jeudi 31 mars 2016

Magnifique lettre d'amour autographe de Remy de Gourmont à Georgette Avril (26 avril 1906). "Je devrais me taire, je devrais tenir ma passion enfoncée dans mon coeur. Malheureusement je ne puis. Je me suis juré de ne jamais te mentir. [...] On est bien assez souvent obligé de mentir dans la vie. Si encore il fallait mentir à la femme que l'on aime, ce serait à désespérer de tout." (extrait)


Remy de GOURMONT

LETTRE D'AMOUR AUTOGRAPHE A GEORGETTE AVRIL.

Paris, Dimanche 26 avril 1906.

4 pleines pages in-12.

MAGNIFIQUE LETTRE D'AMOUR AUTOGRAPHE. UNIQUE LETTRE CONNUE ÉVOQUANT CETTE RELATION AMOUREUSE. 

Voici le texte de cette lettre (publié) : http://www.frissonesthetique.com/revue/no3/pdf/62rgaavril.pdf

"Je devrais me taire, je devrais tenir ma passion enfoncée dans mon cœur. Malheureusement je ne puis. Je me suis juré de ne jamais te mentir. [...] On est bien assez souvent obligé de mentir dans la vie. Si encore il fallait mentir à la femme que l'on aime, ce serait à désespérer de tout." (extrait)

VOIR PHOTOS.



Bon état. Quelques fissures aux pliures, sans gravité.

TRÈS BEAU DOCUMENT. SANS DOUTE LE PLUS BEAU DOCUMENT AUTOGRAPHE INTIME DE REMY DE GOURMONT.

Remy de Gourmont, né au manoir de la Motte à Bazoches-au-Houlme, près d'Argentan (Orne), le 4 avril 1858 et mort à Paris le 27 septembre 1915 (à 57 ans), est un écrivain français, à la fois romancier, journaliste et critique d'art, proche des symbolistes. Remy de Gourmont est issu d'une ancienne famille originaire du Cotentin, dont une branche s'est établie à Paris au xvie siècle pour y fonder une maison d'édition qui publia des livres et, surtout, de nombreuses estampes et gravures. Il est le fils du comte Auguste-Marie de Gourmont et de la comtesse, née Mathilde de Montfort. En 1866, la famille s'installe au manoir du Mesnil-Villeman, près de Villedieu (Manche). Remy de Gourmont est interne au lycée de Coutances de 1868 à 1876. C'est un excellent élève, même si on lui trouve trop d'imagination. En 1876, il s'installe à Caen, 46 rue Écuyère, et entreprend des études de droit. Ayant obtenu en 1879 son diplôme de bachelier en droit, il s'installe à Paris, d'abord rue Richer, puis peu après 41 rue d'Hauteville. En novembre 1881, il obtient un emploi d'attaché à la Bibliothèque nationale. Il commence à collaborer à des périodiques catholiques tels que Le Monde ou Le Contemporain. Entre 1882 et 1886, il publie divers ouvrages de vulgarisation historique mais c'est avec un roman, Merlette (1886), dont l'action est située dans le pays de son enfance, entre Villedieu et Avranches, qu'il fait véritablement ses débuts littéraires ; l'ouvrage est accueilli avec indifférence. En cette même année 1886, Remy de Gourmont, qui s'était jusqu'alors surtout intéressé à l'histoire et à la littérature ancienne, découvre les nouvelles recherches esthétiques de son temps à travers la revue La Vogue de Gustave Kahn. Il fait également la connaissance de Berthe de Courrière, modèle et légataire universelle du sculpteur Auguste Clésinger, sur lequel elle commande une étude au jeune auteur qui ne tarde pas à devenir son amant. Elle lui inspire des lettres passionnées, rédigées au long de l'année 1887 et qui seront publiées à titre posthume sous le titre Lettres à Sixtine (1921). Il s'installe chez elle, 71 rue des Saints-Pères, et y vivra jusqu'à sa mort en 1915. Berthe de Courrière restera toujours dévouée à Remy de Gourmont. Elle inspire son roman Sixtine (1890), qui s'accorde parfaitement avec la sensibilité multiple de son temps, et qu'il dédie à Villiers de l'Isle-Adam, dont il a fait la connaissance à la Bibliothèque nationale et qui est devenu son ami. À la même époque, il se lie avec Joris-Karl Huysmans, qui sera le dédicataire du Latin mystique (1892) et s'inspirera de Berthe de Courrière dans son roman Là-bas, et fréquente les mardis de Stéphane Mallarmé, rue de Rome. En 1889, Remy de Gourmont est, avec Alfred Vallette, Louis Dumur, Ernest Raynaud, Jules Renard, Albert Samain, au nombre des fondateurs du nouveau Mercure de France, auquel il collaborera pendant vingt-cinq ans. Cette collaboration marquera profondément la personnalité de la revue, à laquelle le nom de Gourmont reste indissolublement lié. En avril 1891, il y publie un article intitulé « Le joujou patriotisme » dans lequel il soutient que les affinités artistiques et culturelles profondes entre la France et l'Allemagne, qui devraient amener un rapprochement des deux pays, sont contrariées par les passions nationalistes ; le ton dédaigneux de l'article — davantage sans doute que la thèse elle-même — suscite une polémique qui lui vaut d'être révoqué de la Bibliothèque nationale et lui ferme les colonnes de la majeure partie de la grande presse, malgré les efforts de son défenseur Octave Mirbeau, qui parvient tout de même à le faire entrer au Journal. Entre octobre 1894 et la fin de l'année 1896, il dirige, d'abord avec Alfred Jarry, puis seul — à compter de janvier 1896 —, la revue illustrée L'Ymagier. Vers la même époque, Gourmont est atteint par une forme de lupus dont la progression ne peut être enrayée que par des cautérisations extrêmement douloureuses, qui le défigurent et compromettent sa vie mondaine et sentimentale. Psychologiquement atteint, il reste longtemps cloîtré chez lui et lorsqu'il se remet à sortir, ce n'est que pour passer dans les bureaux du Mercure, rue de Condé et, une fois par an, pour quelques semaines de vacances à Coutances. Pour lui, désormais, n'existent plus que le travail et les livres. Il publie, quasi exclusivement au Mercure de France, une œuvre vaste et abondante, composée de romans, de pièces de théâtre, de recueils de poésie et surtout d'essais qui témoignent d'une profonde érudition. En 1905, avec André Gide, il reprend la direction de la revue L'Ermitage. En 1910, il rencontre Natalie Clifford Barney. Elle lui inspire une vive passion qui s'exhale dans les Lettres à l'Amazone, publiées en 1914. Avec elle il accepte de sortir à nouveau et fait même un petit voyage en Normandie. Mais l'ataxie locomotrice qui l'atteint également depuis plusieurs années mine sa santé. La Première Guerre mondiale le plonge dans un profond abattement, ses amis partis pour la plupart pour le Front, Le Mercure est fermé pendant un an. Sa maladie empire, il marche de plus en plus difficilement. Il publie encore quelques articles dans des journaux comme La France et La Dépêche de Toulouse. « Nous avons été ensuite tous les trois (avec Mme de Brimont et Nathalie Clifford Barney) chez Rémy de Gourmont, rue des Saints-Pères, tout en haut d'un petit escalier où l'écrivain habite un modeste appartement uniquement rempli de livres. Je ne l'avais pas revu depuis 1892 ! Vêtu d'une robe qui avait l'air d'une bure, il ressemblait à un vieux capucin qui porte binocle mais un capucin studieux et avec cela boitant un peu et bégayant toujours. Il parle peu, trop peu et on ne se douterait guère qu'il soit l'auteur de tant d'articles et de livres sur tous les sujets […] sur Huysmans : "il était d'une affreuse méchanceté" m'a dit en souriant Gourmont. Comme je lui parlais de son costume (il) reprit : "Toutes les robes de chambre ressemblent à des robes monacales". » — Abbé Arthur Mugnier, Journal, 10 mai 1915 (Mercure de France, 1985, p. 287) Il meurt d'une congestion cérébrale en 1915 et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise dans le tombeau de Clésinger. Berthe de Courrière hérite tous les manuscrits et la bibliothèque de l'écrivain, qu'elle transmet au frère de celui-ci, Jean de Gourmont, lorsqu'elle meurt à son tour moins d'un an plus tard. Celui-ci s'attachera, pendant près de dix ans, à publier de nombreux inédits.

C'est un petit miracle que la lettre que nous présentons soit arrivée intacte jusqu'à nous.

Prix : 1.300 euros



Lettre autographe de Jean Lorrain (15 mai 1903). "J'ai passé 20 ans de ma vie à inventer des artistes. Voyez ce qu'une artiste me fait." (extrait)


Jean LORRAIN

LETTRE AUTOGRAPHE.

2 pages in-12.

Cachet du 15 mai 1903.

"Monsieur [Frédéric Bonnaud] J'ai quitté Paris et n'y rentrerai qu'en juillet pour mon appel, c'est vous dire si j'y serai occupé. Je viens de recevoir un coup rude dont je serai longtemps à me remettre, j'ai droit à un peu de tranquillité. Vous êtes venu trop tard, je le regrette pour vous et pour moi, je n'ai en ce moment le temps de ne m'occuper de personne. J'ai passé 20 ans de ma vie à inventer des artistes. Voyez ce qu'une artiste me fait. Mes regrets, Jean Lorrain."

Émouvante lettre.

Jean Lorrain, pseudonyme de Paul Alexandre Martin Duval, est un écrivain français à très forte tendance parnassienne, né le 9 août 1855 à Fécamp, en Haute-Normandie, et mort le 30 juin 1906 à Paris. Jean Lorrain est l'un des écrivains scandaleux de la Belle Époque, au même titre que Rachilde, Hugues Rebell et Fabrice Delphi. Ses œuvres peuvent être rapprochées de la littérature fin de siècle. Fils d'Amable Duval, armateur, et de sa femme née Pauline Mulat, Paul Duval fait ses études au Lycée du Prince impérial à Vanves (1864-1869) puis comme interne chez les dominicains d'Arcueil au collège Albert-le-Grand (1869). C'est alors qu'il compose ses premiers vers. En 1873, il rencontre Judith Gautier lors de vacances à Fécamp : elle s'intéresse assez peu à lui, mais le subjugue littéralement. En 1875, il est volontaire au 12e hussards, à Saint-Germain-en-Laye et à Rocquencourt. Il commence des études de droit à Paris en 1876, mais les abandonne en 1878 et commence à fréquenter les salles de rédaction et les cafés, ainsi que la bohème qui gravite autour de Rodolphe Salis et du cabaret du Chat noir, où il rencontre les Hydropathes et les Zutistes, Jean Moréas, Maurice Rollinat, Jean Richepin, Émile Goudeau, et d'autres auteurs et artistes de ce milieu. En 1880, il éprouve ses premières crises de spasmophilie cardiaque et s'installe définitivement à Paris, logeant dans des meublés à Montmartre. En 1882, il publie à compte d'auteur, chez l'éditeur Alphonse Lemerre, son premier recueil de poèmes, Le Sang des dieux, et collabore à des revues comme Le Chat noir ou Le Décadent. En 1883, il publie un nouveau recueil de poésies, La Forêt bleue, et fréquente le salon de Charles Buet, où il rencontre Jules Barbey d'Aurevilly, Joris-Karl Huysmans, François Coppée, Léon Bloy, Laurent Tailhade… En 1884, il commence à collaborer au Courrier français dans lequel il publie une série de portraits, dont l'un de Rachilde, qui marque le début de l'amitié entre les deux auteurs. L'année suivante, il publie un nouveau recueil de poèmes, Modernités, et son premier roman, Les Lépillier, qui scandalise sa ville natale de Fécamp. Il rencontre Edmond de Goncourt, avec qui il restera lié jusqu'à la mort de ce dernier en 1896. Lorrain se crée un personnage, avec une volonté affichée de provoquer le scandale. Il affiche avec tapage, sous le surnom d'« Enfilanthrope », son homosexualité et son goût pour les lutteurs de foire, n'hésitant pas à paraître au bal des Quat'z'Arts en maillot rose avec le caleçon en peau de panthère de son ami, le lutteur Marseille. Il se veut esthète et dandy en même temps qu'explorateur tapageux du vice et de la vulgarité, curieux assemblage qui verse souvent dans le pire mauvais goût, et qui lui vaut le mépris hautain de Robert de Montesquiou, dont Lorrain, pour sa part, fait volontiers sa tête de turc pour sa prétention à l'élégance et à la chasteté. « Lorrain », écrit Léon Daudet dans ses Souvenirs, « avait une tête poupine et large à la fois de coiffeur vicieux, les cheveux partagés par une raie parfumée au patchouli, des yeux globuleux, ébahis et avides, de grosses lèvres qui jutaient, giclaient et coulaient pendant son discours. Son torse était bombé comme le bréchet de certains oiseaux charognards. Lui se nourrissait avidement de toutes les calomnies et immondices. » Son père meurt en 1886. Il rencontre Sarah Bernhardt, pour qui il écrira sans succès quelques pièces de théâtre, et publie son deuxième roman, Très Russe, qui manque provoquer un duel avec Guy de Maupassant, son camarade d'enfance, détesté, qui a cru se reconnaître dans le personnage de Beaufrilan. Il publie des articles dans La Vie moderne et amorce une collaboration avec L'Évènement (1887) et L'Écho de Paris en 1888. En 1891, son recueil de nouvelles Sonyeuse lui vaut son premier succès de librairie. En 1892, il fait un voyage en Espagne et en Algérie. Sa mère le rejoint à Auteuil et restera près de lui jusqu'à sa mort. L'année suivante, il rencontre Yvette Guilbert, pour qui il compose quelques chansons, mais qui le tiendra à distance. Le docteur Pozzi l'opère de neuf ulcérations à l'intestin, consécutives à l'absorption d'éther. Il rencontre en 1894 Liane de Pougy, qu'il aidera à se hisser au premier rang de la galanterie. À partir de 1895, il collabore au Journal, où il publie ses « Pall-Mall Semaine », devenant l'un des chroniqueurs les mieux payés de Paris. Ses chroniques au vitriol sont goûtées autant que redoutées. En 1896, il figure sur la liste des membres de la première Académie Goncourt. En 1897, la critique salue son roman Monsieur de Bougrelon comme un chef-d'œuvre. Le 6 février, il se bat en duel avec Marcel Proust, à Meudon, après une critique violente des Plaisirs et les Jours. Il effectue en 1898 son premier voyage à Venise où il retournera en 1901 et 1904. En 1900, Jean Lorrain s'installe sur la côte d'Azur et, en 1901, publie son œuvre maîtresse, Monsieur de Phocas. En 1903, il est mis en cause dans l'affaire des ballets roses puis dans l'affaire Greuling pour ses fréquentations des inculpés. Dans les deux cas, ses écrits sont incriminés, en marge des procès, pour dégradation de la moralité et incitation au crime. En 1904, pour payer la très lourde amende à laquelle il a été condamné à la suite du procès perdu contre la peintre Jeanne Jacquemin, il publie La Maison Philibert qui met en scène deux tenanciers de bordel. Sa santé se dégrade sous l'effet de l'abus des drogues – l'éther en particulier – et de la syphilis. Il voyage et effectue plusieurs cures à Peïra-Cava, Le Boréon, et Châtel-Guyon. Il meurt le 30 juin 1906 d'une péritonite, provoquée par une tentative d'administration d'un lavement, à l'âge de cinquante ans dans la clinique du docteur Samuel Pozzi. Il est inhumé le 4 juillet à Fécamp. (source : Wikipédia).



VOIR PHOTOS.

VENDU

mercredi 30 mars 2016

Bibliophilie : Le Génie de Buffon par Giovanni Ferry de Saint Constant. Edition originale de 1778. Bel exemplaire en reliure d'époque.


[Giovanni FERRY DE SAINT CONSTANT - Georges Louis LECLERC COMTE DE BUFFON]

GÉNIE DE M. DE BUFFON. PAR M. * * *.

Paris, Panckoucke, 1778

1 volume in-12 (17,5 x 10,5 cm) de XXII-360 pages.

Reliure plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches jaspées. Reliure fraîche, légères usures aux coins, petites frottements et petites piqûres de vers sur les mors sans conséquence et peu visibles. Intérieur frais.

ÉDITION ORIGINALE.

Tout Buffon (ou presque) condensé en un seul petit volume ! On y trouve, outre un intéressant Discours préliminaire consacré à l'histoire des sciences naturelles, quelques chapitres choisis extraits de la grande Histoire Naturelle de Buffon : L'Homme après la création ou le développement des sens ; les Principes de l'Homme ; L’âme comparée au corps ; Etat de pure nature ; des Sauvages ; Amour dans l'Homme et les Animaux ; la Mort ; l'Imagination ; la Mémoire ; les Rêves ; les Peuples ; Empire de l'Homme sur les Animaux ; etc.

Ferry de Saint-Constant (Jean-Louis) est né en 1755 à Fano (Italie). Il est mort en 1830. Il vint de bonne heure en France où fut avant 1789 secrétaire de l'ambassadeur français en Hollande. Il devint en 1807 proviseur du collège d'Angers, et fut envoyé à Rome en 1811, pour y organiser l'instruction publique et y fonder un lycée. En 1814, il se retira à Fano. On a de lui : De l'éloquence des orateurs anciens et modernes, Paris, 1789 ; les Rudiments de la traduction, 1808 et 1811.

BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 200 euros



mardi 29 mars 2016

Bibliophilie Sociologie Politique : Doctrine Sociale, Aphorismes Universels des Lois et des Rapports des Peuples, par Bonnin (1831). Troisième édition rare de cet important traité.


C.-J.-B. BONNIN

DOCTRINE SOCIALE, APHORISMES UNIVERSELS DES LOIS ET DES RAPPORTS DES PEUPLES, déduits de la nature de l'homme et des droits du genre humain, textuellement formés des Déclarations de Droits françaises et américaines ; par C.-J.-B. Bonnin, auteur des Principes d'Administration. Troisième édition, suivie des Époques Naturelles de la Chronologie.

Paris, chez Erasme Klefer, et chez les Libraires du Palais-Royal, 1831

1 volume in-12 (14,5 x 9 cm), vii-350-(2) pages.

Reliure de l'époque demi-veau blond, dos lisse, filets dorés. Coiffes usées avec manques, frottements sur les plats, dos frotté. Reliure solide. Intérieur frais imprimé sur beau papier chiffon. Quelques rousseurs.

NOUVELLE ÉDITION.

La première édition de la Doctrine Sociale de Bonnin a paru pour la première fois en 1820. La seconde édition, devenue très-rare (avis de l'éditeur) fut publiée en 1821 chez Klefer en 1 volume in-8°. Elle fut traduite en espagnol et en portugais.

Dans ce volume, la Doctrine Sociale à proprement parler, est précédée d'un long avant-propos (pp. 1 à 62) qui donne le sens aux aphorismes qui suivent. A la suite de la Doctrine Sociale on trouve (pp. 179 à 229) une série de Lettres à divers (à Frochot, à Carnot, à Madame de Ségur, à Alexandre Lameth, au peuple Grec, etc.). Les Époques Naturelles de la Chronologie occupent les pages 231 à 329. Les dernières pages sont occupées par une Lettre à Carnot datée 1808.

Charles-Jean Baptiste Bonnin (1772-1846), né d'une famille originaire de Bourgogne, fut de son vivant, vers 1820, défini par les esprits les plus aiguisés, comme étant l'un des véritables et seuls descendants spirituels de la Révolution Française. Il fut un penseur progressiste et considéré comme le père de l'administration moderne. Il fut un précurseur en matière de droit public, droit administratif et droit constitutionnel. Sa doctrine sociale le place parmi les fondateurs de la sociologie. Il a également rédigé des chroniques parlementaires et s'est enquis des problèmes éducatifs. Auguste Comte a dit de Bonnin qu'il était "une personne sage et énergique, profondément et spontanément liée avec le positivisme et dans lequel nous trouvons le véritable esprit de la Révolution."

"[...] De toutes les vérités important à l'espèce humaine, et qui peuvent le plus dignement occuper l'intelligence, les premières sont donc celles qui tiennent au maintien de la liberté naturelle de l'homme et des peuples, parce qu'elles sont les éléments même de la société : en elles est la civilisation, et la politique et la morale sont là tout entières. [...]" (avant-propos).

Les trois éditions anciennes de la Doctrine Sociale sont rares.

BON EXEMPLAIRE DE CE PETIT LIVRE PAR LA TAILLE ET GRAND PAR LES IDÉES.

Prix : 450 euros

Bibliophilie Pêche Angling : Lancer léger et poissons de sport (1941). Préface de Tony Burnand. 380 figures - 4 hors-textes. Matériel - Truite - Brochet - Perche - Black-Bass - Chevesne - Poissons blancs - Organes des sens des poissons - Instincts - Pourquoi ça mord - Eau - Temps - Théorie Solunaire. Edition originale à 350 exemplaires sur papier vert d'eau. Rare.


Docteur P. BARBELLION

LANCER LÉGER ET POISSONS DE SPORT. Préface de Tony Burnand. 380 figures - 4 hors-textes. Matériel - Truite - Brochet - Perche - Black-Bass - Chevesne - Poissons blancs - Organes des sens des poissons - Instincts - Pourquoi ça mord - Eau - Temps - Théorie Solunaire.

Librairie Maloine, Paris, 1941

1 fort volume in-8 (22,5 x 16,5 cm), broché, XII-526-(2) pages. Couverture ornée d'une vignette contrecollée (brochet à l'affût). Couvertures en très bon état, le second plat et le dos sont passés, dos avec trace de pli, non cassé, intérieur en excellent état.



ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE DE LUXE A 350 EXEMPLAIRES SUR COUCHÉ VERT D'EAU, SEUL GRAND PAPIER.

Ouvrage de référence recherché.

BEL EXEMPLAIRE DU RARE TIRAGE DE LUXE.

Prix : 600 euros



dimanche 27 mars 2016

Bibliophilie Curiosa : Triptique : Bon Vieux Temps - Quatrains - Proverbes (vers 1945). 33 illustrations rehaussées en couleur au pochoir. Rare tirage à 300 exemplaires, inconnu des bibliographes.



VILETAY, éditeur - G. M., illustrateur (?)

TRIPTIQUE. Bon vieux temps. Proverbes. Quatrains.

Sans nom, sans lieu, sans date [Paris, Vialetay, vers 1945]

3 portfolio grands in-8 (25,5 x 16,5 cm) réunis sous un même emboîtage. 

Aux dépens d'un groupe d'amateurs, s.d. (vers 1945), chaque portfolio contient 1 titre en couleur, 10 planches hors-texte aquarellées au pochoir accompagnées d'un texte (maxime, citation, sentence, etc.) dans un encadrement décoré aquarellé, 10 planches hors-texte restées en noir (sauf pour Bon vieux temps qui possède la suite en noir avec 4 planches mises en couleurs. Chaque portfolio est conservé dans une couverture en papier avec la planche de titre également aquarellée au pochoir. Complet en 3 portfolio. L'ensemble est conservé dans un emboîtage éditeur titré TRIPTIQUE en lettres d'or au dos (en long). Très bon état général, seul l'emboîtage est frotté par endroits. Intérieur parfait.

TIRAGE A 300 EXEMPLAIRES SUR PAPIER PUR FIL DU MARAIS.




Les trois portfolio sont numérotés au composteur et portent le même numéro. Toutes les illustrations sont signées des initiales G. M. L'artiste qui a illustré cet ensemble est resté inconnu des bibliographes.

Références : Inconnu de Pia, Les Livres de l'Enfer ; Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970.




Les 30 illustrations (et les 3 illustrations de titre) qui ornent cet ouvrage sont sinon toutes libres, tout au moins toutes très originales quant à l'inspiration et l'inventivité du trait d'inspiration érotique. Elles illustrent à merveille et dans un style rococo (personnages tous en costumes du XVIIIe siècle) des sentences telles que : La façon de donner vaut mieux que e qu'on donne (où l'on voit une jolie marquise fessue se faire administrer la claque sur le postérieur) ; A brebis tondue Dieu mesure le vent (où l'on voit une jolie dame en chapeau, fesses au vent soufflé par deux angelots joufflus) ; Qui va à la chasse perd sa place (où l'on voit un chasseur s'éloigner et sa femme se faire bien entreprendre dans son salon par un galant) ; Quand on cherche on trouve (où l'on voit une jolie dame se faire entreprendre au pied d'une meule de foin), etc.

L'illustration bien qu'osée reste dans les limites de la bienséance ... quoi que.

Il s'agirait d'un premier essai d'édition par Jacques Vialetay, vers 1945. Superbe réalisation sur beau papier. Curiosité bibliographique peu connue et que l'on rencontre très rarement.




CURIOSA CLANDESTIN RARE.

Prix : 950 euros

samedi 26 mars 2016

Bibliophilie : Les Débuts de César Borgia (1890) par Jean Richepin, avec 13 illustrations de Georges Rochegrosse. Tirage à 186 exemplaires seulement pour le Bibliophiles contemporains fondés par Octave Uzanne.


Jean RICHEPIN

LES DÉBUTS DE CÉSAR BORGIA. Illustrations de Georges Rochegrosse, gravées à l'eau-forte par Paul Avril, François Courboin, Fornet et Manesse.

Paris, Publié pour la société des Bibliophiles contemporains, 1890

1 volume in-8 (26 x 17 cm) de 4 feuillets non chiffrés (justification du tirage, titre, fac-similé de lettre de Jean Richepin, 83-(3) pages. Illustrations à l'eau-forte dans le texte (vignettes) mises en couleurs au pinceau. État des illustrations en noir hors-texte. Couverture imprimée noir sur fond or conservées en excellent état. Exemplaire dérelié (dos gratté, cahiers partiellement décousus), à relier à la bradel ou traditionnel sur nerfs (couture à refaire - les feuillets se détachent), parfait état du papier.

TIRAGE A 186 EXEMPLAIRES.

EXEMPLAIRE NOMINATIF IMPRIMÉ AU NOM DE MADAME JULIE DE MONCEAU (FEMME DE LETTRES).


Volume achevé d'imprimer le 25 novembre 1890 à Paris sur les presses typographiques et en taille-douce de l'ancienne Maison Quantin aux frais des sociétaires de l'Académie des Beaux-Livres (Bibliophiles contemporains), sous la direction exclusive de M. Octave Uzanne, Président fondateur.

Les Bibliophiles contemporains ont été fondés en novembre 1889 par Octave Uzanne alors encore directeur de la revue bibliographique Le Livre imprimée et publiée chez Albert Quantin.

Les Débuts de César Borgia de Jean Richepin est le premier livre publié par cette société de bibliophiles, publié presque concomitamment avec l'Abbesse de Castro de Stendhal, volume illustré par Eugène Courboin, qui paraît seulement un mois plus tard (20 décembre 1890).

Ce délicieux volume, tout en raffinement d'impression, typographique et en taille-douce, relevé par un tirage net sur papier fait spécialement sur papier vergé pur fil filigrané au nom de l'Académie des Beaux Livres.
 


Les 13 compositions de Georges Rochegrosse ont été mises en couleurs à la main (ici accompagnées des 13 états en noir tirés à part et intercalés dans le volume), certaines avec rehauts d'or, sont d'une grande finesse. Les décors en forme de portique orientaliste des couvertures imprimées en or sont l'oeuvre d'Adolphe Giraldon (signées A. GIR. 90).

Ces ouvrages étaient proposés à 200 francs aux membres de la société des Bibliophiles contemporains. Ce titre ainsi que les suivants connurent auprès des bibliophiles un engouement de mode dès les années suivantes. Georges Vicaire dans sa Bibliographie de l'Amateur de livres du XIXe siècle indique 2 exemplaires brochés vendus respectivement 256 francs (8 juin 1893, Durel) et 276 francs (même vente).

Ce roman historique de Richepin n'a visiblement pas fait l'unanimité au sein des Bibliophiles contemporains. C'était bien mal commencer auprès d'un auditoire de bibliophiles encore peu enclins aux extravagances. Octave Uzanne en paiera le prix en demandant la dissolution de cette sociéré au cours de l'année 1894 après quelques ouvrages publiés seulement.

TRÈS BON EXEMPLAIRE (DÉRELIÉ) A RELIER.

Prix : 450 euros


jeudi 24 mars 2016

Théâtre Art Déco - Bibliophilie : Plus ça change. Féérie en deux actes et six tableaux. Illustrations en couleurs de Zyg Brunner. Les débuts de Raimu au théâtre (1922). Joli livre illustré Art Déco.


RIP

PLUS ÇA CHANGE. Féérie en deux actes et six tableaux représentée pour la première fois à Paris le 7 septembre 1915 au théâtre Michel. Reprise au même théâtre en octobre 1918 et en octobre 1919. Illustrations de Zyg Brunner.

Editions Lucien Vogel, Paris, 1922.

1 volume in-4 carré (24,5 x 19 cm) de (3)-183-(1) pages. 8 hors-texte coloriés au pochoir et 30 compositions en noir au trait dans le texte (bandeau, lettrines, culs-de-lampe, vignettes), couverture illustrée en couleur.

Reliure demi-chagrin marron à coins, tête dorée, non rogné, relié sur brochure, couvertures et dos du brochage conservés en parfait état (reliure de l'époque signée DUNAULT). Quelques frottements et légères salissures à la reliure, intérieur parfait.




ÉDITION ORIGINALE.

EXEMPLAIRE DE DÉDICACE A M. METZGER.


Cet ouvrage a été achevé d'imprimer le 15 juin 1922 sur les presses de l'imprimerie du commerce à Angers. Il a été tiré sur papier à la forme (vergé) des papeteries Zuber à 1.000 exemplaires numérotés. Tous les exemplaires sont sur ce papier.

Cette pièce de théâtre loufoque est interprétée entre autres par Raimu dans le rôle de Jolibois. Les décors ainsi que les costumes furent exécutés par Paul Poiret, en 1918.

On doit cette édition au fondateur de la Gazette du Bon Ton (Lucien Vogel). Ouvrage dont les illustrations typiques Art Déco dues au talent de l'imagier d'origine polonaise Zyg Brunner, reprennent la flamboyance des costumes de Paul Poiret. On se ballade à travers les époques en différents tableaux, égyptiens, grecs, siècle de Louis XIV, temps modernes, etc.

C'est la pièce avec laquelle Raimu, de son vrai nom Jules Auguste Muraire, fait ses débuts au théâtre, à l'âge de 32 ans. C'est Andrée Spinelly, vedette de l'époque avec laquelle il entretient une liaison, qui le fait jouer sur scène à ses côtés dans Plus ça change au théâtre Michel en 1915.

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE A L'ILLUSTRATION EMBLÉMATIQUE DE SON EPOQUE.

Prix : 400 euros

Pour et contre l'amour par Georges Pavis (1947). 366 pensées recueillies, présentées et illustrées par l'auteur. Joli livre illustré dans le genre grivois.


PAVIS Georges

POUR ET CONTRE L'AMOUR. 366 PENSEES RECUEILLIES PRESENTÉES ET ILLUSTRÉES PAR GEORGES PAVIS.

A Paris, chez René Kieffer, relieur, s.d. (1947).

1 volume in-4 (25,5 x 17 cm), non paginé (environ 150 pages). Environ une centaine d'illustrations mises en couleurs, hors texte et dans le texte, couverture illustrée imprimée en rouge et gris sur le premier plat. Titre imprimé en rouge au dos de la couverture. Emboîtage de l'éditeur avec étiquette au dos. Ensemble à l'état proche du neuf, non coupé.


ÉDITION IMPRIMÉE A 950 EXEMPLAIRES. CELUI-CI UN DES 850 SUR VÉLIN DE LANA.


On retrouve illustré ici avec une verve satirique et humoristique les plus grands noms de la littérature comme les plus insignifiants, s'exprimant par sentences pour ou contre l'amour. Un régal pour les yeux, un régal de lecture.

Georges Pavis (1886-1977) eut une carrière d'illustrateur et de peintre bien remplie. Il collabora aux journaux satiriques de son temps : Le Rire, La Vie Parisienne, etc. Il illustra de nombreux ouvrages pour l'éditeur-relieur René Kieffer notamment.

Un livre qui mérite la reconnaissance en pays de bibliophilie. Un livre à rapproché des livres légers du Docteur Besançon (Le visage de la femme - Ne pas dételer - Les jours de l'homme).


TRÈS BEL EXEMPLAIRE D'UN JOLI LIVRE ILLUSTRÉ DANS LE GENRE GRIVOIS.

Prix : 150 euros

Les Amours parisiens de Charles Diguet (1873). Edition originale rare. Jolie reliure de l'époque. Recueil d'historiettes grivoises.

Charles DIGUET

AMOURS PARISIENS.

Paris, E. Dentu, 1873

1 volume in-18 (18 x 12 cm) de 206-(1) pages.

Reliure demi-chagrin caramel, dos à nerfs, filets perlés dorés, plats de papier marbré noir et orange, doublures et gardes de papier marbré (reliure de l'époque). Exemplaire à l'état proche du neuf. Papier vélin fort. Frontispice par H. Demare, une vingtaine de dessins au trait reproduits hors-texte et dans le texte, gravés sur bois. Bandeaux gravés sur bois (deux modèles répétés).


ÉDITION ORIGINALE.

Ce joli volume contient les historiettes grivoises suivantes : Carlotta - Une impure - L'amie de madame - Viola - Un chapitre rose - Comment mon ami z... s'est marié - Suzon - Une page sombre - Les trois baisers. Achevé d'écrire en mai 1873 par Charles Diguet, plus connu pour ses ouvrages sur la chasse (Tablettes d'un chasseur, 1868 ; Le Livre du Chasseur, 1881 ; Mémoires d'un fusil, 1883), mais il donna aussi quelques ouvrages légers sur la femme et l'amour (Sonnets amoureux, 1878 ; Les jolies femmes de Paris, 1870 ; Blondes ou brunes, 1866).

Cet ouvrage est des plus difficiles à trouver, d'autant plus comme ici en reliure de l'époque décorative et parfaitement conservée. La couverture de brochage n'a pas été conservée.

Référence : Vicaire III, 267 (indique qu'il a été tiré 5 ex. sur Hollande).

TRÈS BEL EXEMPLAIRE DE CE LIVRE PEU COMMUN.

Prix : 400 euros

Bibliophilie : La femme à Paris d'Octave Uzanne (1894), illustrations de Pierre Vidal et une couverture "Art Nouveau" par Léon Rudnicki.

Octave UZANNE

LA FEMME A PARIS. NOS CONTEMPORAINES, NOTES SUCCESSIVES SUR LES PARISIENNES DE CE TEMPS DANS LEURS DIVERS MILIEUX, ÉTATS ET CONDITIONS, par Octave Uzanne. Illustrations de Pierre Vidal.

Paris, Ancienne Maison Quantin, Librairies-Imprimeurs réunis, May & Motteroz, 1894.

1 volume grand in-8 (28,5 x 19,5 cm) de (4)-VI-328-(6) pages, broché, couverture illustrée en couleurs dessinées par Léon Rudnicki. Exemplaire à l'état proche du neuf (petit fissure d'origine au papier de couverture du dos), tel que sorti des presses de l'imprimeur. 20 eaux-fortes hors texte coloriées. Quelques rousseurs.


ÉDITION ORIGINALE.

Exemplaire du tirage courant "A petit nombre", imprimé sur papier vélin teinté filigrané de motifs floraux.

Il s'agit là sans aucun doute possible de l'un des plus beaux ouvrages écrits, conçus et réalisés par Octave Uzanne à la fin du XIXe siècle. Ce volume, destiné aux bibliophiles, a été superbement illustré par Pierre Vidal de très nombreuses vignettes tirées dans le texte (une partie des vignettes dans le texte ayant été coloriées par Albert Charpentier, coloriste à Paris) et de 20 très jolies eaux-fortes hors texte. Il a été achevé d'imprimer le 8 novembre 1893. Cet ouvrage offre un panorama vivant et complet de "la femme" vue au travers du prisme déformant que pouvait être l’œil d'Octave Uzanne, l"homme qui aimait les femmes, cet éternel dandy célibataire. Divisé en quatre parties, ce volume contient : la physiologie de la contemporaine (la parisienne contemporaine - le nu moderne - la toilette à Paris). La femme à Paris dans ses différents milieux, états et conditions (géographie de la femme à Paris - les domestiques - les ouvrières - les marchandes et boutiquières - demoiselles et employées de magasin - les dames d'administration - femmes artistes et bas-bleus - les femmes de théâtre, comédiennes, chanteuses, danseuses, écuyères, acrobates - les femmes de sport et gynandres - la bourgeoise parisienne). La femme hors des lois morales (la basse prostitution - prostitution bourgeoise - prostitution clandestine - les Phrynées actuelles). Psychologie de la contemporaine (la contemporaine fille, femme et mère). On voit que le panorama peut difficilement être plus complet.


Cet ouvrage se fait remarquer notamment par une très jolie couverture "Art Nouveau" imprimée en couleurs et signée de l'artiste peintre Léon Rudnicki.



BEL EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU, DE CET OUVRAGE EMBLÉMATIQUE DES LIVRES ILLUSTRÉS DE LA FIN DU XIXe SIÈCLE.

Prix : 700 euros

Bibliophilie : Bob et Bobette en ménage par André Salmon (1920). Edition originale. Un des rarissimes 10 exemplaires sur papier du Japon. Belle couverture en couleurs par Ciolkowski.


André SALMON

BOB ET BOBETTE EN MÉNAGE. Roman.

Paris, Albin Michel éditeur, s.d. (1920)

1 volume in-18 (19 x 12,5 cm) de 254 pages, broché, couverture imprimée illustrée en couleurs d'une composition Art Déco par Ciolkowski sur le premier plat. Exemplaire neuf, non coupé, jamais lu. Petits manques de papier en haut du dos, petites fentes aux mors sans gravité. Couverture aux couleurs très fraîches.

ÉDITION ORIGINALE.

UN DES 10 EXEMPLAIRES SUR JAPON (avec 20 exemplaires sur Hollande, seuls grands papiers).

André Salmon est né le 4 octobre 1881 à Paris et mort le 12 mars 1969 à Sanary-sur-Mer. Écrivain français, poète, romancier, journaliste, critique d'art. Il fut l'un des grands défenseurs du cubisme avec Guillaume Apollinaire et Maurice Raynal.

"Quatre écrivains amis, unis encore par certaines formes de leur curiosité, acceptèrent la gageure d'écrire, chacun de son côté, un instant de la vie du couple : Bob et Bobette. Lorsque nous nous mîmes au travail, Francis Carco, Pierre Mac Orlan et moi revenions de la guerre : or Pierre Mac Orlan, pas encore rendu aux brumes dorées du Havre-de-Rêve où il a un jour "déclaré se retirer", devait encore servir et n'en n'avait pas fini de suivre la guerre. Comment s'étonner qu'il y ait mené à sa suite, jusqu"au bout ! - son Bob, notre Bob ? Pendant ce temps, trop éloigné de mon cher Pierre Mac Orlan, vous pensez bien que je choyais mon Bob, le sien, notre Bob ! Dans les horreurs de l'arrière, sous les gothas, je mariai Bob ; je lui fis la belle situation due en seconde ligne aux canailles inquiètes de moralités bien tournées ; bref, réformant Bob avant la paix, j'en fis un héros de son temps. (...)" (Préface, André Salmon, Octobre 1919)

TRÈS BON EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU, DU PLUS RARE TIRAGE (1/10 JAPON).

Prix : 500 euros

Bibliophilie : La société galante et littéraire au XVIIIe siècle par Honoré Bonhomme (1880). Un des 12 exemplaires sur vieux Japon. Rare.

Honoré BONHOMME

LA SOCIÉTÉ GALANTE ET LITTÉRAIRE AU XVIIIe SIÈCLE par Honoré Bonhomme. Boufflers et Madame de Sabran - Saint-Lambert & Fontanes - Le Comte de Lauraguis & Sophie Arnould - Le Chevalier de Resseguier & Madame de Pompadour.

Paris, Ed. Rouveyre, 1880

1 volume in-8 (22 x 15 cm), broché, XIII-178-(2) pages. Frontispice à l'eau-forte et vignettes (par de Malval). Exemplaire en très bon état, couvertures légèrement empoussiérées et dos bruni. Quelques rousseurs sans gravité. Volume en grande partie non coupé.


ÉDITION ORIGINALE.

Il a été fait un tirage de luxe à 100 exemplaires seulement (3 ex. sur peau de vélin ; 12 ex. sur (vieux) Japon ; 15 ex. sur Chine ; 20 ex. sur papier teinté de Renage et 50 ex. sur Whatman).

CELUI-CI, UN DES 12 EXEMPLAIRES SUR (VIEUX) JAPON.

"Nous avons voulu faire un livre qui renfermât des révélations piquantes et imprévues sur les personnes et les choses, et où le goût du lettré comme celui du curieux pût trouver également son compte." (extrait de l'avant-propos).

TIRAGE TRÈS RARE.

Prix : 250 euros

Bibliophilie : L'Histoire comique de Francion par Charles Sorel et illustrée par Martin Van Maele (1925). Un des 61 exemplaires sur papier Madagascar avec triple-suite des eaux-fortes. Bel exemplaire.


Charles SOREL / Martin VAN MAELE illustrateur

L'HISTOIRE COMIQUE DE FRANCION composée par Charles Sorel, réimprimée intégralement pour la première fois d'après l'édition originale de 1623 et décorée de 17 eaux-fortes et de 16 gravures par MARTIN VAN MAELE.

Se vend à Paris, chez Jean Fort, 1925

1 fort volume in-8 broché (23 x 14,5 cm) de VI-411 pages. 17 eaux-fortes hors-texte ici en triple état (51 épreuves dont épreuve non terminée avec remarque, épreuve terminée avec remarque et épreuve terminée, toutes en noir. 16 gravures (bois) servant de bandeaux et culs-de-lampe. Couverture rempliée illustrée d'une vignette imprimée en rouge sur le premier plat.


PREMIER TIRAGE DE CETTE SUPERBE SUITE D'ILLUSTRATIONS PAR MARTIN VAN MAELE.

UN DES 61 EXEMPLAIRES SUR MADAGASCAR CONTENANT UNE SUITE DÉFINITIVE ET DEUX ETATS DES PLANCHES. (le tirage total étant de 1.203 exemplaires).

"Je n'ai point trouvé de remède plus aisé ni plus salutaire à l'ennui qui m'affligeait il y a quelque temps, que de m'amuser à décrire une histoire qui tînt davantage du folâtre que du sérieux, de manière qu'une mélancolique cause à produit un facétieux effet. Jamais je n'eusse fait voir cette pièce, sans le désir que j'ai de montrer aux hommes les vices auxquels ils se laissent insensiblement emporter. Néanmoins, j'ai peur que cela soit inutile ; car ils sont si stupides pour la plupart, qu'ils croiront que tout ceci est plutôt pour leur donner du passe-temps que pour corriger leurs mauvaises humeurs. Leur ânerie est si excessive que lorsqu'ils oient le conte de quelqu'un qui a été trompé, ou qui a fait quelque sotte action, ils s'en prennent à rire au lieu qu'ils en devraient pleurer (...)" (extrait de la Préface de 1623)

L’Histoire comique de Francion raconte les aventures de son personnage éponyme. La narration est assez complexe parce qu’elle mène plusieurs niveaux de récits. Le récit premier raconte les aventures amoureuses de Francion qui cherche d’abord à s’attirer les faveurs de Laurette, femme de Valentin et ancienne prostituée. Après les avoir obtenues lors d’une fête organisée par Raymond, il se lance à la recherche de la belle Naïs du portrait de laquelle il est tombé amoureux. Les versions de 1626 et 1633 s’achèvent par le mariage de Francion et Naïs. Mais à ce premier récit s’ajoutent des histoires racontées par des personnages du roman, notamment la maquerelle Agathe dont le récit occupe un livre entier, et surtout l’histoire de Francion racontée par lui-même à diverses occasions. Le début du roman est ainsi en grande partie occupé par ces récits et nous permet de découvrir une partie de l’histoire du père de Francion et le récit de la jeunesse de Francion.

On a beaucoup parlé du libertinage de L’Histoire comique de francion, notamment du fait des relations libertines de son auteur au moment de la publication de la version de 1623. Antoine Adam considère que le personnage de Francion est inspiré par Théophile de Viau. Il se caractérise en effet par une générosité qui serait la marque des esprits libertins et la « compagnie des braves » qu’il fonde serait une transcription romanesque du cercle libertin qui gravite autour de Théophile. L’itinéraire de Francion montre une volonté de s’affranchir des contraintes. Il développe une pensée personnelle. En matière de morale amoureuse, il défend ainsi des positions qui ne correspondent ni à la morale traditionnelle, qui refoule les plaisirs du corps, ni à l’épicurisme caricatural qu’on associera à l’image du libertin. La volonté de jouir sans entrave au non d’une supériorité absolue du plaisir est en effet incarnée dans l’œuvre par le personnage de Raymond. Francion, quant à lui, défend un plaisir plus mesuré qui répond à une définition plus authentique de l’épicurisme. De ce fait, l’évolution du personnage et de l’œuvre ne doit pas nécessairement être lue simplement comme l’effet des peurs de Sorel quant à la censure, mais également comme l’effet d’une véritable réflexion sur la morale et le plaisir.

Cette histoire est ici merveilleusement mise en images par Martin Van Maele.


BEL EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU.

VENDU

Bibliophilie : Entre messe et vêpres, Les joyeuses nouvelles, par Marc de Montifaud (1880-1883). Curiosa, nouvelles coquines et anticléricales.

 
MARC DE MONTIFAUD [de son vrai nom Marie-Amélie QUIVOGNE DE MONTIFAUD]

LES JOYEUSES NOUVELLES de Marc de Montifaud. I. Le mariage d'une Momie. II. Les Chevaliers du Bidet. Chaste et Pure. III. L'Expulsé de la Rue des Postes. IV. Auquel des deux ? Les Moustaches du Capitaine. V. Une Grève de Femmes. Le Passage de Vénus. VI. Le Mariage d'un Potache ou le sommier à musique. VII. Le Singe du Couvent. VIII. Comment on fait souffrir le Diable. Le Passe-Port. IX. La Manière de s"en servir. X. Les deux Revanches.

Paris, sans nom, 1880-1883. J. Cusset imprimeur à Paris.

10 parties en 2 volumes in-12 (18 x 11,5 cm), environ 60 à 70 pages par partie. Complet des 11 eaux-fortes de Jan Van Kruyck, Pierre Morel, Tony Taverni et Van Ruyss. Il y a deux eaux-fortes pour "Le Singe du Couvent".

ENTRE MESSE ET VÊPRES ou les matinées de carême au Faubourg Saint-Germain. Première matinée : Ad mojorem Dei gloriam - Un point d'Orgue. Deuxième matinée : Midi à Quatorze Heures. Troisième matinée : Une Brimade dans le grand monde - Comment on entre au Paradis. Quatrième matinée : Le Père Ambroise - Parce que. - Le Salut militaire. Cinquième matinée : Le Gendarme au Couvent. Sixième matinée : Un Mariage par expertise. Septième matinée : Avant la noce.

Paris, sans nom, 1881-1882. G. V. Larochelle, imprimeur à Paris.

7 parties en 2 volumes in-12 (18 x 11,5 cm), environ 70 à 80 pages par partie. Complet des 7 eaux-fortes de Van Ruyss.

Ensemble 4 volumes in-12 (18 x 11,5 cm), reliés demi-percaline verte, fleuron doré au dos, pièces de titre de cuir noir (reliure de l'époque). Les volumes sont à l'état proche du neuf, très frais, les reliures sont en excellent état de conservation, à noter une infime éraflure sur une pièce de titre à peine visible, un infime frottement sur une autre. L'intérieur est en parfait état. L'impression sur papier vergé épais de Hollande est parfaite. Volumes non rognés, ébarbés seulement. Les eaux-fortes sont protégées par des serpentes de papier calque fin, légère décharge des gravures sur quelques titres. Les couvertures de livraisons ont été conservées uniquement pour deux d'entre elles à chaque ouvrage (une couverture conservée devant et une conservée à la fin). Le catalogue des Oeuvres de Marc de Montifaud a été conservé à la fin de chaque nouvelle.

Entre Messe et Vêpres (7 parties) se retrouve dans les livres de l'Enfer de Pia (p. 431) pour l'édition Gay et Doucé de Bruxelles, 1880-1881. Les Joyeuses Nouvelles (10 parties), d'après les catalogues conservés des Oeuvres de Marc de Montifaud, sortent des presses de la Grande Imprimerie de J. Cusset, imprimeur à Paris. Entre Messe et Vêpres sort de la même imprimerie, sise à la même adresse mais le nom de l'imprimeur est G. V. Larochelle.

Marc de Montifaud est une femme. C'est le pseudonyme que prend Marie-Amélie Chartroule dite Marc de Montifaud. Sa date de naissance n'est pas certaine, 1845 ou 1849, 1850 ? Selon le Dictionnaire Larousse qui lui consacre une notice, elle commence sa carrière littéraire à douze ans en écrivant un roman italien, une ébauche de tragédie et des essais de critique. Un journal intitulé "Plaisir et Travail" publiera quelques-uns de ses fragments littéraires. Pendant que sa mère tente de lui enseigner les principes du catéchisme, son père lui inculque les idées nouvelles et l'initie à la philosophie. Passionnée d'art, elle complète sa formation dans l'atelier du peintre Tissier.

En 1867, elle épouse un homme de vieille noblesse espagnole, de vingt ans son aîné, le comte Juan-Francis-Léon Quivogne de Montifaud, secrétaire d'Arsène Houssaye, le directeur de l'Artiste qui ouvrira à la jeune fille les pages de sa revue où elle fera ses premières armes en tant que critique. Comptant parmi les amis de Villiers de L’Isle-Adam, qui lui dédie "Le Nouveau Monde" (Ève nouvelle et Axel).

On lui doit surtout un nombre important de nouvelles drolatiques, d’esprit galant et provocateur, à saveur parfois anticléricale et coiffées de titres suggestifs. Ses écrits lui valent un certain nombre de poursuites judiciaires et quelques-uns sont censurés.

Sa publication de l’ouvrage contre les religieuses, Vestales de l’Église, lui vaut même un emprisonnement. Elle meurt probablement vers 1912-1913.



BEL ENSEMBLE PARFAITEMENT CONSERVÉ.

Prix : 800 euros