mercredi 29 juin 2016

Bibliophilie Athéisme : Opinions des anciens sur les Juifs et Réflexions impartiales sur l'Evangile par feu M. de Mirabaud (Holbach). Bel exemplaire ces deux textes antireligieux peu communs.


MIRABAUD, Jean-Baptiste - HOLBACH, Paul-Henri Thiry baron d'

OPINIONS DES ANCIENS SUR LES JUIFS. Par feu M. de Mirabaud, Secrétaire perpétuel de l'Académie Française.

Londres, s.n., 1769

(1)-127 pages



Suivi de :

RÉFLEXIONS IMPARTIALES SUR L’ÉVANGILE, par feu M. de Mirabaud, Secrétaire perpétuel de l'Académie Française.

Londres, s.n., 1769

(1)- pp.129 à 238.

1 volume petit in-8 (16 x 10,2 cm).



Reliure pleine basane mouchetée racinée marron, dos lisse orné. Reliure du début du XIXe siècle vers 1800-1810. Quelques frottements et légères épidermures. Reliure solide et décorative. Intérieur frais.

PREMIÈRE ÉDITION POUR CES DEUX TEXTES ANTIRELIGIEUX.

On a parfois attribué le premier ouvrage au Baron d'Holbach mais il s'avère que l'ouvrage est bien de Mirabaud d'après les dernières recherches. 

Jean-Baptiste de Mirabaud est né à Paris en 1675 et mort dans la même ville le 24 juin 1760. Homme de lettres et traducteur français, il fait ses études chez les Oratoriens et participe comme soldat à la bataille de Steinkerque en 1692. S'étant lié d'amitié avec Jean de La Fontaine, il compose des ouvrages de littérature, d'histoire et de philosophie, mais néglige de les faire publier. La duchesse d'Orléans le nomme secrétaire de ses commandements et lui confie l'éducation de ses deux filles. En 1724, il publie une traduction de La Jérusalem délivrée du Tasse, qui suscite l'admiration et lui vaut d'être élu deux ans plus tard à l'Académie française. En 1741, sa traduction du Roland furieux de l'Arioste reçoit un accueil mitigé. Devenu secrétaire perpétuel de l'Académie en 1742, il démissionne de ce poste en 1755 lorsqu'il se sent atteint par l'âge. Le nom de Mirabaud est resté associé à celui du baron d’Holbach, qui avait fait paraître son Système de la Nature sous le nom de Jean-Baptiste Mirabaud en 1770. Voltaire, qui condamna violemment l'ouvrage du baron, dénonça la supercherie en ces termes : « Hélas ! notre bon Mirabaud n’était pas capable d’écrire une page du livre de notre redoutable adversaire. » À sa mort en 1760, Buffon lui rendit un vibrant hommage : « Mirabaud joignit toujours le sentiment à l'esprit, et nous aimons à la lire comme nous aimions à l'entendre ; mais s'il avait si peu d'attachement pour ses productions, il craignait si fort le bruit et l'éclat, qu'il a sacrifié celles qui pouvaient contribuer le plus à sa gloire. » (Source Wikipédia).

"On croit communément aujourd'hui que la misère dans laquelle les Juifs font tombés, et que le mépris universel qu'on a pour eux, sont des suites de la malédiction que Jésus-Christ a jetée autrefois sur cette malheureuse nation. Cette opinion fait honneur à la Religion Chrétienne. Il serait à souhaiter qu'elle ne fût point l'effet d'un zèle prévenu et peu éclairé, et qu'elle se trouvât conforme à la vérité historique ; cependant il est certain que les Juifs avant que de s'être attiré cette malédiction, qu'on regarde comme la cause de leur misère, étaient déjà haïs et méprisés partout où ils étaient, et on conviendra même qu'il n'est presque jamais fait mention d'eux dans l'antiquité que par rapport à ce mépris et cette aversion générale qu'on avait pour eux." (extrait du commencement de l'ouvrage Opinions des anciens sur les Juifs).

"Pendant plus d’un siècle les Chrétiens usant de l’espèce de liberté qui accompagne toujours un établissement nouveau et encore informe ; chaque fidèle admettait pour dogme de sa foi l’histoire Évangélique qu’il trouvait reçue dans le lieu où il était habitué. Le plus savant chronologiste qui ait paru de nos jours a fait voir dans un ouvrage exprès que les Évangiles Canoniques aussi bien que les autres demeurèrent ensevelis dans les lieux qui les avoient vu naître jusqu’au temps des conquêtes de Trajan sur les Parthes. C’est alors seulement qu’ils commencèrent à être connus et à devenir publics. A travers cette obscurité qui couvre le berceau de l’Eglise, les fidèles éclairés d'une lumière céleste ont su discerner les vrais Évangiles d’avec les faux, mais ceux que le flambeau de la foi ne guide point dans ces épaisses ténèbres ne démêleront jamais le vrai d’avec le faux ou plutôt n’apercevront dans ces écrits Évangéliques d’autre conformité qu’un merveilleux outré qui révolte leur raison : ils traiteront également de fable et les Évangiles apocryphes et les vrais ouvrages des Apôtres." (extrait des Réflexions impartiales sur l’Évangile).

BEL EXEMPLAIRE DE CES DEUX OUVRAGES PEU COMMUNS.

VENDU

Dessin original signé Le Moult (vers 1975) : Femme coiffée ... Joli dessin de cet artiste belge singulier.


LE MOULT, Christian (1941 - )

[Femme coiffée] (titre non contractuel)

Sans date, sans lieu [vers 1975 ?]

Dessin original sur papier teinté. Stylo noir, craie blanche

Dimensions de la feuille : 42 x 32 cm environ

Dimensions du dessin (vue) : 39 x 29 cm environ

Cadre moderne d'attente. Voir photo.

Très bon état. Signé en bas Le Moult

Très belle composition de femme ornée d'une coiffe comme Le Moult sait les imaginer.

Peintre de l'Ecole Belge, Christian Le Moult, né en 1941, a été formé à l'Académie de Liège (1965) où il obtint le prix Watteau. Kristian Le Moult ne traite que d'un seul sujet : la femme. On peut même dire : une seule et même femme, écrit Michel Hubin, puisque son monde pictural est totalement occupé par une Vénus que Thomas Owen a décrite comme «pâle, immobile, inodore». L'écrivain a relevé encore le caractère théâtral du cadre dans lequel cette femme est présentée et l'insistance des effets de séduction que le peintre lui prête. Le Moult, qui utilise une technique soigneuse jusqu'à la minutie, éveille sans doute un trouble chez certains en répétant son personnage fétiche, verrouillé (regard absent - fixe ou clos - lèvres charnues mais fermées) de femme offerte, bi-sexuelle, surchargée de bijoux étranges et d'attributs martiaux. Interrogé sur l'origine de cet univers, le peintre consent : J'exprime sans doute un refus du réel quelque part. Son refuge, il le trouve dans cette peinture qui serait hyperréaliste si le modèle ne relevait du fantastique littéraire, dans un fantasme récurrent qui veut accréditer l'existence d'une grande prêtresse prostituée dans une secte imaginaire... 

SUPERBE DESSIN ORIGINAL DE GRANDE DIMENSIONS.

Prix : 600 euros

mardi 28 juin 2016

Bibliophilie Pédagogie : La belle éducation par Bordelon (1694). Seconde édition. Reliure du XIXe siècle. Bel exemplaire de ce livre intéressant rempli de maximes et préceptes à l'usage des parents et des enfants.


BORDELON, Laurent

LA BELLE EDUCATION par Monsieur Laurent Bordelon. Seconde édition. Revue et corrigée, et augmentée par l'auteur d'un très-grand nombre d'avis, et d'instructions pour l'un et l'autre sexe sur plusieurs différents états de la vie.

Lyon, Veuve Jean Baptiste Guillimin, Théodore Labbé, 1694

1 volume in-12 (15,2 x 8,6 cm) de 1 portrait de l'auteur en frontispice, (16)-465-(13) pages.

Reliure pleine basane marron mouchetée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches marbrées (reliure postérieure des premières années du XIXe siècle, vers 1810). Très bon état, quelques légers frottements. Intérieur frais. Ecriture du XVIIe siècle au verso du portrait et du titre. Exemplaire un peu court de marges.



SECONDE ÉDITION EN PARTIE ORIGINALE.

L'ouvrage se divise en 3 parties : La première partie est un Avis aux parents (23 avis), la seconde est un Avis à ceux qui ont soin de l'éducation de la jeunesse (59 conseils). Enfin, la troisième et dernière partie, la plus étendue, contient l'Avis aux enfants composé de 265 maximes ou sentences appuyés sur les auteurs anciens et modernes.

La première édition de cet intéressant ouvrage a paru en 1693. Bordelon est plus célèbre pour ses nombreux ouvrages curieux voire bizarres, ses utopies et ses luttes contre les superstitions et les fausses croyances. Cet ouvrage pédagogique s'adresse directement aux enfants, chose rare pour une époque où les enfants n'étaient pas ou peu considérés en tant que personne ayant la capacité de penser et réfléchir. Ses nombreux avis, conseils et préceptes, sont tirés pour la plupart des auteurs anciens (Cicéron, Sénèque, etc.) mais aussi et surtout des auteurs modernes tels La Fontaine, La Bruyère, Corneille, etc. La religion, que l'on pourrait croire très présente puisque Bordelon était homme d'église, n'est finalement qu'assez peu présente et ce sont avant tous les préceptes profanes qui sont mis en avant.

BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 250 euros



lundi 27 juin 2016

Les Caprices d'un Bibliophile d'Octave Uzanne (1878). Edition originale sur papier Whatman (50 exemplaires). Reliure de l'époque japonisante en papier-cuir estampé coloré. Tirage rare et superbe exemplaire en reliure décorée.


Octave UZANNE

CAPRICES D'UN BIBLIOPHILE par Octave Uzanne.

Paris, Edouard Rouveyre, 1878

1 volume in-8 (25 x 16 cm), 146-(4)-(8) pages. Frontispice gravé à l'eau-forte par Ad. Lalauze.

Reliure de l'époque bradel plein papier-cuir japonais posé sur toile. Superbe réalisation hélas restée non signée (on pourrait attribuer ce travail à l'atelier de Carayon mais sans certitude. Cette reliure pourrait tout aussi bien sortir de l'atelier de Pierson qui s'est également essayé aux cartonnages de papier-cuir Japonais. Les deux plats de couvertures imprimés en noir sur papier bleus ont été conservés à l'état de neuf (compositions de Marius Perret). Grands marges conservées (ébarbées). Excellent état. Un coin de la reliure (coin inférieur du plat supérieur a été recollé), quelques minimes frottements aux extrémités des coiffes. Les mors parfois légèrement fendillé sans conséquence.


ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 572 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 50 EXEMPLAIRES SUR PAPIER WHATMAN EXTRA-FORT.

Il a été imprimé de ce volume 500 ex. sur Hollande, 50 ex. sur Whatman extra-fort, 10 ex. sur Chine, 10 ex. sur papier de couleur et 2 ex. sur parchemin choisi.



Ce volume est le premier ouvrage littéraire d'Octave Uzanne, achevé d'imprimer à Dole (Jura) le 10 février 1878. Curieusement la préface est datée du 15 février 1878. Il contient, outre une préface au lecteur : Une vente de livres à l'Hôtel Drouot, La Gent Bouquinière, Les Galanteries du Sieur Scarron, Le Quémandeur de Livres, Le Vieux Bouquin, Le Libraire du Palais, Un ex-libris mal placé, Les Quais en août, Les Catalogueurs, Simple Coup-d'oeil sur le roman moderne, Le Bibliophile au Champs, Les Projets d'Honoré de Balzac,Variations sur la Reliure de fantaisie, Restif de la Bretonne et ses Bibliographes, Le Cabinet d'un Eroto-Bibliomane, Rondeau.

Octave Uzanne avait fait paraître précédemment quelques volumes d'études littéraires : Les Poésies de Benserade, La Guirlande de Julie, Les Poésies de Sarasin, Du Mariage par un philosophe du XVIIIe siècle, chaque fois avec d'érudites et piquantes présentations. Quelques textes des Caprices avaient déjà parus dans la revue Le Conseiller du Bibliophile entre 1876 et 1877.

La reliure qui recouvre le présent exemplaire est une jolie réussite. Il semble que pour ce cas précis, il s'agisse d'un papier-cuir japonais contrecollé sur une toile (on la distingue aux mors et aux extrémités des coiffes). Le tout semble avoir été enduit à l'époque d'un vernis brillant. On sait qu'Octave Uzanne était friand de ce type de reliures et qu'il en a fait plus d'une fois la réclame dans ses écrits (articles et livres). Ce volume ne comporte cepandant aucune marque d'appartenance.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE DE CE RARE TIRAGE SUR PAPIER WHATMAN DANS UNE SUPERBE RELIURE JAPONISANTE DE L'ÉPOQUE.

VENDU

Bibliophilie Curiosa : Les Chansons secrètes de Bilitis par Pierre Louÿs (1938). 1 des 24 exemplaires sur Japon à la forme avec suite. Rare.


LOUYS, Pierre - BÉCAT, Paul-Emile, illustrateur

LES CHANSONS SECRÈTES DE BILITIS. Avant-propos de G.-C. Serrière. Gravures originales de Paul-Emile Bécat.

Cher Marcel Lubineau, Paris, 1938

1 volume in-4 (29 x 23 cm) en feuilles sous couverture rempliée imprimée en rouge et noir (premier plat), 111-(1) pages, 1 frontispice pleine page et 23 eaux-fortes en couleurs à 3/4 de page. On joint 1 volume de même format contenant 22 sur 23 eaux-fortes avec remarques, 1 fac-similé d'autographe et 1 gravure signée et titrée par l'artiste (tirée sur papier vélin d'Arches à la forme). Très bel état des 2 volumes. Emboîtage éditeur avec dos de parchemin doré en bel état, plats frottés, quelques usures.

TIRAGE A 450 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 24 EXEMPLAIRES SUR JAPON IMPÉRIAL A LA FORME.

Attention ! Il manque à notre exemplaire le cuivre original, le dessin original, une figure de la suite avec remarque et la planche supplémentaire. Il a été ajouté un tirage signé par l'artiste qui n'est pas annoncé.



Ce volume contient des Poésies érotiques apocryphes de Bilitis prétendument traduites du grec. Pierre Louÿs donna une édition des Chansons de Bilitis en 1894. Cette supercherie littéraire eut un complément fort libre de chansons qui n'avaient alors pas été publiées : ce sont ces Chansons secrètes publiées pour la premières fois après le décès de Pierre Louÿs en 1933.



« Ah! que je t’aime Mnasidika, plus que le souvenir de ma vie. Je t’aime parce que tu as une vulve brûlante, et une bouche infatigable pour le baiser que je veux. Ouvre tes genoux: Je te couvre. Donne-moi tes lèvres et ta langue. Crispe tes dix doigts sur mes fesses. Foule tes seins contre mes seins. M’y voici; Nos vulves s’appliquent et se froissent et se heurtent. Étreins-moi comme je t’éteins! Elles clapotent, entends-tu? Mnasidika, nos jouissances se mêlent! Je suis ton amant! Je te possède ! Ah ! Si j’étais fille de Kypris, sans doute elle me donnerait la virilité, et nos tentatives acharnées ne seraient pas jeux de petits enfants. » (extrait)



SUPERBE OUVRAGE ILLUSTRÉ PAR P.-E. BÉCAT.

RARE TIRAGE SUR JAPON.

Prix : 650 euros



dimanche 26 juin 2016

La reliure de luxe (1888) par Léopold Derome. Edition originale de ce très bel ouvrage reproduisant 65 spécimens de reliures artistiques des années 1880. Rare tirage de luxe à 60 exemplaires sur papier du Japon.


Derome, Léopold

LA RELIURE DE LUXE, LE LIVRE ET L'AMATEUR, PAR L. DEROME, illustrations inédites, reproduites d'après les types originaux par P. Aron frères et dessins de G. Fraipont, C. Kurner, M. Perret. Frontispice reliure peinte par J. Adeline.

Paris, Edouard Rouveyre, 1888

1 volume grand in-8 broché (27,7 x 18,3 cm) de 246-(1) pages et 65 planches hors-texte en photogravures (reproductions de reliures artistiques des collections Octave Uzanne, Edouard Rouveyre, Philippe Burty, etc., et divers autres collectionneurs bibliophiles - les noms des possesseurs ne sont pas cités). Exemplaire entièrement débroché, à relier. Les serpentes légendées sont présentes avec quelques défauts mineurs. Bien complet du fascicule de VI-(4) pages (liste des reproductions de reliures et réclame pour des ouvrages publiés par l'auteur), qui était livré à part. La couverture illustrée par Adolphe Giraldon est imprimée en noir sur papier teinté (les 2 plats pourront être conservés pour une nouvelle reliure, le dos manque).

ÉDITION ORIGINALE.


TIRAGE TOTAL A 960 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 60 EXEMPLAIRES DE LUXE SUR PAPIER JAPON DE LA MANUFACTURE IMPÉRIALE DE TOKYO.

65 PLANCHES HORS-TEXTE DE RELIURES D'ART.



Il a été tiré de cette édition qui ne sera jamais réimprimée 900 exemplaires sur vélin teinté (le papier de la plupart de ces exemplaires sur vélin a très mal vieilli, papier bruni et roussi) et 60 exemplaires de luxe sur papier du japon (non annoncés sur les exemplaires ordinaires).


Cet ouvrage est l'un des meilleurs et des plus illustrés sur la reliure de luxe des années 1880 avec La Reliure moderne d'Octave Uzanne paru l'année précédente. Il est d'ailleurs amusant de constater que la composition de Giraldon pour la couverture de La Reliure moderne d'Octave Uzanne a été réutilisé pour cet ouvrage, sans même supprimer le monogramme d'Octave Uzanne OU qu'on peut voir dans les angles. Le tirage de ce second ouvrage fait sur le modèle du premier est cependant moindre (960 exemplaires au lieu de 1600), signe probable que le premier ouvrage n'avait pas trouvé un public suffisant.



EXEMPLAIRE A RELIER DU RARE TIRAGE DE LUXE SUR JAPON.

Prix : 550 euros

samedi 25 juin 2016

La reliure moderne artistique et de fantaisie (1887) par Octave Uzanne. Edition originale de ce très bel ouvrage reproduisant 72 spécimens de reliures artistiques des années 1880. Rare tirage de luxe à 100 exemplaires sur papier du Japon.


Octave UZANNE

LA RELIURE MODERNE ARTISTIQUE ET DE FANTAISIE PAR OCTAVE UZANNE illustrations reproduites d'après les originaux par P. Albert-Dujardin et Dessins allégoriques de J. Adeline, G. Fraipont, A. Giraldon. Frontispice de Albert Lynch, gravé par Manesse.

Paris, Edouard Rouveyre, 1887

1 volume grand in-8 broché (27,7 x 18,3 cm) de 263-VIII pages et 72 planches hors-texte en photogravures (reproductions de reliures artistiques de la collection Octave Uzanne, Edouard Rouveyre, Philippe Burty, etc., et divers autres collectionneurs bibliophiles). Exemplaire partiellement débroché, à relier. Il manque 14 serpente légendées. Sans le fascicule de VIII pages (liste des reproductions de reliures), qui était livré à part. Exceptionnellement la belle couverture illustrée par Adolphe Giraldon est imprimée en or sur papier-chagrin noir (les exemplaires rencontrés ont habituellement la couverture imprimée sur papier-chagrin de couleur lie de vin). Elle est ici en bon état et pourra être conservée lors de la reliure.

ÉDITION ORIGINALE.


TIRAGE TOTAL A 1.600 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 100 EXEMPLAIRES DE LUXE SUR PAPIER JAPON DE LA MANUFACTURE IMPÉRIALE DE TOKYO.

EXEMPLAIRE CO-SIGNÉ PAR L’ÉDITEUR, ÉDOUARD ROUVEYRE ET L'AUTEUR, OCTAVE UZANNE.

DOUBLE ÉTAT DU FRONTISPICE.

72 PLANCHES HORS-TEXTE DE RELIURES D'ART.



Il a été tiré de cette édition qui ne sera jamais réimprimée 1.500 exemplaires sur vélin teinté  (le papier de la plupart de ces exemplaires sur vélin a très mal vieilli, papier bruni et roussi) et 100 exemplaires de luxe sur papier du japon (non annoncés sur les exemplaires ordinaires).


Cet ouvrage est l'un des meilleurs et des plus illustrés sur la reliure moderne artistique des années 1880. Uzanne s'est servi des spécimens de sa propre bibliothèque mais également de ceux de divers collectionneurs bibliophiles comme : E. Terquem, Ed. Rouveyre, Paul Meurice, Chambolle-Duru, Amand, Marius-Michel, Gruel, etc. Sont ainsi reproduits 72 très beaux spécimens de reliures emblématiques des courants artistiques de l'époque tel le japonisme, les reliures décorées, peintes, etc.




EXEMPLAIRE A RELIER DU RARE TIRAGE DE LUXE SUR JAPON.

Prix : 550 euros




vendredi 24 juin 2016

Bibliophilie Athéisme : Recherches sur l'origine du despotisme oriental par Boulanger et d'Holbach (1766) relié avec la Dissertation sur Elie et Enoch par les mêmes (1764). Superbe exemplaire relié en veau à l'époque.


BOULANGER (Nicolas Antoine), HOLBACH, Baron d' (éditeur)

RECHERCHES SUR L'ORIGINE DU DESPOTISME ORIENTAL. Ouvrage posthume de Mr. B.I.D.P.E.C.

S.n.n.l., 1766

(4)-332 pages.

Relié à la suite :

BOULANGER (Nicolas Antoine), HOLBACH, Baron d' (éditeur)

DISSERTATION SUR ELIE ET ENOCH. Par l'auteur (Mr. Boulanger) des Recherches sir l'origine du despotisme oriental et servant de suite à cet ouvrage.

DIX HUITIÈME SIÈCLE, s.l.n.d. (1764)

XVI-284 pages. 1 tableau dépliant.

2 ouvrages reliés en 1 volume in-12 (16,5 x 10,3 cm).

Reliure de l'époque plein veau glacé, dos lisse richement orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges. Bel exemplaire très frais, à l'état proche du neuf. A noter seulement trois petites marques d'enfoncement au second plat absolument sans conséquence (dûes très certainement à une ficelle qui servait anciennement à maintenir ce volume dans un lot de livres).



La première édition des Recherches sur l'origine du despotisme oriental date de 1761. Le Baron d'Holbach aura sans doute remanié l'ouvrage posthume laissé par Boulanger. Initialement conçu pour servir de commentaire à l'Esprit des Loix de Montesquieu, Boulanger étudie les anciennes théocraties et le despotisme inévitablement lié à ce type de gouvernement. Le contenu de cet ouvrage se retrouve dans la grande Encyclopédie Diderot et d'Alembert à l'article Economie politique (sous forme abrégée).



Edition parue vraisemblablement l'année de l'originale pour la Dissertation sur Elie et Enoch. Ce second ouvrage contient  la Dissertation sur Elie et Enoch, Esope fabuliste et un Traité mathématique sur le bonheur précédé d'une Lettre préliminaire du traducteur français. Ce dernier ouvrage serait d'Irenée Krantzovius, ouvrage traduit de l'allemand en anglais avec des remarques par A. B. et traduit de l'anglais en français. En réalité ce texte sur le bonheur réduit en axiomes serait de Benjamin Stillingfleet avec pour traducteur, Etienne de Silhouette (Catalogue Bnf). L'auteur des deux premiers textes est vraisemblablement Boulanger. Le Baron d'Holbach ayant édité le texte. La première édition est donnée en XIV pages préliminaires et 216 pages (avec une vignette à l'eau-forte sur la page de titre). Ce volume fait partie des traités propagés par le Baron d'Holbach et les matérialistes. Chaque page tend à démonter la chronologie biblique et à ridiculiser les dogmes de la religion chrétienne reléguée au rang de fable pour enfants. Le Traité mathématique sur le Bonheur essaye de rationaliser la notion de bonheur. "Les malheureux humains ont donc été trompés par ceux dont ils devoient être éclairés. Plaignons-les donc dans leurs égaremens ; et loin de les insulter pour un crime involontaire, que cette confiance même qu'ils ont eue aux artisans du mensonge, en les prenant pour les artisans de la vérité, nous fasse lire dans l'avenir ce que les hommes seront un jour, lorsque le progrès général des connoissances leur aura appris et démontré que tout ce qu'on leur a donné pour une succession continue et non interrompue de faits et de vérités, n'est qu'une succession continue et non interrompue de fables et d'impostures sacerdotales." (extrait de la Dissertation sur Elie et Enoch, conclusion).



SUPERBE EXEMPLAIRE.

Prix : 950 euros



Bibliophilie : Le Chandelier d'Alfred de Musset illustré par Sylvain Sauvage (1930). Superbe édition tirée à 160 exemplaires seulement. Superbe exemplaire en reliure de maroquin décoré signée Yseux succ. de Simier. Rare et recherché.


MUSSET, Alfred de - SAUVAGE, Sylvain, illustrateur

LE CHANDELIER, comédie en 3 actes. Avec des figures de Sylvain Sauvage gravées sur cuivre avec la collaboration de Haasen.

Paris, [chez l'artiste], 1930

1 volume grand in-8 (25,8 x 17 cm) de 108-(1) pages. 21 compositions en couleurs de Sylvain Sauvage dont 1 frontispice, 1 vignette de titre, 11 en-tête et 7 petites vignettes en cul-de-lampe et 1 vignette pour la justification du tirage.

Reliure de l'époque plein maroquin à grain long lie de vin, plats décorés de bandeaux en haut et en bas composés de fers dorés, filets dorés, fleurons et filets en noir, dos richement décoré en noir et or, tête dorée, autres tranches non rognées, encadrement intérieur de maroquin souligné de filets dorés et fleurons noir et or dans les angles. Cette reliure signée YSEUX SUCC. DE SIMIER est une sorte de pastiche de l'époque romantique. La couverture du brochage est entièrement gravée (premier plat). Etui bordé. Exemplaire en excellent état, proche du neuf.

TIRAGE UNIQUE A 160 EXEMPLAIRES TOUS SUR JAPON IMPÉRIAL.



Ce très beau livre a été achevé d'imprimer par J. et J. Vaucher pour le texte et par P. Haasen pour les gravures, le 15 décembre 1929.

L'illustration est délicate, Sylvain Sauvage (1888-1948) interprète dans le style Art Déco qui lui est propre cette pièce d'Alfred de Musset parue pour la première fois en 1835 (Revue des deux Mondes).

"Un livre de Sylvain Sauvage", écrit Marcel Valotaire, "plaît au premier coup d’œil; il séduit et il attache quand on y revient; on y découvre chaque fois que ses dessins racontent une histoire. Et c’est, je crois, le privilège du véritable imagier de donner un plaisir d’imagination."

Cette histoire est celle du chandelier qui brûle les doigts de celui qui l’avait allumé : le notaire maître André est courroucé contre sa femme, la jeune et jolie Jacqueline, car un de ses clercs a vu un homme escalader son balcon. Il veut en acquérir la preuve pour mener la coupable en justice. Il entre dans la chambre de sa femme qui dort ou fait semblant de dormir. Menacée du contenu du pot à eau de sa toilette, elle se réveille et se justifie des soupçons de son mari avec tant d’adresse et d’énergie que maître André tombe à ses genoux, lui demande pardon de ses injures et s’en retourne sans vouloir faire de perquisition dans la chambre à coucher. À peine est-il parti que Jacqueline ouvre vite une armoire pour en faire sortir, tout brisé, le capitaine Clavaroche, son amant. Il suggère à Jacqueline, pour détourner les soupçons de son mari, de choisir « un chandelier », c’est-à-dire un jeune homme dont elle se fera aimer en feignant pour lui un certain attachement et qui sera par suite surveillé, tandis que le véritable amant jouira en paix de sa conquête. Forcée d’avoir recours à cet expédient, Jacqueline choisit, pour tenir le rôle de l’obligeant porte-flambeau, Fortunio, troisième clerc de son mari. Or il se trouve justement que Fortunio aime Jacqueline à la folie. Il remplit donc parfaitement son rôle pendant que Clavaroche rit de sa naïveté, le fait chanter à table et le désigne perfidement à la jalousie de maître André. Lorsqu’une conversation surprise par hasard lui révèle que Clavaroche est le véritable amant de Jacqueline, le désespoir envahit le jeune Fortunio. Comme le notaire, dont les pièges à loup mis pour surprendre l’amant de sa femme n’ont attrapé qu’un chat, a de nouveaux soupçons qu’il prétend éclaircir en se cachant la nuit dans l’étude, Clavaroche, qui s’est aperçu que Jacqueline commençait à s’éprendre du jeune clerc, conseille à celle-ci d’écrire à Fortunio pour lui donner, à minuit, rendez-vous au jardin. Jacqueline envoie le billet, mais émue par les déclarations de Fortunio, elle craint que maître André n’agisse trop brutalement avec lui et le fait venir dans sa chambre. Fortunio se présente et accable la jeune femme de reproches : il savait tout et, malgré cela, serait allé à minuit se dévouer et mourir pour elle. Touchée, Jacqueline ne peut résister à ce témoignage d’amour et se jette dans les bras du clerc qui, triomphant, dit à son tour à l’officier penaud : « Chantez donc, M. Clavaroche ! ».



SUPERBE EXEMPLAIRE PARFAITEMENT ETABLI PAR YSEUX.

Prix : 1.100 euros


jeudi 23 juin 2016

Bibliophilie Prostitution : La Maison Tellier de Guy de Maupassant illustrée par Marcel Cosson (1953). Un des 10 rarissimes exemplaires de tête sur Japon ancien avec suites et croquis original. Superbe exemplaire de ce rarissime tirage.



Guy DE MAUPASSANT - Marcel COSSON

LA MAISON TELLIER. Illustrations de Marcel Cosson gravées par Mazelin.

Paris, Georges Briffaut, éditeur, MCMLIII [1953]

1 volume grand in-4 (33,5 x 26 cm), en feuilles, sous couverture rempliée et emboîtage de l'éditeur. 81-(3) pages. Excellent état, proche du neuf. Un petit accroc au dos de l'emboîtage. La page de titre est ornée d'un petit bois imprimé en couleur.

TIRAGE UNIQUE A 300 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

CELUI-CI, UN DES 10 EXEMPLAIRES SUR JAPON ANCIEN (papier de tête) CONTENANT UNE SUITE EN NOIR DES 11 PLANCHES GRAVÉES (1er état), UNE SUITE EN DEUX TONS (2e état), LES 11 EAUX-FORTES EN COULEURS (état définitif) ET UN CROQUIS ORIGINAL DE L'ARTISTE (nu allongé - stylo bille bleu et aquarelle, pleine page).


Avec la Maison Tellier édité en 1934 par Ambroise Vollard et illustrée par Edgard Degas, il s'agit là l'une des plus belles éditions modernes et interprétation artistique de ce célèbre texte de Maupassant. Les filles publiques de la Maison Tellier de Marcel Cosson (1878-1956) sont délicieusement croquées d'un impressionnisme coloré. Cet artiste est reconnu pour ses danseuses en tous genres, tout comme l'était Degas.

La Maison Tellier, nouvelle qui ouvre ce recueil de Guy de Maupassant, a été publiée pour la première fois en 1881. Se situant dans la continuité des récits sur la prostitution, elle constitue la nouvelle réaliste de Maupassant la plus célèbre après Boule de suif. D’ailleurs, Guy écrivait à sa mère : « C’est au moins égal à Boule de suif, sinon supérieur ». La maison close de province, tenue par Madame Tellier, est « fermée pour cause de première communion » au grand dam des habitués. Après un périple en chemin de fer, les pensionnaires assistent à la cérémonie et sont émues par Constance, nièce de Madame Tellier, et l’ambiance de l’église ... Guy de Maupassant, en grand habitué des maisons closes, dépeint avec force ce milieu particulier des filles de joie. En juillet 1877, Maupassant écrit à Tourguenieff qu'en trois jours, il a "tiré 19 coups". Pierre Boborikine (autre écrivain russe) rapporte de son côté que l'auteur de La Maison Tellier a démontré sa virilité devant lui six fois de suite, suivies de trois autres avec une seconde partenaire dans une chambre voisine. La Maison Tellier est justement dédié à Yvan Tourguenieff.

On trouve à la fin du volume, Le Port.


SUPERBE EXEMPLAIRE DE TÊTE.

TRÈS RARE TIRAGE A 10 EXEMPLAIRES SUR JAPON ANCIEN.

VENDU


Bibliophilie Reliure : La Maison Tellier de Guy de Maupassant illustrée par Carlègle (1936). Superbe reliure plein maroquin décorée. Parfait exemplaire.


MAUPASSANT, Guy de

LA MAISON TELLIER. Illustrations en couleurs par Carlègle.

Paris, Librairie A. Ferroud, F. Ferroud succ., 1936

1 volume in-8 (19,5 x 13 cm) de 91-(3) pages. 23 illustrations coloriées au pochoir hors-texte et dans le texte.

Reliure de l'époque plein maroquin caramel beurre salé, dos lisse richement orné ainsi que les plats d'un encadrement de filets fins reliés dans les angles par des fleurons de style rocaille, encadrement intérieur de maroquin décoré de filets dorés et fleurons rocailles, tête dorée, autres tranches non rognées. Reliure non signée mais d'excellente facture sortant sans aucun doute d'un atelier renommé et d'une main sûre et habile tant en ce qui concerne la dorure qui est nette et de qualité, qu'en ce qui concerne la qualité du maroquin utilisé. Exemplaire à l'état de neuf. Etui bordé (papier des plats de l'étui frotté).

TIRAGE A 1.600 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 1.200 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN TEINTÉ D'ARCHES.



Ce volume a été achevé d'imprimer à Paris sur les presses de Fequet et Baudier, le 30 mars 1936. Le coloris est de Berthelot et Charpentier.



La Maison Tellier a été publiée pour la première fois en 1881. Se situant dans la continuité des récits sur la prostitution, elle constitue la nouvelle réaliste de Maupassant la plus célèbre après Boule de suif. D’ailleurs, Guy écrivait à sa mère : « C’est au moins égal à Boule de suif, sinon supérieur ». La maison close de province, tenue par Madame Tellier, est « fermée pour cause de première communion » au grand dam des habitués. Après un périple en chemin de fer, les pensionnaires assistent à la cérémonie et sont émues par Constance, nièce de Madame Tellier, et l’ambiance de l’église ... Guy de Maupassant, en grand habitué des maisons closes, dépeint avec force ce milieu particulier des filles de joie. En juillet 1877, Maupassant écrit à Tourguenieff qu'en trois jours, il a "tiré 19 coups". Pierre Boborikine (autre écrivain russe) rapporte de son côté que l'auteur de La Maison Tellier a démontré sa virilité devant lui six fois de suite, suivies de trois autres avec une seconde partenaire dans une chambre voisine. La Maison Tellier est justement originellement dédiée à Yvan Tourguenieff.



SUPERBE EXEMPLAIRE DANS UNE FINE RELIURE DE MAROQUIN DÉCORÉ.

VENDU

mercredi 22 juin 2016

Bibliophilie Bibliographie : Les Zigzags d'un Curieux par Octave Uzanne (1888). Rare tirage à 30 exemplaires sur papier du Japon avec double état du frontispice de Félix Buhot. Honoré de Balzac, les Femmes Bibliophiles, les Bibiophiles collectionneurs, les Publications posthumes, l'Hôtel Drouot et la curiosité, etc. Rare tirage. Bel exemplaire relié demi-maroquin à coins par Zaehnsdorf.


Octave UZANNE

LES ZIGZAGS D'UN CURIEUX. Causeries sur l'art des livres et la littérature d'art par Octave Uzanne.

Paris, Maison Quantin, 1888

1 volume in-12 (19,3 x 13,2 cm) de 307 pages. Frontispice par Félix Buhot (ici en 2 états). L'état du frontispice avec marges symphoniques est soigneusement replié (marge de gauche). Couverture noire imprimée or conservée.

Reliure de l'époque demi-maroquin à coins, filets dorés, dos à nerfs richement orné, tête dorée, relié sur brochure. (reliure signée Zaenhsdorf). Excellent état.



ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 1.065 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 30 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DU JAPON.


Le détail du tirage est le suivant : 1.000 ex. sur vergé de Hollande, 30 ex. sur Whatman, 30 ex. sur Japon et 5 ex. sur Chine (non mis dans le commerce).

Notre exemplaire comporte un état supplémentaire du frontispice de Félix Buhot avec marges symphoniques (gravure à la pointe sèche tout autour de la gravure, comme cet artiste avait pour habitude artistique de le faire).

Outre un zigzag initial par Octave Uzanne (présentation du volume), on trouve dans ce volume les chapitres suivants : Les écrivains, le public et la réclame - Les Femmes bibliophiles -  Causons gravure (Henri Beraldi) - Les publications posthumes - A travers l'oeuvre de Honoré de Balzac - Les Bibliophiles collectionneurs - L'Hôtel Drouot et la curiosité - Les amateurs d'autographes.

Ce volume achevé d'imprimer le 15 mai 1888 regroupe des textes publiés pour la première fois dans la revue d'Octave Uzanne Le Livre entre le 1886 et 1888. Il est le pendant de Nos amis les livres paru deux ans plus tôt en 1886 et construit sur le même modèle (articles d'Octave Uzanne extraits du Livre entre 1884 et 1886).

RARE TIRAGE SUR BEAU PAPIER DU JAPON, ICI FINEMENT RELIE PAR ZAENHSDORF.

VENDU


Princesse d'Italie par Jean Lorrain (1898), avec des illustrations de Manuel Orazi. Exemplaire sur papier du Japon (50 ex.). Reliure plein cuir éditeur. Bel exemplaire.


Jean LORRAIN - Manuel ORAZI illustrateur

PRINCESSE D'ITALIE. Illustrations de M. Orazi.

Paris, Librairie Borel, 1898

1 volume in-16 allongé (14,5 x 8 cm), 78-(3) pages.


Reliure éditeur pleine basane caramel, dos à nerfs, premier plat orné du timbre doré de la Collection Lotus Alba et d'un fer doré représentant une fleur de lotus émergeant des eaux. Dentelle dorée en encadrement intérieur des plats, tête dorée. Excellent état.



ÉDITION ORIGINALE EN LIBRAIRIE.

1 DES 50 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DU JAPON.

Il a été tiré en outre 50 exemplaires sur papier de Chine. Ces 100 exemplaires constituent l'unique tirage de luxe de cette édition.

Très belle et délicate illustration par Manuel Orazi dans le style Art Nouveau et Symboliste.


"(...) Simonetta Foscari, épousée pour sa royale beauté et sa jeunesse triomphante, apportait dans cette rude petite cour des Vintimille les élégances raffinées, les mœurs libres et les somptuosités d'une princesse florentine. (...) Car le scandale était aujourd'hui public ; pis, il avait franchi la frontière et faisait la joie de l'Italie et de la Provence ; la duchesse s'était débauchée. C'était une courtisane qui régnait maintenant à la cour des Salviati et, parmi tant de favoris, menu fretin qu'expédiait à la semaine le lacet des étrangleurs ou le poison des alchimistes attachés au palais : trois cependant, trois Italiens alliés dans le même intérêt de leur salut et de leur crédit, se partageaient les faveurs ducales : Beppo Nardi, un poète élevé à la cour d'Avignon et sonneur de sonnets de l'école de Pétrarque, profil de camée, au glabre et fier visage, toujours encapuchonné de velours écarlate et dont la muse, aussi souple que son échine, célébrait chaque matin la glorieuse jeunesse de Simonetta ; Angelino Barda, musicien gratteur de mandoline, compositeur, à ses heures, de langoureuses canzones qu'il accompagnait d'une voix assez fraîche, d'une origine napolitaine celui-là, brun comme une olive avec de larges yeux d'un blanc bleuâtre, d'ardentes lèvres sèches, des lèvres de fièvre et de volupté du noir violacé des mûres (Angelino de Naples, qu'on disait singulièrement inventif en mode de plaisir), et Petruccio d'Arlani, enfin, peintre-sculpteur à la manière de Michel-Ange, une brute superbe, musclé comme un athlète, aux noirs cheveux drus et crespelés sur une petite tête d'Antinoüs, Petruccio d'Arlani, un ancien pâtre, disait-on, descendu des Abruzzes dans les ateliers de Rome où il avait posé comme modèle, légendaire étalon des grandes dames romaines qu'une ironie du Vatican, une idée d'après boire du Pape à la fin d'un souper, aurait adressé à la cour de Vintimille entre deux légats et un nonce comme spécimen de l'art romain..., le ragazzo étant très beau, la duchesse l'avait gardé. (...) Et, sûrs de l'impunité, les favoris s'enhardirent, et l'audace de la duchesse osa même plus encore. Grisée par la flatterie et les encens, la Levrette eut la folie du scandale, elle voulut affirmer, afficher dans un éclat son adultère et ses amants... femme folle de son corps est bientôt dénuée de sens ; et, perdant toute prudence, conseillée par on ne sait quel mauvais génie, cette aventureuse Simonetta ne résolut rien moins que de paraître elle-même sur la scène, devant toute la cour, à côté de ses trois amants, qui tiendraient un rôle auprès d'elle, et cela dans une comédie ou ballet de circonstance, où s'affirmerait le talent de chacun d'eux. (...) La mort de Saint-Jean-Baptiste, la décollation du Précurseur, la légende de luxure et de sang dont toute la Renaissance italienne a eu comme l'obsession, Hérode et Salomé, les terribles figures qui ont tenté tous les peintres de cette époque et dont les musées nous ont légué la dangereuse hantise, voilà le sujet vers lequel avait été tout droit cette voluptueuse et cette tenace. Parmi tant d'héroïnes de la Bible et de la Fable, Salomé l'avait requise entre toutes ; et elle, née princesse à Florence, et de par son mariage duchesse et marquise, c'est l'impudique princesse de Judée qu'il lui plaisait d'évoquer, d'incarner, de vivre un soir devant tout un peuple. Cette petite fille qui danse, toute nue, devant un vieux roi libertin, et obtient une tête ennemie par la mystérieuse offrande de son sexe, voilà le personnage qu'elle voulait être. C'était à la réalisation de cette chimère que se plaisait sa perversité ; et qui sait si cette curieuse imagination d'Italienne n'avait pas été séduite par un rapprochement possible entre l'âge avancé de l'Hérode légendaire et la vieillesse anticipée de son mari ! (...)"

Cette courte nouvelle avait été publiée les 13 et 23 août 1897 dans le Journal sous le titre Les trois têtes. C'est l'histoire transposée de Salomé et de St-Jean le Baptiste décapité , accompagnée du soufre des amours libertines d'une princesse italienne. Octave Uzanne dut apprécier ce petit texte. Jean Lorrain eut la délicatesse de le lui dédier (dédicace imprimée en début de volume).

BEL EXEMPLAIRE DU RARE TIRAGE DE LUXE SUR JAPON.

Prix : 600 euros