jeudi 19 octobre 2017

Victor Hugo. Louise Bertin. La Esméralda, Opéra en quatre actes (1836). Rare livret en bonne condition, bien complet des deux catalogues de musique.


Victor HUGO - Louise Bertin.

LA ESMÉRALDA. Libretto par Victor Hugo. Opéra en quatre actes, musique de mademoiselle Louise Bertin. Paroles de M. Victor Hugo. Décors de MM. Philastre et Cambon. Réprésenté pour la première fois sur le théâtre de l'Académie de musique, le 14 novembre 1836.

Paris, Maurice Schlesinger, Jonas et Barba ; Lyon, chez Nourtier, 1836

1 plaquette in-8 (23,4 x 15,8 cm), 31 pages + 8 pages du catalogue général de Maurice Schlesinger éditeur de musique + 8 pages du catalogue "Musique classique et moderne pour le piano et pour le chant éditée par la Société pour la publication à bon marché de musique classique et moderne (10, Boulevard des Italiens, Paris). Couverture imprimée en papier chamois, vignette. Cousu sur simple ficelle. Petit manque angulaire au premier plat de couverture avec atteinte à l'encadrement (voir photo), le deuxième plat de couverture est bien conservé. Quelques rousseurs. Quelques usures sans gravité. Coins avec traces de plis.

Édition originale.


Ce livret écrit par Victor Hugo est tiré de Notre-Dame de Paris (publié en 1831), il reprend sous le titre éponyme l'histoire de la belle gitane Esméralda, et ce pendant 4 actes. "Les répétitions de la Esmeralda se firent dans l'été de 1836. L'auteur des paroles n'y assista pas ; il voyageait en Bretagne. A son retour, il fut frappé de la mesquinerie de la mise en scène. Le vieux Paris prêtait aux décorations et aux costumes. Rien de riche ni de pittoresque ; les haillons de la Cour des Miracles, qui auraient pu avoir du caractère et de la nouveauté à l'Opéra, étaient en drap neuf ; de sorte que les seigneurs avaient l'air de pauvres et les truands de bourgeois. M. Victor Hugo avait donné une idée de décor qui aurait pu faire grand effet : c'était l'ascension de Quasimodo enlevant la Esmeralda d'étage en étage ; pour faire monter Quasimodo, il n'y avait qu'à faire descendre la cathédrale. En son absence, on avait déclaré la chose impossible. Ce décor, impossible à l'Opéra, a été fait depuis à l'Ambigu. L'opéra, chanté par MM. Nourrit, Levasseur, Massol, etc., et mademoiselle Falcon, fut applaudi par le public de la première représentation, laquelle fut assombrie par la nouvelle de la mort de Charles X. Les journaux furent d'une violence extrême contre la musique. L'esprit de parti s'en mêla et se vengea sur une femme du journal de son père. Alors, le public siffla. L'opposition augmenta de représentation en représentation, et à la huitième le rideau fut baissé avant la fin. [...]" (in Victor Hugo raconté par lui-même).


"Nous sommes enfin en mesure d'offrir à nos lecteurs notre jugement sur cette pièce qui a suscité une si grande rumeur dans le monde critique, mais dont peu de journaux nous paraissent avoir rendu un compte dégagé de toute considération étrangère à la question d'art. Nous avons assisté lundi dernier à la représentation de cet ouvrage ; il nous est resté une fatigue extrême de l'attention avec laquelle nous avons écouté, et ce malaise résultant toujours de la longue attente d'une sensation qu'on espère et qui n'arrive pas. La musique de mademoiselle Bertin dénote une inexpérience complète, ou l'absence de conception musicale. Quelques lambeaux parsemés, quelques éclairs vraiment remarquables nous feraient plutôt pencher pour la première hypothèse, que légitimerait d'ailleurs l'existence casanière et vide de sensations que mène d'ordinaire une femme, et qui est tout-à-fait incompatible avec le développement des facultés artistiques. Les mélodies sont tellement vagues, que le plus souvent on ne les saisit point ; et nous nous sommes plus d'une fois demandé, dans le cours de l'ouvrage, comment les acteurs avaient pu fixer dans leur mémoire des successions de sons aussi incohérentes et aussi bizarres. Le rôle de Claude Frollo notamment, ne nous a pas paru renfermer une seule phrase saisissable ; il y avait pourtant moyen d'approprier des mélodies bien tranchées à ce sombre et passionné caractère. Tous les morceaux de passion des deux rôles, d'Esméralda et de Phoebus, sont entièrement manqués ; la mélodie en est nulle ou commune. Ce qu'il y a surtout de fatigant dans cette musique, c'est le décousu qui règne d'un bout à l'autre, à peine peut-on signaler un ou deux morceaux qui paraissent avoir été faits sur un plan quelconque ; dans les autres, tantôt la même mesure se répétera avec obstination douze ou quinze fois de suite, tantôt chaque mesure aura un caractère propre et tout-à-fait étranger au caractère de la mesure précédente et de la suivante ; monotonie fatigante ou variété extrême plus fatiguant encore Quelques fragments de chœurs et l'air de Quasimodo font exception. De temps à autre on entend des effets d'harmonie et d'orchestre qui font espérer quelque chose de remarquable, puis rien ; on retombe brusquement dans le chaos. Ainsi, la ritournelle de ce qui doit être probablement un grand air de Claude Frollo présente une combinaison de trombones, et de contrebasses et bassons qui est d'un effet très beau et en parfaite harmonie avec le caractère dramatique du personnage, mais tout se borne à cet annonc e; et ce qui suit n'est qu'un assemblage de sons dont la succession n'a aucune raison d'être. Sans pousser plus loin l'analyse détaillée, bornons-nous à dire qu'il ne fallait rien moins que l'influence de la famille de l'auteur pour déterminer la représentation d'une œuvre aussi incomplète, aussi médiocre que celle-là. Ce qu'il y a de fâcheux, c'est que la mise en scène de cet ouvrage aura retardé celle d'un autre probablement meilleur, et causé ainsi un double préjudice au public et au directeur. Du reste, si nous en jugeons par les sifflets qui ont accompagné les deux derniers actes, notamment le dernier, et par l'ennui marqué qui régnait dans toute la salle, l'existence de la Esmeralda est bien près de toucher à son terme." (in la Phalange, Journal de la Science Sociale du 10 décembre 1836).


"Franz Liszt pressenti pour l’arrangement pianistique, ne changea rien à la composition et, tout en transformant les interludes en concertos de piano, resta respectueusement fidèle à la version orchestrale [...]" (La Esmeralda à l'Opéra-Théâtre de Besançon 19 février 2002, extrait d'un entretien avec Françoise Tillard).

Ce fut la seule incursion de Victor Hugo dans le monde de la musique. Ce premier essai ne lui ayant laissé qu'un goût très amer. On sait la gloire du maître qui ne cessa de s'accroître au fil des années. Louise Bertin quant à elle, cette femme handicapée qui suite à une poliomyélite se déplace en béquilles et pour laquelle les critiques ne voient dans ses compositions des « consolations à ses infirmités physiques » (journal Le Siècle). Pourtant Berlioz qui dirigeait les répétitions à l'Opéra atteste dans sa correspondance des qualités musicales et des nouveautés harmoniques d'une œuvre qu'il qualifie de « virile, forte et neuve ». Qui croire ? Elle mourra en avril 1877 à l'âge de 72 ans.

BON EXEMPLAIRE DE CE RARE ET FRAGILE LIVRET QUI DOIT SE TROUVER DANS TOUTE BIBLIOTHÈQUE HUGOLIENNE.

TRÈS RARE BIEN COMPLET DES DEUX CATALOGUES DE MUSIQUE.

Prix : 650 euros


mercredi 18 octobre 2017

Albert Dubout. La Muse libertine (1957). Florilège des poètes satyriques avec 40 aquarelles originales d'Albert Dubout reproduites. 1/500 ex. avec suite en noir. Superbe exemplaire.


DUBOUT, Albert.

LA MUSE LIBERTINE. Florilège des poètes satyriques avec 40 aquarelles originales de Dubout.

Les éditions du Valois, 1957



1 volume in-4 (27 x 20,5 cm), en feuilles sous couverture illustrée en couleurs d’une vignette de Dubout. 225-(1) pages et 40 aquarelles reproduites en couleurs dans le texte et hors-texte. Emboîtage de l'éditeur en excellent état.



Tirage à 4.569 exemplaires. Celui-ci, un des 500 exemplaires avec une suite en noir du trait.



Edition originale. Exemplaire à l’état proche du neuf, sous emboîtage de l’éditeur.

Prix : 400 euros



Paul Verlaine. Parallèlement. Paris, Georges Guillot, 1949. 15 illustration par Mariette Lydis (avec suite) et 5 estampes refusées. Superbe reliure plein maroquin mosaïqué (reliure allusive).


VERLAINE, Paul. - Mariette LYDIS (illustratrice).

PARALLÈLEMENT.

Georges Guillot, Paris, 1949

1 volume in-folio (33,5 x 27 cm) de 105-(1) pages et 15 pointes sèches de Mariette Lydis.



Reliure plein maroquin anthracite mosaïqué sur les deux plats de barres parallèles noires et rouges entrecroisées (reliure allusive), dos à quatre faux-nerfs, doublure et gardes de moire rouge sang, tête dorée, relié sur brochure, couvertures conservées. La reliure n’est pas signée mais de très bonne facture. Dos de la reliure passé uniformément viré au marron. Intérieur parfait.



Tirage à 565 exemplaires. Celui-ci un des exemplaires sur Rives blanc à la forme comprenant l’état définitif en noir relié dans le volume, avec en plus 5 planches non retenues inédites et une suite en noir des 15 pointes sèches de l'ouvrage.



La superbe suite de pointes sèches de Mariette Lydis illustre parfaitement les poésies de Verlaine. On y trouve un érotisme délicat et la gravité nécessaire aux textes sombres de l’auteur.



Superbe exemplaire.

Prix : 1.900 euros



mardi 17 octobre 2017

Cailhava de l'Estandoux. Le Pucelage nageur, conte érotique (caché au milieu d'un volume du XVIIIe siècle). Rarissime. Bel exemplaire en condition d'époque.

[CAILHAVA DE L’ESTANDOUX, J.-F.]

LE PUCELAGE NAGEUR. CONTE.

s.l.n.d. [Paris, vers 1766].

1 plaquette in-8 (20,5 x 13,5 cm) de 16 pages y compris un faux-titre et un titre gravé. Edition originale rare de ce texte érotique des plus curieux. Papier fort de Hollande. Une jeune damoiselle pas si naïve et un amoureux un peu niais, un pucelage qui est un rat … le tout en vers fort bien troussés. 

Ce petit fascicule pour ainsi dire introuvable aujourd’hui est fort recherché des bibliophiles écrit Adolphe Van Bever dans son livre Les conteurs libertins du XVIIIe siècle (Paris, 1904, p. 96). « La jeunesse de Cailhava (1731-1813) fut très-dissipée : un extérieur agréable, un caractère aimable et gai lui procurèrent beaucoup de succès dans le monde provincial ; mais les plaisirs et l'art de l'escrime ne l'occupaient pas tellement qu'il ne trouvât le temps de s'exercer dans la carrière du théâtre qui devint la passion de toute sa vie. » (Biographie Universelle Michaud).


Ce petit texte érotique se trouve soigneusement caché au milieu d’un volume de textes galants par Dorat et Blin de Sainmore titré au dos « Recueil de pièces » et dont voici la liste :

L’Isle Merveilleuse, poème en trois chants, traduits du grec, suivi d’Alphonse ou l’Alcide Espagnol, conte très-moral. A Genève, 1768. 85-(1) pages. Frontispice par Ch. Eisen gravé par L. Legrand ; [le Pucelage nageur vient ensuite] ; Lettre amoureuse d’Héloïse à Abailard, traduction libre de M. Pope, par M. Colardeau. Nouvelle édition, revue et corrigée par l’auteur. A Paris, Chez la Veuve Duchesne, 1766. 30 pages. Frontispice et vignette par Ch. Eisen gravés par Massard ; Fanni ou la Nouvelle Paméla, Histoire anglaise par M. d’Arnaud. Troisième édition. A Paris, Chez L’Esclapart et la Veuve Duchesne, 1767. 75-(2) pages. Frontispice et vignette par Ch. Eisen gravés par De Ghendt ; Héroïdes ou Lettres en vers. Troisième édition revue, corrigée, augmentée et ornée de gravures, par M. Blin de Sainmore. A Paris, Chez Delalain, 1767. 144 pages. Cet ouvrage contient outre des avertissements et épîtres, une Lettre de Biblis à Caunus son frère, une Lettre de Gabrielle d’Estrées à Henri IV, une Lettre de Sapho à Phaon, une Lettre de Jean Calas à sa femme et à ses enfants, illustrés par 1 frontispice par H. Gravelot gravé par J. Alliamet, 1 vignette par Ch. Eisen gravée par De Longueil, 1 cul-de-lampe par Ch. Eisen gravée par De Longueil, 1 frontispice par Ch. Eisen gravé par J. F. Rousseau, 1 vignette par Ch. Eisen gravée par Massart, 1 cul-de-lampe par Ch. Eisen gravée par J. Alliamet, 1 frontispice par H. Gravelot gravé par J. Alliamet, 1 vignette par Ch. Eisen gravés par De Ghendt, 1 cul-de-lampe par Choffard, 1 frontispice par Ch. Eisen gravé par De Ghendt, 1 vignette par Ch. Eisen gravée par Massart, 1 grand cul-de-lampe final par Ch. Eisen gravée par De Ghendt. Dans ce dernier ouvrage chaque Lettre possède sa propre page de titre.

Ensemble relié à l’époque en plein veau écaille fauve, dos lisse orné richement orné, triple-filet doré en encadrement des plats, tranches rouges, titré au dos « Recueille de pièces ». Coiffe supérieure, et coins habilement restaurés. Bel exemplaire.

Références pour le Pucelage nageur : Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l’amour, III, 886 ; Catalogue de l’exposition Eros au secret, Bnf, Paris, 2007-2008, pp. 178-179.

Provenance : Dubois de Crancé avec sa signature autographe sur le titre du premier ouvrage du volume « De Crancé Mre » pour De Crancé Mousquetaire (depuis l’âge de 14 ans en 1761 jusqu’en 1775). Il joua un rôle pendant la Révolution, membre du Comité de défense générale (ce qui deviendra le Comité de Salut Public). Le 9 décembre 1792 il fait partie de la délégation chargée d'annoncer à Louis XVI qu'il était autorisé à se choisir un défenseur. Il prend position pour que la Convention nationale juge le roi. Lors du procès du roi, il vote pour la culpabilité, contre la ratification du peuple, pour la mort et contre le sursis. Il devient Général de Brigade (1793). Député du Var sous le Directoire, il condamne le coup d’état du 18 brumaire et est aussitôt remplacé au ministère de la guerre. Dubois-Crancé met un terme à sa carrière politique. Il quitte alors l'armée et se retire à Balham, dont il devient le maire. Il engage son argent personnel afin de payer l'entretien du canal, aménager la route ainsi que la pompe à incendie de l'église. Il ouvre sa bibliothèque, forte de 6.000 volumes aux paysans du village. Il se consacre à l'organisation de la Société d'agriculture, des arts et du commerce de Mézières et publie plusieurs ouvrages. Il meurt à Rethel le 28 juin 1814, âgé de 66 ans.


BEL EXEMPLAIRE EN CONDITION D’ÉPOQUE.

Prix : 3.500 euros


Octave Uzanne. L'Art et l'Idée. Revue contemporaine illustrée du dilettantisme littéraire et de la curiosté (1892). 1 des 1.000 ex. sur vélin teinté. Gravures d'après Félicien Rops, Félix Vallotton, Robida, Alexandre Séon, Carlos Schwabe, etc. Bel exemplaire de dédicace offert par l'auteur au sculpteur belge Constantin Meunier.


Octave Uzanne - Félicien ROPS, Félix VALLOTTON, Eugène GRASSET, Albert ROBIDA, Carlos SCHWABE, Alexandre SEON, illustrateurs

L'ART ET L’IDÉE, Le dilettantisme littéraire et la curiosité. Revue contemporaine illustrée publiée par Octave Uzanne. Tome premier (Janvier-Juin). Tome second (Juillet-Décembre).

Paris, Ancienne Maison Quantin, 1892

2 volumes grands in-8 (25,7 x 17,5 cm), 432 et 383-(1) pages. Nombreuses gravures hors-texte (détail ci-dessous).

Reliure de l'époque bradel demi-vélin à coins, dos lisse avec titre doré, relié sur brochure, couverture générale et couvertures de livraison illustrées conservées reliées in fine. Très bon état, reliures. Légers frottements et salissures aux reliures. Intérieur en très bon état malgré un papier vélin teinté un peu fragile. Quelques petits manques en bordure de quelques feuillets.


EXEMPLAIRE DU TIRAGE A 1.000 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN.

EXEMPLAIRE DE DÉDICACE OFFERT PAR OCTAVE UZANNE AU SCULPTEUR BELGE CONSTANTIN MEUNIER AVEC CET ENVOI AUTOGRAPHE :

"En sympathie d'art et d'idée, en admiration profonde et déjà ancienne pour son oeuvre"

Le détail du tirage est le suivant : 1.000 ex. sur papier vélin téinté (papier assez fragile) ; 600 ex. sur papier vergé des Vosges pour les abonnés (notre exemplaire est l'un de ceux-ci) ; 60 ex. de luxe dont 30 Japon, 15 Chine et 15 Whatman. Les 60 ex. de luxe sont les seuls à être enrichis d'estampes supplémentaires.


Dans ces 2 volumes ont trouve de nombreuses gravures d'artistes recherchés : Carlos Schwabe (frontispice gravé par Paul Avril), Félix Vallotton (4 bois gravés :autoportrait de l'artiste, portrait d'Octave Uzanne, Portrait de Verlaine, et portrait de Vielle femme), lithographies de divers artistes (Lepère, Boutet, Dillon, Luce, etc.), eau-forte de Louis Morin, eau-forte de Félix Vallotton, eau-forte par Albert Robida, reproductions de dessins inédits de Eugène Grasset, héliogravure en couleurs d'après Félicien Rops, Séon, etc.


Cette revue d'art et d'idées est sans doute l'une des plus belles aventures éditoriales portées à bout de bras par Octave Uzanne presque exclusivement seul pour la rédaction et le choix des artistes rassemblés. Cette revue est empreinte de symbolisme, l'Art nouveau et les idées neuves y fusent presque à chaque page. Ce n'est plus seulement la bibliophilie, l'amour des beaux livres qui animent ici Octave Uzanne ; c'est le dilettante esthète, amoureux d'art dans toute sa globalité. On y trouve ainsi les portraits de céramistes tels Auguste Delaherche et Joseph Chéret. On trouve aussi de jolis portraits d'Eugène Grasset, Félicien Rops, Louis Morin, Albert Robida, etc. On pénètre même chez Octave Uzanne lui-même dans son grenier d'amateur du 17 Quai Voltaire, on découvre sa chambre (photographie), son vestibule (photographie). Il donne son avis sur les auteurs du temps, les auteurs qu'il faut mettre en avant, ceux qu'il faut oublier. Totalement subjective et orientée selon les propres goûts de l'auteur, cette revue est comme un reflet à peine déformé de ses passions.

Provenance : Bibliothèque Constantin Meunier (1831-1905), artiste sculpteur réaliste belge réputé pour sa vision du monde ouvrier ; Bibliothèque Bertrand Hugonnard-Roche (avec son monogramme BHR à l'encre, 2015 au verso de la garde).


INTÉRESSANTE PROVENANCE POUR CE BON EXEMPLAIRE DE CETTE REVUE RARE ET RECHERCHÉE.

Prix : 1.000 euros


lundi 16 octobre 2017

Octave Uzanne. Voyage autour de sa chambre par Octave Uzanne, illustré par Henri Caruchet (1896). Magnifique ouvrage de la période Symboliste et Art Nouveau. Tirage rare à 210 exemplaires seulement pour les Bibliophiles indépendants. Exemplaire offert par Octave Uzanne au libraire-éditeur Henry Floury, avec envoi autographe et épreuves d'essais ajoutées.


Octave UZANNE - Henri CARUCHET illustrateur

[EXEMPLAIRE OFFERT PAR OCTAVE UZANNE AU LIBRAIRE-EDITEUR HENRY FLOURY] VOYAGE AUTOUR DE SA CHAMBRE. Illustrations de Henri Caruchet gravées à l'eau-forte par Frédéric Massé, relevées d'aquarelles à la main.

Imprimé à Paris pour les Bibliophiles Indépendants, Henry Floury libraire, Paris, 1896 (Imprimerie Maire, 1897)

1 volume in-8 (28 x 21,5 cm), de 36 pages, toutes gravées à l'eau-forte (texte et encadrement illustré rehaussé à l'aquarelle), suite complète en noir des eaux-fortes sans le texte + épreuves d'essais ajoutées (36).



Reliure de l'époque plein maroquin caramel mou signé CANAPE (1909), dos janséniste à cinq nerfs, premier plat orné d'une jolie couronne de violettes mosaïquées. Triple-filet doré en encadrement intérieur des plats, gardes et doublures de papier marbré. Tranches dorées sur brochure, non rogné. Etui bordé. Parfait état. Les deux couvertures sont conservées en parfait état. La très belle couverture d'inspiration symboliste et imprimée en couleurs et en or de Henri Thiriet est magnifique.


TIRAGE UNIQUE A 210 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI AU NOM DU LIBRAIRE-ÉDITEUR H. FLOURY (à la plume par Octave Uzanne) et portant le numéro 201 (numéroté par O. Uzanne).

ENVOI AUTOGRAPHE A H. FLOURY : "à m. Henry Floury, en souvenir de cette édition victorieusement souscrite, Octave Uzanne. Paris, 9. XII. 1896."



Ce volume a été entièrement gravé à l'eau-forte par Frédéric Massé d'après les Compositions de Henri Caruchet. Il a été tiré page à page par A. Maire, imprimeur-taille-doucier à Paris sur papier in-folio spécialement fabriqué en Hollande. Le texte de l'ouvrage a été calligraphié par Antoine Barbier et reporté sur cuivre à l'eau-forte. Les pages décoratives ont été successivement aquarellées à la main. Le tout, d'après la conception et sous la direction de l'Auteur-Editeur Octave Uzanne fondateur des Bibliophiles indépendants.

Ce superbe ouvrage magnifiquement illustré par Henri Caruchet dans le plus pur style Art Nouveau et Symboliste, sous la direction d'Octave Uzanne. C'est-à-dire qu'Octave Uzanne a donné le plan et l'idée de chaque page historiée. On y retrouve d'ailleurs Octave Uzanne métamorphosé en faune, comme il aimait à se voir représenté.



Cet exemplaire unique contient en outre 36 tirages d'essais où l'on peut voir la manière de faire d'Octave Uzanne. Citons pour exemple qu'il demande de refaire l'illustration de la page 9 où il baise la main de son amoureuse (il raye rageusement le tirage fait et note "à refaire"). On trouve dans cette suite d'essais plusieurs essais de coloris et d'aciérage également, des avant-lettre, parfois sur un papier différent (papier de cuve également).



Ce court récit autobiographique a été publié une première fois en 1880 dans le volume intitulé Le Calendrier de Vénus. Sous le même titre Voyage autour de sa chambre, Octave Uzanne nous conte cette histoire malheureuse. Qu’est-ce que ce Voyage autour de sa chambre ? Comme l’indique tout à fait explicitement le sous-titre donné par Octave Uzanne en 1880 : Réminiscence. Du latin reminisci (se souvenir) et de menimi (avoir présent à l'esprit). Le narrateur (Octave Uzanne) se souvient de ses premières amours de dix-huit ans. Mais pas n’importe quels amours, un amour unique, celui d’une seule femme, disparue dans la fleur de l’âge, certainement de la tuberculose : « (…) mignardes hantises de mes dix-huit ans » écrit-il. Ce texte est une complainte à l’amour perdu : « Une ancienne chanson d'amour voltige dans la solitude ; dans ce nid charmant où l'on était si bien à deux, il ne reste que des rêves de volupté indécise et la sarabande enlaçante, mystérieuse et sinistre des souvenirs, ces revenants de l'âme qu'on évoque, qu'on chasse et qu'on appelle encore. » C’est un récit charnel où il évoque les « caresses friponnes d'autrefois ». Cet amour était mortel et mortifère : « quand je jetai mon cœur dans ton âme avec la furie des désirs qui se cabrent et l'impétuosité des prurits cuisants, quand je m'agenouillai pour la prime fois devant ta beauté absorbante, quand nos lèvres allangouries se donnèrent la becquée divine, alors, j'aurais dû cesser de vivre ; j'étais Dieu dans la Création ! » Qui pouvait bien être cette « blonde » aux « longues tresses blondes dont parfois dans sa nudité, elle se faisait un manteau d'or. » ? Nous ne le saurons sans doute jamais. Quelle est la part du rêve et de la réalité ? Le narrateur (Octave Uzanne) a aimé ! aimé à perdre la raison, dans ses premières années de virilité et a refusé d'aimer ensuite. Il l'explique en détail. Mais « la mort, en surprenant la pauvrette, a fauché mon âme avec la sienne » écrit-il. « O la seule amante aimée, je reviens chaque jour faire ce tendre voyage autour de ta chambre ». Un récit d'une grande sensibilité pour qui est attaché aux affaires du corps et du cœur.

Cet exemplaire unique, ayant été relié pour le libraire-éditeur Henry Floury en 1909 par Canape, montre les liens étroits qu'Octave Uzanne tissait aussi bien avec ses illustrateurs qu'avec ses éditeurs. On trouve dans la suite reliée à la fin du volume un tirage annoté et signé par Henri Caruchet (tirage non retenu). Partout on sent l'influence sévère d'Octave Uzanne qui voulait faire de ce livre un maître-livre. Sans doute celui qui lui tenait le plus à cœur de réussir.

Provenance : de la bibliothèque Henry Flouy, relié pour lui ; de la bibliothèque Bertrand Hugonnard-Roche (avec son monogramme à l'encre au verso de la garde, daté 2017).

Nous avons republié ce texte ICI : http://www.octaveuzanne.com/2013/01/voyage-autour-de-sa-chambre-1880-1896.html

SUPERBE EXEMPLAIRE UNIQUE FINEMENT RELIÉ A L'ÉPOQUE DE CE MAGNIFIQUE OUVRAGE.

VENDU
















jeudi 5 octobre 2017

Octave Uzanne. Mathieu de Montreuil. Poésies (1878). Un des 15 exemplaires sur papier de Chine offert par l'auteur-éditeur à l'imprimeur de l'ouvrage. Rare.


Octave UZANNE.

POÉSIES DE M. DE MONTREUIL. Augmentées de pièces inédites publiées avec préface et notes par Octave Uzanne.

Paris, Librairie des Bibliophiles (Damase Jouaust), 1878

1 volume in-12 (19,5 x 12 cm) de XXIV-147-(2) pages.  frontispice dessiné et gravé à l'eau-forte par Adolphe Lalauze et imprimé par A. Salmon. 1 vignette tirée à part. 1 portrait de Montreuil par Lalauze.

Cartonnage de l'époque pleine percale verte foncé, étiquette de titre au dos en long. Relié sur brochure, non rogné, sans les couvertures. Reliure signée PIERSON (relieur attitré d'Octave Uzanne à cette époque de sa vie). Très bon état. Quelques marques à la reliure, sans importance. Intérieur très frais. Papier de Chine ici exceptionnellement sans les rousseurs habituelles.


EDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 517 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 15 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE CHINE (les exemplaires ne comportent pas de numéros).

Il a été tiré 500 exemplaires sur Hollande, 15 exemplaires sur Chine et 2 exemplaires sur parchemin.


ENVOI AUTOGRAPHE D'OCTAVE UZANNE A L’ÉDITEUR-IMPRIMEUR DAMASE JOUAUST.

"A mon cher Éditeur et Ami D. Jouaust. Son affectionné. Octave Uzanne."

Provenance : Bibliothèque Damase Jouaust avec son ex libris gravé par J. Chauvet imprimé par Delâtre. Bibliothèque Bertrand Hugonnard-Roche (avec son monogramme BHR à l'encre sur une garde, daté 2012).


Ce volume a été achevé d'imprimer le 15 août 1878 pour Octave Uzanne par Damase Jouaust imprimeur rue Saint-Honoré à Paris. Il fait partie des petits poètes des Ruelles édités en quelques volumes annotés par Octave Uzanne et qui ont servi à établir sa réputation d'homme de lettres. Octave Uzanne est âgé d'à peine 27 ans au moment de cette publication.


Il ouvra se préface sur cette sentence hautement symbolique des écrits qui suivront : "Le commerce des femmes est, dit-on, la meilleure école de la politesse et des belles manières." Mathieu de Montreuil (1620-1691) était de ses poètes largement oubliés du Grand Siècle. Uzanne donne une courte biographie et une liste commentée des éditions dans lesquels on retrouve des poésies du poète. Il donne ensuite ce qu'on connaît d'épîtres, stances, madrigaux et autres sonnets. Montreuil était un précieux qui gravitait autour du cercle des précieuses, presque toujours ridicules à nos yeux. Il était abbé pour tous les avantages qu'on que cela donnait ... son style est galant et léger. Il ne pouvait que plaire au jeune Octave Uzanne.


TRÈS BON EXEMPLAIRE DU RARE TIRAGE SUR CHINE.

Prix : 280 euros