par Edouard Cretté à Corbeil le 9 novembre 1896]

1 volume in-8 (19 x 12,7 cm) de XX-254-(2) pages. 8 lithographies en couleurs hors-texte par H.-P. Dillon.

Reliure de l'époque demi-maroquin rouge sang à coins, dos lisse orné d'un décor mosaïqué, auteur et titre dorés, tête dorée, relié sur brochure, couverture illustrée de Henri Thiriet conservée (en deux parties, reliée au début et à la fin du volume). Reliure signée CH. MEUNIER. Intérieur immaculé. Quelques légers frottements à la reliure.


ÉDITION ORIGINALE IMPRIMÉE A 600 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

CELUI-CI, UN DES 500 EXEMPLAIRES SUR PAPIER VÉLIN SATINÉ, AVEC UN ÉTAT DU FRONTISPICE D’APRÈS LE DESSIN DE FÉLICIEN ROPS, UN ÉTAT DES 8 LITHOGRAPHIES DE H. P. DILLON.



L'un des plus beaux livres de petit format, écrit, édité par Octave Uzanne, et dont la conception novatrice, tout en illustration pleine page avec encadrement lithographiés.

Voici le détail des chapitres : La Nouvelle Bibliopolis, le Symbolisme et la Littérature des Jeunes de Notre Heure (en guise d'avant-propos) ; La Bibliophilie Contemporaine (ses origines - ses étapes - ses tendances actuelles) ; Bibliophiles et Biblioscopes ; Physiologie du lecteur, un croquis en attendant un tableau (vingt dessins inédits de François Courboin) ; La monomanie des affiches (Précis historique - Les collectionneurs - les artistes français de l'affiche - les affiches à l'étranger) ; La renaissance de la reliure (la décoration extérieure des livres) ; Les ex libris modernes (notes succinctes sur l'art décoratif de ces marques de possession en France et à l'étranger).

BEL EXEMPLAIRE EN RELIURE DÉCORATIVE SIGNÉE DE CE LIVRE TRÈS RECHERCHÉ.

VENDU


lundi 21 septembre 2015

L'Histoire en abrégé de Louis le Grand (Louis XIV) par Bussy-Rabutin (1699). Exemplaire du comte d'Hoym, célèbre bibliophile.


Roger de RABUTIN, comte de BUSSY, dit BUSSY-RABUTIN

HISTOIRE EN ABRÉGÉ DE LOUIS LE GRAND, QUATORZIÈME DU NOM, ROY DE FRANCE, par le Comte de Bussy-Rabutin, adressée à ses enfants.

Paris, chez Florentin et Pierre Delaulne, 1699

1 volume petit in-8 (16 x 9,5 cm), de (1)-378-(4) pages. Vignette à mi-page portrait de Louis XIV gravé par Crespy.

Reliure du début du XVIIIe siècle aux armes du Comte d'Hoym (1694-1736). Plein veau caramel, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, tranches rouges, gardes peigne. Exemplaire en bon état malgré des mors fendus ou fragiles avec manque et réparations de fortune plus récente. Coins usés. Intérieur complet et assez propre. Quelques salissures sans gravité.

Provenance : Exemplaire de la bibliothèque de Charles-Henry comte d'Hoym (1694-1736), ambassadeur de Saxe-Pologne en France et célèbre bibliophile.

ÉDITION ORIGINALE.


Qui se souvient aujourd'hui, après plus de trois siècle, que l'auteur malheureux de l'Histoire amoureuse des Gaules, Bussy-Rabutin, celui-là même qui paya cette belle plaisanterie qui distrayait alors toute la cour sur le dos des amours de Louis XIV, écrivit pour le loisir de ses enfants une Histoire en abrégé de Louis le Grand ? Personne, ou presque.

Bussy-Rabutin meurt le 9 avril 1693. L'Histoire de Louis XIV qu'il livre ici de manière posthume (publiée par ses enfants) s'arrête donc à l'année 1692. Il restait au Roi Soleil 23 années de règne.


La lecture de cet Abrégé n'est pas indigeste, bien au contraire, on y trouve une intéressante chronologie des jeunes années du Roi et des années de guerre. Bussy-Rabutin semble tout à fait impartial avec celui qui le condamna à rester loin de la cour dans son château de Bourgogne pendant plus de 17 ans. Bussy-Rabutin était un militaire, rempli d'orgueil et d'un amour irraisonné pour les honneurs. Ceci l'emporta sur le ressentiment et l'envie de vengeance qu'il aurait aisément pu déployer dans ces pages posthumes.

Le texte imprimé diffère sensiblement du manuscrit d’où cette Histoire a été tirée. Le manuscrit autographe est conservé à la Bibliothèque nationale de France (n.a.f. 4208) sous le titre de Discours du comte de Bussy a sa famille sur le bon usage des prosperités.

"Dernière étape d’un parcours littéraire hors du commun, le Discours du comte de Bussy à sa famille sur le bon usage des prospérités date de 1692. Il témoigne avec éclat de la maîtrise d’un art d’écrire assidûment cultivé durant les années d’exil. Sa richesse a pourtant longtemps été masquée par l’Histoire en abrégé de Louis le Grand, publiée en 1699 et dont il a fourni la matière – Bussy avait écarté l’idée même de publication, préférant réserver la lecture de son manuscrit à quelques lecteurs habilement choisis, dont le roi. Soigneusement calligraphié, le manuscrit autographe compte 136 pages et se divise en quatre parties fort inégales : trois Vies en abrégé (le cardinal Mazarin, la chancelier Le Tellier, le duc de Beauvillier) et une Histoire en abrégé de Louis le Grand quatorziesme du nom qui développe sa chronologie des folios 17 à 136. En dépit de ce déséquilibre, le texte doit être lu en son entier tant sa composition est soigneusement méditée. Premièrement, le choix des biographies semble concentrer les prospérités sur le règne de Louis XIV, autour de la figure duquel toute l’œuvre est organisée, comme si ses sujets n’avaient d’histoire que la sienne. Deuxièmement, cette construction suggère un parallèle avec Les Illustres malheureux, où Bussy occupe la place d’honneur. Au fond, il s’agit ici de l’auteur et de sa relation avec le roi. La singularité du Discours tient à la construction d’une œuvre littéraire pour conforter un statut qui n’est pas celui d’auteur, ainsi que l’indique le choix de la forme du discours : Bussy n’écrit pas en historien et encore moins en historiographe. Il a bel et bien pris acte du refus par le souverain de ses offres de service, d’où cette appropriation du genre de l’exemplum. En revanche, il ne désespère pas sinon de regagner sa faveur, du moins d’obtenir de nouvelles grâces. L’adresse initiale à ses enfants, destinataires officiels d’un manuscrit conçu pour le roi, suggère que l’adoucissement de ses malheurs pourrait bien préluder à leur prospérité. À l’intelligence de la composition correspond une écriture soigneusement polie et reprise jusque sur le manuscrit destiné à circuler. Bussy travaille plus d’une année à son ouvrage. Chaque mot y est choisi, chaque nuance est voulue. Avec ses phrases courtes et coupées, le style est non pas noble, mais fier malgré l’admiration vouée au souverain, ainsi que le montrent a contrario les nombreuses corrections apportées pour l’édition partielle de 1699. Pour pleinement goûter un tel texte, il convient d’accepter la place que l’auteur a réservée à son lecteur. Or Bussy feint d’écrire à ses enfants pour mieux toucher le roi et se représente dans cette posture. Le choix d’une diffusion par le manuscrit renforce l’effet recherché par la composition. Il découle de cette mise en scène que l’éloge, sincère par nécessité, se mesure à l’aune d’une convention : nulle flagornerie, donc, dans un exercice qui crée une distance inattendue par rapport à l’objet de la flatterie. Les leçons tirées des trois Vies en abrégé proposent d’ailleurs quelques règles précieuses pour les courtisans : Le Tellier est vanté pour avoir su rester pendant l’exil de Mazarin lui rester fidèle sans se brouiller avec ses adversaires, de sorte qu’ami de tout le monde, il avait l’assurance de rester ministre… L’auteur met dans cette ultime œuvre toutes les qualités qui ont durablement assuré le succès des précédentes. Plus encore que dans l’Histoire amoureuse des Gaules, on y goûtera l’habileté de la composition et l’on n’y trouvera pas moins d’esprit que dans la correspondance car le maître épistolier, qui avait transformé son discours de réception à l’Académie en épître, développe désormais son Discours avec virtuosité. Surtout, alors que le mémorialiste semblait s’interroger sur les causes d’une disgrâce à la dureté incompréhensible, il revisite ici l’histoire avec optimisme. Car, et ce n’est pas le moindre paradoxe de Bussy, cet homme qui a encouru la prison et l’exil pour ses écrits et qui n’avait cessé d’écrire avec l’espoir de retrouver la place qu’il ambitionnait à la cour comme à la guerre, choisit d’afficher son renoncement pour mieux remplir ses vues, d’où un incipit dans la grande tradition des Mémoires nobiliaires : l’œuvre du « dévot papelard » commence par détourner une convention littéraire. Voilà décidément un Discours à redécouvrir !"  (Christophe Blanquie)

Références : OHR, 672 (planche des armoiries du comte d'Hoym).

BON EXEMPLAIRE AUX ARMES DU COMTE D'HOYM DE L'HISTOIRE EN ABRÉGÉ DE LOUIS XIV.

Prix : 650 euros


samedi 19 septembre 2015

Exemplaire unique entièrement aquarellé à la main. Les Ornements de la Femme par Octave Uzanne : L'Ombrelle (1883). Splendide illustration par Paul Avril. Superbe exemplaire finement relié à l'époque par Moscovitz.


Octave UZANNE - Paul AVRIL, illustrateur

L'OMBRELLE, LE GANT, LE MANCHON par Octave Uzanne, illustrations de Paul Avril.

Paris, A. Quantin, 1883

1 volumes grand in-8 (26,5 x 17,5 cm) de 143-(1) pages pour l’Éventail et de 138-(1) pages pour l'Ombrelle . Illustrations dans le texte imprimées dans différentes teintes, autour du texte (ici toutes mises en couleurs à la main, voir plus bas).

Reliure demi-maroquin avec coins bleu nuit (reliure de l'époque signée Moscovitz). Dos lisse orné mosaïqué d'une ombrelle et d'ornements divers. Exemplaire du tirage à petit nombre du vélin de Hollande. Excellent état de la reliure, intérieur immaculé.


EXEMPLAIRE UNIQUE ENTIÈREMENT AQUARELLÉ A LA MAIN.

Les exemplaires sont normalement imprimés dans différents tons de sépia, bleu, noir, sanguine, etc.

Plusieurs hypothèses peuvent être émises pour cet exemplaire. Soit il peut s'agir de l'exemplaire de Paul Avril lui-même, aquarellé pour lui ou pour un ami. La qualité de la mise en couleurs, l'exactitude des coloris choisis nous fait pencher pour cette hypothèse. Soit il pourrait s'agir d'une commande par un amateur à un aquarelliste connu et reconnu à Paris à l'époque comme le fut, par exemple, Chauvet, spécialiste de ce genre de travaux. La qualité de mise en couleurs est époustouflante (voir photos). On compte 1 page de titre et plus de 70 feuillets aquarellés.

A notre connaissance, même l'auteur de l'ouvrage, Octave Uzanne, ne possédait pas dans sa bibliothèque un tel exemplaire unique ! Lui qui pourtant aimait avoir de ses propres ouvrages des exemplaires "hors ligne" comme il l'écrivait lui-même.


MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE UNIQUE DE L'UN DES DEUX OUVRAGES QUI ONT LANCÉ LA CARRIÈRE DE LITTÉRATEUR DU JEUNE OCTAVE UZANNE.


Belle et intéressante étude documentaire sur ces indispensables ornements de ces dames à travers le temps. Ouvrages, au style empreint d'une certain préciosité et non dénué d'auto-dérision sur la légèreté de ces bluettes, dans lesquels Uzanne, d'ailleurs très déçu voire marqué à vie d'avoir été considéré par trop de monde comme "le Monsieur de ces dames à l'éventail, à l'ombrelle, etc" (dixit Antoine Laporte, bouquiniste et auteur d'un violent pamphlet contre Uzanne publié en 1893), donnera en 1892 une édition bon marché, de format in-12, et sans illustration, dans laquelle il expliquera en préambule souhaiter donner à un public de lecteurs, et non plus à un public d'esthètes bibliophiles, ces textes pour pouvoir les apprécier à leur juste valeur. "cette fois-ci, écrit-il, ce n'est plus aux iconophiles que je m'adresse, mais à ces lettrés qui prétendent lire, apprendre et connaître...".


Au delà du contenu, ce livre est avec L’Éventail paru un an plus tôt (1882), l'un des premiers essais d'impression en couleur autour du texte. Les essais et les tâtonnements furent nombreux avant d'arriver à un résultat satisfaisant. Octave Uzanne s'explique sur ces difficultés dans une lettre datant de décembre 1881 qu'il adresse à un Ami des Livres :


"[...] Comment résumer l’établissement d’un ouvrage qui est si compliqué et dont la fabrication – sans parler du texte – m’a demandé de si longues recherches et m’a fait franchir tant d’obstacles ? Le lecteur ou le curieux n’a pas à s’inquiéter de toute cette cuisine terrible d’un beau livre, et je vais tâcher de répondre succinctement à votre obligeante demande, dans le sens de l’insertion que vous pouvez faire. Les illustrations de ce livre offrent cette originalité qu’elles contournent le texte et l’encadrent ingénieusement. L’auteur et l’illustrateur ne font qu’un, le dessin interprète dans les marges les idées de l’auteur, et ces dessins sont d’une variété et d’une finesse d’exécution dont l’héliogravure seule pouvait rendre en les fac-similant les divers caractères : fusain, gouache, crayon, sépia, camaïeu, croquis au trait, sanguine, esquisses à la plume très poussées, tous les procédés en un mot dont un artiste peut se servir pour réaliser ses conceptions. Toutes ces illustrations gravées sur cuivre et tirées suivant les « manières » en différentes couleurs, ont d’abord été imprimées sur des presses en taille douce et il a fallu repérer ensuite, sur des presses à bras typographiques, le texte noir de l’ouvrage ; travail difficultueux au possible, si l’on songe au retrait du papier mouillé, aux inégalités du pointage, au foulage « à rendre imperceptible » dans la « retiration », à tous ces labeurs d’impression dont le public se rend malaisément compte. Pour arriver à la possibilité réelle de cette mise en œuvre originale, il a fallu que l’auteur fut à la fois inventeur, calculateur, artiste, chromiste, taille-doucier, typographe metteur en page et le reste – car ses idées même devaient se repérer dans les dessins déjà imprimés, alors que pour le lecteur, les dessins ne font que paraphraser le texte. Il faudrait plus de dix pages de détails techniques pour conter l’histoire de ce livre qui ouvre la série des ornements de la femme et qui ne pouvait être exécuté que par celui qui en a conçu la nouvelle manière. [...]". (Octave Uzanne)


UNICA DE TOUTE BEAUTÉ.

VENDU


jeudi 17 septembre 2015

Colportage : Le Jardin d'Amour (vers 1820), où est renseigné la Méthode et l'Adresse pour bien entretenir une Maîtresse, ensemble, comme il faut inviter aux noces les parents et amis. Rare livret populaire en bel état.



ANONYME

LE JARDIN D'AMOUR, où est renseigné la Méthode et l'Adresse pour bien entretenir une Maîtresse, ensemble, comme il faut inviter aux noces les parents et amis.

A Lélis, 20: [vers 1820 ?] Chez Goderfe, rue de Nemenya. [Epinal ? Troyes ? Beauvais ? Montbéliard ? Chartres ?]

1 plaquette in-12 (14,5 x 8,5 cm), broché, 24 pages (y compris le titre). Couverture ancienne de papier gris. Cahier cousu. Très bon état. Intérieur immaculé.

Réimpression sans doute provinciale datant des années 1800-1820 tout au plus. Gay dans sa bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, indique qu'il s'agit d'une espèce de petit catéchisme, le nec plus ultra de la niaiserie à l'usage de la populace et des paysans. M. Monselet a donné, dans le journal Paris, un bon article, intitulé la Comédie naïve, à ce sujet. (Gay, éd. 1897, II-692). A noter qu'on retrouve la même adresse "A Lélis" pour un certain Chalopin éditeur à Caen à la fin du XVIIIe s.

Contient, au verso du titre : Déclaration d'amour. Ensuite : Le Jardin d'Amour (comme l'amoureux se doit comporter, ses gestes, ses habits) - L'amant ne se doit point fâcher de ses imperfections - L'amant doit fuir et éviter les mauvaises compagnies - En quel lieu l'amant doit chercher une maîtresse - Discours d'amant pour accoster une fille en compagnie de plusieurs autres, et lui déclarer son amitié - L'amant dira les vers suivants en baisant sa maîtresse - Comme l'amant doit saluer et parler à une maîtresse - comme le garçon doit parler au père de son amante ; et après l'avoir salué - Pour donner une bague à sa maîtresse lorsque le contrat est passé - Comme il faut inviter les parents aux noces - les récréations et devis amoureux - etc.

Ce texte aurait paru pour la première fois dès 1671 (Gay) et a été plusieurs fois réimprimé au cours du XVIIIe siècle. Petit livret populaire de colportage par excellence, véritable Paroissien Romain du niais de la campagne, à l'évidence.

RARE.

BEL ETAT.

Prix : 280 euros

samedi 5 septembre 2015

Bibliophilie, mode et galanterie : Entre femmes, Album de 20 dessins coloriés par Madame Lami (1898). Un des très rares 20 ex. numérotés sur papier du Japon. Rare tirage de tête.


Madame LAMI

ENTRE FEMMES. Album inédit par E. Lami. Préface de François Coppée de l'Académie Française.

H. Simonis Empis, éditeur, s.d. (avril 1898). [imprimé par Lahure]

1 volume in-folio (35 x 28 cm), broché, de 3 feuillets non chiffrés (faux-titre, titre et préface) et 20 planches hors-texte coloriées (coloris de la maison Greningaire), Premier plat de couverture illustré en couleurs. Exemplaire très bien conservé, très frais, première de couverture très fraîche. Brochage distendu.


ÉDITION ORIGINALE.

UN DES TRÈS RARES 20 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR PAPIER DU JAPON ET SIGNÉ PAR L'ARTISTE.


Bel ensemble de dessins mis en couleurs et montrant la femme dans tous ses états. Cet album inédit a ét publié chez l'éditeur spécialiste du genre H. Simonis Empis. Très rare sur papier du Japon (seulement 25 exemplaires).

Cet album est dû au talent d'une femme-artiste comme l'explique François Coppée dans sa courte préface. "A votre tour, voilà que vous dénoncez une fois de plus dans les élégants dessins et dans les spirituelles légendes de cet Album quelques-unes des "rosseries" du beau sexe." (François Coppée, avril 1898). Nous n'avons pas trouvé d'autres renseignements sur cette artiste.



TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CET ALBUM RARE SUR PAPIER DU JAPON.

Prix : 400 euros



Atlas historique et géographique de Félix Ansart à l'usage des collèges, des séminaires et de tous les établissements d'éducation (1851). Rare exemplaire bien très bien conservé de ce fragile atlas pour les enfants.



Félix ANSART

ATLAS HISTORIQUE ET GÉOGRAPHIQUE destiné à accompagner le cours d'histoire et de géographie publié par MM. Ansart et Rendu et renfermant toutes les cartes anciennes, etc. Dressé pour l'usage des collèges, des séminaires et de tous les établissements d'éducation, par Félix Ansart.

N°8. - Géographie ancienne et moderne comparée.

Paris, A la librairie ecclésiastique, classique et élémentaire de Ch. Fourault, chez L. Hachette et chez Mme Veuve Maire-Nyon, s.d. (1851)

1 volume in-4 (28,5 x 22 cm), cartonnage demi-toile de l'éditeur, plats de papier bleu imprimés, 4 pages de texte et 32 cartes en couleurs sur double-page (33,5 x 22,5 cm env.) et 2 1 carte dépliante en noir et 1 planche de cosmographie en noir également. Complet. Les coutures sur ruban du cartonnage sont faibles, cartonnage frais, papier des cartes frais, sans rousseurs.


Les cartes ont été dressées en 1846 et portent pour la plupart cette date dans un cartouche.

Voici le détail des cartes contenu dans cet atlas pédagogique :

- Carte comparative du monde connu des anciens
- La terre de Chanaan et une partie des contrées voisines
- Palestine, avec la Phénicie et la Coele-Syrie
- Empire des Perses
- Grèce au temps des guerres médiques avec la Macédoine
- Empire d'Alexandre
- Rome sous Aurélien et Constantin - Italie centrale - Fondation de Rome
- Théâtre des guerres puniques
- Gaule en 17 provinces à la fin du IVe siècle
- Italie en XI régions et Grèce
- Asie occidentale et guerre des Romains
- Empire Romain
- Marathon - Environs d'Athènes
- Mappemonde en deux hémisphères
- Europe en 1846
- Asie en 1846
- Afrique en 1846
- Amérique du nord en 1846
- Amérique du sud en 1846
- Océanie en 1846
- France en 1846
- Colonies françaises en 1846
- Europe centrale en 1846
- Iles Britanniques en 1846 (Grande Bretagne et Irlande)
- Royaumes de Suède, Norvège et Danemark en 1846
- Russie d'Europe et Pologne en 1846
- Royaume des Pays-Bas et de Belgique en 1845
- Suisse en 22 cantons et 28 états souverains
- Espagne et Portugal et Andorre
- Italie (Sardaigne)
- Turquie d'Europe, Grèce et îles Ioniennes
- Turquie d'Asie, Egypte, Arabie, Perse, Afghanistan, Turkestan, Hindoustan, Abyssinie
- Etats-Unis d'Amérique du nord, Canada, Mexique
- Cosmographie


BEL ENSEMBLE COMPLET ET EN TRÈS BON ÉTAT POUR CET ATLAS FRAGILE DESTINÉ AUX ENFANTS.

Prix : 400 euros


mercredi 2 septembre 2015

Bibliophilie : Exemplaire remarquable du Miroir du Monde par Octave Uzanne (1888). Exemplaire de tête sur grand papier Japon avec sa liseuse en cuir japonais décoré conservée dans une superbe reliure de maroquin signée Victor Champs. Superbe exemplaire.




Octave UZANNE - Paul AVRIL, illustrateur

LE MIROIR DU MONDE. Notes et sensations de la vie pittoresque par Octave Uzanne. Illustrations en couleurs d'après Paul Avril.

Paris, Maison Quantin, 1888 [achevé d'imprimer le 7 novembre 1887].

1 volume grand in-8 (30 x 23 cm), broché, IV-163-(2) pages. Illustrations en couleurs courant dans le texte. Tirage en bleu, noir, rouge, rose, violet, or, argent, cuivre, etc.

Reliure de l'époque plein maroquin havane, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, six filets dorés en encadrement extérieur des plats, chiffre AD doré au centre des deux plats, tranches dorées, riche doublure composé d'un encadrement de filets et roulettes dorés et incrustation du cuir japonais de la liseuse d'origine, gardes de moire fleurie à froid châtaigne, garde de papier peigne (reliure signée Vicor CHAMPS). Dos insolé (éclairci).



ÉDITION ORIGINALE.

EXEMPLAIRE SIGNÉ AUTOGRAPHE PAR OCTAVE UZANNE.

Tirage à 2.200 exemplaires numérotés dont 2.000 exemplaires sur vélin de Hollande, 100 exemplaires sur grand papier du Japon et 100 exemplaires sur Japon du format du volume.


CELUI-CI, UN DES 100 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR GRAND PAPIER DU JAPON.




Provenance : Le chiffre AD pourrait correspondre au collectionneur bibliophile et bibliographe Alidor Delzant (1848-1905), secrétaire, biographe et légataire universel des frères Goncourt. Nous savons que Alidor Delzant possédait plusieurs livres d'Octave Uzanne dans sa bibliothèque (les Quais de Paris notamment). Collection Bertrand Hugonnard-Roche (avec monogramme autographe).




Qui mieux que Uzanne lui-même pourrait nous parler de ce livre :

"De tous les livres faits par l'auteur de l’Éventail avec la collaboration de Paul Avril, celui-ci est incontestablement le mieux réussi au point de vue rendu des dessins par procédés divers, héliogravure en creux et en relief, fac-similés Gillot, chromogravures typographiques, emploi des bronzes pâles, feu, orange, verts, usage des glacis de platine et d'étain alliés aux couleurs repérées, etc. Livre essentiellement nouveau que celui-ci, il faut le dire, et qui témoigne, aux yeux des gens du métier, de mille difficultés vaincues et d'audaces décoratives heureusement couronnées de succès. Le Bibliophile, en tant qu'éditeur artistique, a quelque vanité de n'avoir rien raté dans la mise en oeuvre si complexe de ce livre. Quant au texte, il n'est peut-être pas parfait pour plaire à beaucoup, car sa philosophie antimondaine, parfois même antisociale, a le défaut d'être très personnelle et par conséquent exclusive ; l'écrivain étant d'un absolutisme de pensée rigoureux que d'aucuns trouvent très souvent excessif." (in Catalogue de Quelques-uns des Livres Contemporains en exemplaires choisis, curieux ou unique tirés de la Bibliothèque d'un écrivain et bibliophile parisien et qui seront livrés aux enchères les 2 et 3 mars 1894. Paris, Durel, mars 1894. n°440 pour ce commentaire).

Si Uzanne a évoqué son attachement au contenu de ce livre qu'il place pour ainsi dire au dessus des autres à cette époque (fin 1887), voici la table des chapitres complète : Proscenium - Le Monde et la Société - Les Arts et les Lettres - L'Intérieur - L’étude - L'Amour - Le Voyage - Les Sports - La Table - Le Rêve - La Campagne - et un Appendice correctif (bien senti).




Ce livre, pour l'avoir lu attentivement, malgré quelques longueurs et lassitudes au sein de quelques chapitres, nous livre la pensée d'Octave Uzanne à l'aube de ses 36 ans. Jeune célibataire (L'amour), épris de libertés et d'indépendance, ayant déjà un goût prononcé pour les voyages qu'il effectuera bientôt en grand nombre, philosophe, penseur, critique et journaliste, misanthrope aussi, déjà, rêveur presque asocial par certains aspects. Voilà l'Octave qu'il nous dépeint en quelques cent cinquante pages presque toujours richement illustrées. C'est sans doute l'un des livres les plus intimistes qu'il a donné au public avec le Paroissien du célibataire publiée en 1890. Ce livre est négligé par erreur par les catalogueurs de livres. Il doit, au contraire, occuper une place de choix dans la bibliographie de l'auteur.

SUPERBE EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ DU RARE TIRAGE DE TÊTE SUR JAPON.

VENDU