lundi 11 décembre 2017

Alfred de Musset. George Sand. Coupures de presse sur leurs amours (Le Gaulois, 1860). Exemplaire Jules Noilly, Octave Uzanne et Ch. Jolly-Bavoillot. Reliure demi-maroquin à coins de l'époque. Bel exemplaire.


[A. DE MUSSET].

[LES AMOURS D'UN POÈTE.] Idylle en quatre colonnes, etc. (titre donné par Octave Uzanne en mars 1894).

[Le Gaulois, 1860]

3 feuillets in-folio collés sur papier fort, montés sur onglets et pliés au format petit in-4 (22,5 x 17,5 cm).

Reliure demi-maroquin rouge janséniste à larges coins, tête dorée. Reliure non signée mais finement exécutée pour le bibliophile Jules Noilly. Quelques ombres et traces au maroquin. Bel exemplaire néanmoins.


Ouvrage vendu à la vente Octave Uzanne du 2 et 3 mars 1894 sous le numéro 319 avec ce commentaire du bibliophile : "Fragment du journal le Gaulois, n° du 12 février 1860, contenant un violent article dirigé contre Madame George Sand et Louise Colet. Les quatre colonnes du journal sont ainsi divisées : Lui et Elle. - Lui. - Elle et Lui. - Elles, Lui et Moi ; la première porte à la fin le nom de Paul de Musset, la seconde celui de L. Colet, la troisième celui de George Sand, et la quatrième celui de A. Delatouche. Cet article ayant occasionné de nombreuses protestations, le Gaulois publia en tête de son n° du 19 février une déclaration de M. Eugène Varner affirmant que A. Delatouche est un pseudonyme auquel il est complètement étranger et déclinant, tant en son nom personnel qu'au nom de plusieurs rédacteurs du journal, la responsabilité touchant le sens, les termes, la forme de cet article et surtout l'intention qui l'avait dicté. Cette déclaration forme le 3e feuillet de notre volume. 

Octave Uzanne précise enfin que ce recueil factice provient de la bibliothèque Noilly (18 mars 1886). Lors de la vente Octave Uzanne (3 et 4 mars 1894) ce volume a été adjugé 50 francs. Il est ensuite passé dans la bibliothèque du bibliophile américain francophile et francophone résidant à New-York Charles Jolly-Bavoillot.


Provenance : Jules Noilly (avec ex libris), Octave Uzanne (avec ex libris), Jolly-Bavoillot (avec ex libris (répété 2 fois), Bertrand Hugonnard-Roche (avec son monogramme BHR à l'encre et la date 2010).

Émouvant témoignage littéraire autour des amours tumultueuses entre George Sand et Alfred de Musset.

Prix : 800 euros


dimanche 10 décembre 2017

Bernard-Henri Gausseron. Bouquiniana (1901). 1 des 10 exemplaires sur Hollande. A relier. Rare.


Bernard-Henri GAUSSERON.

BOUQUINIANA. Notes et Notules d'un Bibliologue par B.-H. Gausseron.

Paris, H. Daragon, 1901

1 volume in-12 (19 x 12), broché de 109 pages. Exemplaire à relier, dos fendu, cahiers se débrochent. Couvertures présentes mais usagées. Intérieur frais.

Tirage à 365 exemplaires. Celui-ci 1 des 10 exemplaires sur papier de Hollande, numéroté T et signé par l'éditeur. Il a été tiré 10 exemplaires sur Japon, 5 exemplaires sur Chine, 10 exemplaires sur Hollande et 350 exemplaire sur alfa vergé.



Ce volume qui plaira aux amoureux des livres et des historiettes pour bibliophiles fait partie de la "Collection du Bibliophile Parisien" publiée par H. Daragon. Il a été achevé d'imprimer à Paris chez Pairault le 14 juin 1901.

Bernard-Henri Gausseron (1845-1913) fut un des principaux collaborateurs d'Octave Uzanne pour la revue Le Livre entre 1880 et 1889, puis pour Le Livre Moderne (1890-1891) et L'Art et l'idée (1892). Il collabora également à la nouvelle revue publiée par Albert Quantin Le Monde Moderne (1895-1900). Gausseron fut un communard actif (commissaire de police du quartier de la Sorbonne puis juge d'instruction attaché au parquet du procureur de la Commune), traduit devant le conseil de guerre et condamné par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il s'était réfugié en Belgique puis se rend à Londres. Il est gracié le 5 juin 1879 après avoir été professeur à Londres et marchand de livres anciens en Écosse. De retour en France, il est professeur au lycée Jeanson-de-Sailly, traduisant des ouvrages anglophones et rédigeant des manuels pédagogiques. Sa participation au Livre d'Uzanne et autres revues n'est quasiment jamais évoqué. On trouve pourtant un très grand nombre de compte-rendus d'ouvrages nouveaux sous sa signature B.-H. G. On y trouve d'ailleurs encore quelques sentiments proches de ses anciennes amours de communard. On peut dire qu'il fut le bras droit d'Octave Uzanne entre 1880 et 1892.



Exemplaire à relier du tirage rare à 10 exemplaires sur Hollande.

Prix : 140 euros

samedi 9 décembre 2017

Henri Pène du Bois. Octave Uzanne. Four Private Libraries of New-York. A contribution to the history of bibliophilism in America. 1892. 1/200 ex. sur Japon avec manuscrit de la traduction anglaise de la préface d'Octave Uzanne.


Henri PENE DU BOIS. Octave Uzanne.

FOUR PRIVATE LIBRARIES OF NEW-YORK. A contribution to the history of bibliophilism in America. First series. Preface by Octave Uzanne.

New-York, Duprat & Co., 1892

1 volume in-8 (23 x 15 cm), broché, de 119 pages. Illustrations et reproductions de reliures anciennes et modernes. 2 ex libris tirés sur les cuivres originaux (pour M. Charles Jolly Bavoillot par Giacomelli et M. George B. de Forest par Paul Avril). Exemplaire à relier, dos fendillé fragile avec petits manques de papier, les deux plats de couvertures sont en bon état. Intérieur parfaitement frais. Complet.




Tirage de tête sur papier du Japon à 200 exemplaires. Il a été tiré en outre 800 exemplaires sur papier de Hollande.




Le texte du volume est en langue anglaise tandis que la préface d'Octave Uzanne est en français.




Nous joignons au volume la traduction anglaise du texte d'Octave Uzanne (contemporaine de l'édition). L'auteur de cette traduction autographe n'a pas été identifié (6 pages in-12).



La reproduction chromolithographique en frontispice d'une reliure de Trautz-Bauzonnet est superbe. Le tirage des ex libris l'est tout autant. Le volume contient également un joli fac similé d'autographe de Victor Hugo à Alexandre Dumas (monté sur onglet).




"The author discusses the art of forming a library and pleads for perfection of the smallest details of collecting regardless of the subject, period or author concerned. Du Bois writes interestingly of the early bookmen, Caneveri, Masioli, Grolier, Spencer, Didot, and Brinley, to name a few.the text of this book-and one needs a reading knowledge of French to appreciate its fullness - offers more thought-provoking material to the bibliophile than any half dozen other titles in the field." (Webber, p. 62).



Beau tirage de tête sur papier du Japon de ce joli livre pour bibliophiles et bibliomanes.

Prix : 350 euros

vendredi 8 décembre 2017

Léo Larguier. Petites Histoires pour Bibliophiles. Frontispice de Roger Parry. 1944. 1 des 4 exemplaires de tête sur Simili Japon. Très bon état. Rare.


Léo LARGUIER.

PETITES HISTOIRES POUR BIBLIOPHILES. Frontispice de Roger Parry.

Editions Fournier, 1944

1 volume grand in-8 (25,3 x 16,9 cm), broché de 58-(1) pages. Frontispice en noir de Riger Parry (bibliophile au milieu de ses livres dans sa bibliothèque en train de lire tout en se faisant à manger). Vignette du même artiste sur la page de titre (chineur de livres dans les boîtes des bouquinistes sur les quais de Paris). Excellent état, proche du neuf.

Tirage à 1.105 exemplaires. Celui-ci, 1 des 4 exemplaires de tête sur Simili Japon.


Ce savoureux volume contient 8 historiettes sur le thème de la bibliophilie et de la bibliomanie : Bibliophiles et Bibliomanes - Les Notes effacées - La Boîte vide - La Trouvaille - Cuisine, Musique et Littérature - En flânant le long des quais - La Tombe - La Bibliothèque du cordonnier de village.


Léo Larguier (1878-1950) est issu d'une vieille famille de paysans huguenots des Cévennes. Venu à Paris vers l'âge de 20 ans, il ne poursuit pas ses études à Sciences-Politiques et devient un fidèle de Saint-Germain-des-Prés dont il devient l'historien. On lui doit de nombreux ouvrages. Il est élu à l'Académie Goncourt en 1936. 

Très rare tirage sur grand papier à 4 exemplaires seulement de ce savoureux recueil de textes pour bibliomanes-philes ...

Prix : 200 euros


jeudi 7 décembre 2017

Louis Morin. La Revue des Quat' Saisons. 1900-1901. 1 des 50 ex. de tête sur vélin de cuve avec suite sur Chine. Reliure demi-maroquin à coins de l'époque. Exemplaire Henri Lafond. Superbe ensemble.


Louis MORIN.

LA REVUE DES QUAT' SAISONS. 1900-1901.

Paris, Société d'éditions littéraires et artistiques, Librairie Paul Ollendorff, 1900

4 volumes grands in-12 (19,5 x 13 cm) de 320 pages (pagination continue pour l'ensemble), avec reliés in fine dans chaque volume la suite complète des fumés des illustrations tirés sur papier de Chine.



Reliure de l'époque demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs, relié sur brochure (non rogné). Les couvertures en couleurs sont toutes conservées en parfait état. La reliure a été exécutée sur un exemplaire broché qui était neuf. Jolies reliures très fraîches. A noter quelques très légères retouches à quelques coins (à peine visible). Intérieur parfait, sans aucune rousseur, y compris en ce qui concerne les suites sur papier de Chine.



Tirage de tête à 50 exemplaires sur papier vélin de cuve contenant une suite complète des fumés tirés sur Chine.

Bien complet de toutes les couvertures requises ainsi que du frontispice à l'eau-forte en couleurs livré aux abonnés (relié en tête du premier volume).



L'illustration est profuse, en noir dans le texte et en couleurs hors-texte. Avec 8 grandes planches dépliantes coloriées au pochoir, de très nombreuses vignettes tirées en noir ou en vert d'eau. 



Cette très jolie revue éphémère, qui ne dura qu'une seule année, de janvier 1900 à janvier 1901, est consacrée aux fêtes, aux bals (Quat'zarts, Internat, etc.), carnavals de Nice, etc. L'ensemble est richement illustré de 400 compositions par Louis Morin. Louis Morin (1855-1938) est un artiste connu pour ses caricatures et ses illustrations le plus souvent gaies et remplies d'humour. On peut par certains côtés rapprocher son trait satirique de celui d'Albert Robida ou d'Adolphe Willette, ses contemporains. Il fonde la Société des dessinateurs humoristes en 1904. Il illustra également quelques livres. Il avait son atelier parisien rue Lepic. Il fut l'un des grands illustrateurs du Montmartre 1900.

"Cette revue ne sera ni pessimiste, ni réaliste, ni grave, comme la plupart de ses consœurs. L’art n’est-il pas un jeu, le jeu des bons esprits, qu’il faut ranger au nombre des choses pas bien sérieuses dont parle Renan ? La fantaisiste revue des Quat-Saisons tâchera d’y jouer légèrement, pour le passe-temps des gens décidés d’y jouer légèrement, pour le passe-temps des gens décidés à lutter contre le spleen qui nous envahit,et à arrêter le moins possible leur pensée sur les misères de la vie laide que nous font les lois, les préjugés, les modes et le snobisme" (Louis Morin).

Référence : Carteret IV, 294.

Provenance : Ex libris gravé Henri Lafond (1894-1963) présent dans chaque volume. La bibliothèque Henri Lafond a a été dispersée (12 juin 2015) après plus de 50 années d'endormissement. Les exemplaires n'ayant pas bougé pendant cette longue période. Henri Lafond, banquier et homme d'affaires, proche de l'OAS, ennemi du Général de Gaulle dont il deviendra pourtant conseiller, a été assassiné le 6 mars 1963 en pleine rue non loin de son domicile de de trois balles de pistolet.



Très bel exemplaire du rare tirage de tête avec suite conservé dans une jolie reliure de l'époque.

Prix : 1.000 euros



mercredi 6 décembre 2017

Abbé Bossut. Cosson de la Cressonnière. De la Bonne Royne et d'un sien bon curé. Fabliau d'une bonne femme gauloise. Très rare opuscule publié en 1782 à l'occasion de la naissance du Dauphin, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Superbe exemplaire en maroquin décoré de l'époque.


[ABBÉ BOSSUT. COSSON DE LA CRESSONNIÈRE.]

DE LA BONNE ROYNE ET D'UN SIEN BON CURÉ. Fabliau d'une bonne femme gauloise, retrouvé et mis au jour par Mlle Cosson de la Cressonnière.

A Paris, de l'imprimerie de Didot l'aîné, 1782

1 volume in-16 (121 x 72 mm) de (3)-30-1 pages.

Reliure de l'époque plein maroquin vieux rouge, dos entièrement recouvert de faux caissons dorés, plats richement ornés d'un encadrement doré rocaille, fer doré au centre des plats, doublures et gardes de fine soie bleu ciel unie, tranches dorées. Reliure et intérieur en parfait état, à l'état proche du neuf.

Édition originale "très rare" selon toutes les bibliographies consultées.


Ce petit conte en prose a été fait à l'occasion de la naissance du Dauphin (né le 22 octobre 1781 et mort le 4 juin 1789 à l'âge de 7 ans et demi), fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, et dont l'auteur, selon la tradition, serait un certain Bossut, curé de Saint-Paul. "La cour reconnaissante fit passer à l'auteur une tabatière à gorge et à cercles d'or, ornée du portrait de la reine. La boîte renfermait ces deux vers : Vous rendez à la reine un si parfait hommage, que vous méritez bien d'en posséder l'image." (in Biographie Ardennaise ou Histoire des Ardennais qui se sont fait remarquer, pat Boulliot, p. 306, article "Cosson".

Volume achevé d'imprimer en février 1782.


Un exemplaire de cet opuscule relié en maroquin olive de Purgold (reliure du XIXe s.) est indiqué comme étant "de la plus grande rareté" au catalogue de la bibliothèque Pixérécourt (décembre 1838).

Références : Brunet, I-608, (éd. 1838) "Les exemplaires tirés à petit nombre sont devenus très rares" (Brunet cite l'exemplaire A. Martin en maroquin, 40 francs) ; Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, Supplément, n°7.962 ; Bibliothèque Renouard, vente 1854, n°1.861 "Extrêmement rare" (Renouard possédait un exemplaire en maroquin non rogné, il n'est pas précisé s'il s'agissait d'une reliure d'époque).


Provenance : Carlo de Poortere (ex libris).

Superbe exemplaire en maroquin décoré strictement de l'époque. Très certainement un exemplaire de présent, parvenu jusqu'à nous en parfaite condition.

Véritable bijou bibliophilique.

Prix : 3.000 euros


mardi 5 décembre 2017

Aline, Reine de Golconde, conte par le Chevalier de Boufflers (1887). Superbe édition bibliophilique pour les Amis des Livres, dirigée par Octave Uzanne. Reliure décorée à la dentelle dorée plein maroquin de Cuzin. Superbe.


Stanislas de BOUFFLERS (Chevalier)

ALINE, REINE DE GOLCONDE, CONTE par le Chevalier Stanislas de Boufflers.


A Paris, Gravé et imprimé pour la Société des Amis des Livres, 1887

1 volume petit in-4 (23 x 15,2 cm), (7)-IV-29-(2) pages, comprenant 1 faux-titre et justification du tirage (1 feuillet), 1 feuillet de titre gravé avec vignette (imprimé en bleu), 4 pages d'envoi imprimé orné de 2 belles vignettes à l'eau-forte en couleur, 29 pages de texte gravé orné de 1 bel en-tête et 1 belle lettrine à l'eau-forte en couleur, 11 vignettes dans le texte en noir, 1 page pour l'explication technique, 1 page d'achevé d'imprimer. 4 pages pour la liste des membres de la Société des Amis des Livres, in fine.

Reliure de l'époque plein maroquin bleu nuit ornée d'un encadrement en dentelle aux petits fers dorés sur chacun des plats, dos à nerfs très orné aux petits fers dorés, double-filet doré sur les coupes, large jeu de roulettes et filets dorés en encadrement intérieur des plats, doublures et doubles-gardes de papier peigne, toutes tranches dorées, les fragiles couvertures bleues imprimées conservées sont en très bon état. Etui bordé de maroquin. Très fine reliure signée CUZIN. Excellent état proche du neuf. Deux petites déchirures sans manque en bordure du deuxième plat de couverture et du feuillet de garde, in fine.

TIRAGE A 117 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

Celui-ci porte le n°53. Ils ont tous été imprimés sur papier de Hollande à la cuve. Il a été imprimé au nom d'un des 25 membres adjoints, M. Jolly Bavoillot, membre correspondant de la Société Les Amis des Livres et résidant à New-York, Etats-Unis d'Amériques. Les exemplaires 115bis et 115ter ont été affectés au dépôt légal. 



On lit à la fin : "Les Amis des Livres ont confié la Direction de cet ouvrage à leur collègue Octave Uzanne. Les compositions jointes au texte ont été dessinées par Albert Lynch. Les eaux-fortes au lavis gravées par E. Gaujean. Les lettres bâtardes du texte burinées par A. Leclère. Le volume a été achevé d'imprimer pour la Société des Amis des Livres le 25 octobre 1887 sur les presses en taille-douce de la Maison Quantin à Paris."

Ce petit livre est une merveille, un véritable joyau bibliophilique. Octave Uzanne a donc dirigé la mise en train de cette édition de grand luxe pour ses collègues des Amis des Livres. C'est le seul livre dont il dirigea l'exécution artistique pour cette société qui lui laissera le goût amer du trop rigide et du trop convenu. C'est peu de temps après la mise au jour de cette édition qu'il créera fin 1889 l'Académie des Beaux-Livres ou Bibliophiles contemporains.



Voici comment Octave Uzanne s'exprime au sujet de ce joli conte léger :


« On ne saurait se faire une idée exacte aujourd'hui de l'engouement qu'excita le délicieux conte d'Aline ; Grimm en parle avec enthousiasme. [...] Ce fut une fureur pendant plus de six mois ; d'innombrables copies d'Aline couraient de ruelle en ruelle, de salon en salon, de société en société ; on s'arrachait ces manuscrits, on ne parlait que du conte et de l'auteur. Boufflers eut une vogue qu'il n'avait point cherchée, mais qui n'en fut que plus retentissante et le mit de plain-pied dans le domaine de la galanterie. Toutes les femmes voulurent connaître l'heureux amant de la jolie laitière, cet écrivain simple et charmant qui avait su, par la fraîcheur et la jolie tournure de son style, exciter la curiosité d'un public blasé par les fadeurs de tant de petits romans. [...] » (extrait de la Notice sur la vie et les oeuvres de Boufflers, placée en tête des Poésies publiées par Octave Uzanne dans la collection des Petites Poètes du XVIIIe siècle (Paris, A. Quantin, 1886).



On voit donc que ce n'est pas un hasard si Octave Uzanne publie Aline pour les Amis des Livres fin 1887 alors qu'il s'était largement intéressé à l'auteur dès fin 1885 début 1886.

Ce conte en prose, galant voire légèrement licencieux, a été publié pour la première fois en 1761. Deux ans après Candide, un an après La Nouvelle Héloïse, Boufflers donne ce petit bijou littéraire qui fait fureur : cinq éditions paraissent avant la fin de l’année. Ce conte est une douce rêverie, une rêverie qui rassemble certaines idées bien répandues sur le bonheur. Un jour, dans une belle vallée, un adolescent de bonne famille (c’est le narrateur) rencontre une jeune paysanne qui porte un pot de lait à son village. Ce jour-là, ils découvrent l’amour et la volupté, mais le jeune homme quitte sa belle laitière, Aline, pour suivre la voix trompeuse de la gloire. Il retrouvera Aline à trois reprises. La première fois, à l’Opéra à Paris : elle est devenue une femme du monde. La deuxième fois, aux Indes : elle est la reine bienfaisante du royaume prospère de Golconde, connu pour ses diamants. La troisième fois, ils se retrouvent dans un désert au pied d’une montagne où le narrateur se retire, las de ses déboires. Ils sont vieux, elle n’est plus belle : « Nous étions autrefois jeunes et jolis, lui dit-elle, soyons sages à présent, nous serons plus heureux. » (informations extraites du site de Sue Carrell consacré à la correspondance échangée entre la comtesse de Sabran et le chevalier de Boufflers)



« Je tombai aux pieds de la divine Aline : nous nous aimâmes plus que jamais, et nous devînmes l’un pour l’autre notre univers. J’ai déjà passé ici plusieurs années délicieuses avec cette sage compagne ; j’ai laissé toutes mes folles passions et tous mes préjugés dans le monde que j’ai quitté ; mes bras sont devenus plus laborieux, mon esprit plus profond, mon cœur plus sensible. Aline m’a appris à trouver des charmes dans un léger travail, de douces réflexions et de tendres sentiments ; et ce n’est qu’à la fin de mes jours que j’ai commencé à vivre. » (extrait).

Provenance : Charles Jolly-Bavoillot (imprimé pour lui), sans son ex libris (sa bibliothèque a été vendue après son décès en 1896). Ex libris gravé Labouly.



Dès 1887 les exemplaires de ce livre ce sont arrachés à prix d'or. On le retrouve somptueusement relié dans les plus riches bibliothèques de la la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Au catalogue Morgand il est très coté (de 200 à 500 francs or selon la reliure - 1500 francs or (prix fou) pour un exemplaire en reliure décorée de Charles Meunier !).

SUPERBE EXEMPLAIRE EN MAROQUIN DE CUZIN.

Prix : 3.500 euros



mercredi 29 novembre 2017

Paul-Jean Toulet. Roger Chastel. La Jeune Fille Verte (1946). 1 des 30 exemplaires de tête avec suites. Bel exemplaire.


Paul Jean TOULET. Roger CHASTEL.

LA JEUNE FILLE VERTE. Illustré de quatorze lithographies de Roger Chastel.

A la voile latine, Monaco, 1946

1 volume in-folio (33,5 x 24,5 cm), en feuilles, de 243 pages. 14 lithographies hors-texte en noir. Couverture lithographiée en couleurs par l'artiste. Excellent état. Sans emboîtage.

Ce superbe ouvrage a été achevé d'imprimer le 15 novembre 1946 à Paris sur les presses de l'imprimerie E. Desfossés-Néogravure pour la typographie et Desjobert pour les lithographies.


Tirage à 300 exemplaires. Celui-ci 1 des 30 exemplaires de tête sur papier à la main du moulin des Clers, comportant une suite des 14 lithographies, plus 2 lithographies refusées, ainsi qu'une suite sur vélin pur fil vert Johannot.

La Jeune Fille Verte est le dernier roman de Paul-Jean Toulet, publié pour la première fois en 1920 chez Emile-Paul. C'est le récit d'une éducation sentimentale dans une petite ville du Béarn (Ribamourt). Autour de Sabine de Charite, la charmante, l'acide "jeune fille verte" et de Vitalis Paschal, séduisant clerc de notaire, se nouent et se dénouent les jeux de l'amour et de l'humour.


Superbe illustration de Roger Chastel, aux accents cubistes « l'expérience fondamentale de sa période de formation ». Deux années plus tard il illustrera magistralement Bestiaire de Paul Eluard. Roger Chastel est mort en 1981.


Bel exemplaire tel que paru du rare tirage de tête sur papier d'Auvergne, avec suites.

Prix : 600 euros


mardi 28 novembre 2017

Andréa de Nerciat. Paul-Emile Bécat. Le Doctorat impromptu. Eryx, 1946. Exemplaire hors-commerce avec suites. Bel illustré érotique.


ANDREA DE NERCIAT. Paul-Emile BECAT (illustrateur).

LE DOCTORAT IMPROMPTU. Illustrations de Paul-Emile Bécat.

Editions Eryx, Paris, 1946

1 volume in-4 (26,5 x 20,5 cm), en feuilles, de 101-(2) pages. 8 compositions hors-texte et 10 compositions in-texte mises en couleurs au pochoir. Couverture rempliée crème imprimée en rouge avec vignette. Emboîtage cartonné de l'éditeur (légèrement frotté). Livre à l'état proche du neuf. Avec suites (7 hors-texte + 8 hors-texte refusés x 2). (voir le détail ci-dessous).


Tirage à 695 exemplaires plus 50 exemplaires hors-commerce.


Celui-ci, 1 des 50 exemplaires hors-commerce imprimé sur vélin de Renage et accompagné d'une suite des 8 compositions refusées (en double, soit 16 gravures) et des 7/8 des compostions hors-texte standard. Le tout en coloris au pochoir. 2 gravures présentent de légères traces de plis visibles seulement au verso.



"Ce conte érotique tient en deux missives envoyées par Erosie à son amie restée au couvent : l’héroïne y raconte comment, au lieu de son futur époux, elle trouve dans l’auberge où ce dernier devait l’attendre un petit vicomte qui la guérit de sa haine des hommes, et quels obstacles à sa découverte du plaisir va dresser un abbé jaloux devenu maître chanteur. Le Doctorat impromptu est une leçon de sagesse amoureuse qui, dans le même mouvement, devient une invitation à l’appliquer – autrement dit c’est un livre de philosophie où le gai savoir de l’amour se réalise dans la simple description du plaisir de le faire. Andréa de Nerciat, auteur du Diable au corps, de Felicia ou Mes fredaines, est né à Dijon en 1739 et mort en 1801. Après de solides études, des voyages en Allemagne et en Italie, il se consacre assez tôt à une vie aventureuse faite de vagabondages littéraires – on lui prête aussi une carrière d’espion – et à son oeuvre personnelle." (Présentation de l'édition moderne Babel éditeurs, 2008).



Jolie édition "officiellement vendue" (qui n'est donc pas une édition clandestine) et délicatement illustrée par Paul-Emile Bécat. A noter que dans la suite des 8 compositions refusées le caractère très libre ne s'affirme que pour un seul dessin (voir photo ci-dessous).

Bel exemplaire du tirage hors-commerce avec suites des hors-texte en double (moins une gravure).

Prix : 500 euros



lundi 27 novembre 2017

Pierre Mac Orlan. A bord de l'Etoile Matutine (Histoires de pirates). Gravures originales de Pierre Leconte (1946). Bel exemplaire tel que paru.


Pierre MAC ORLAN. Pierre LECONTE (illustrateur).

A BORD DE L’ÉTOILE MATUTINE. Gravures originales de Pierre Leconte.

Paris, 1946

1 volume in-4 (29,5 x 23 cm), en feuilles, de 135 pages, avec 18 hors-texte en couleurs dont 1 sur double-page et 29 vignettes en couleurs tirées dans le texte (bandeaux et culs-de-lampe). Le titre est gravé et mis en couleurs également (encadrement). Soit 48 compositions gravées et mises en couleurs. Exemplaire à l'état proche du neuf, encore protégé par son papier cristal d'origine. Sans emboîtage.

Premier tirage des illustrations.

Tirage à 310 exemplaires plus quelques exemplaires d'artiste. Celui-ci, 1 des 270 exemplaires sur vélin d'Arches, accompagné d'une eau-forte en noir avec remarque (non annoncé). Il fait partie des 100 exemplaires réservés pour la Société de Bibliophiles "Beaux Livres, Grands Amis" et a été imprimé spécialement pour Maître Girardier (Paris, 1949).


Le volume a été achevé d'imprimé le 30 juin 1946 aux dépens de l'artiste. La typographie en Montaigne corps 14 a été imprimée par Fequet et Baudier. Les eaux-fortes ont été tirées sur les presses à bras de Roger Lacourière. Les coloris (pochoirs) exécutés par René Euffès.

Ce roman de Pierre Mac Orlan a été publié pour la première fois en 1920 chez G. Crès. L'ouvrage sera largement modifié et augmenté au cours des éditions suivantes (1927, 1934, etc.). Un épilogue resté inédit et écrit en 1955 sera même retrouvé à l'état de brouillon.


Début du XVIIIe siècle. Retiré à Londres, un vieil homme prend la plume afin de raconter les aventures de sa jeunesse, lorsqu'il écumait les mers des Caraïbes sous les ordres du redoutable pirate George Merry, capitaine de L'Étoile Matutine, en compagnie, entre autres, du chirurgien lettré Mac Graw, de l'ancien officier des gardes-françaises Marceau, et du galérien évadé Anselme Pitti. Après avoir évoqué son enfance misérable en Bretagne, le meurtre absurde d'une jeune fille qui le conduit à fuir à Brest, et son embarquement à bord de L’Étoile Matutine, grâce auquel, espère-t-il, il pourra « acheter la petite auberge où toutes les ressources de [sa] paisible imagination se réunissaient afin d'y réaliser le bonheur », le narrateur dépeint, en chapitres courts et dans un style lapidaire et détaché, les anecdotes qui émaillent l'existence précaire et dévoilent les tempéraments lunatiques des gentilshommes de fortune : une expédition dans le port de Veracruz ravagé par la peste, l'émotion suscitée par une miniature reproduisant un portrait de jeune fille, l'abandon de deux mutins sur une île déserte, la rencontre avec un matelot du vaisseau fantôme Le Hollandais volant, etc. À la suite d'une expédition organisée pour retrouver le légendaire trésor du Capitaine Flint, qui tourne au fiasco, à la fois tragique et bouffon, le narrateur et Mac Graw se décident à bénéficier de l'amnistie proposée aux pirates faisant leur reddition par le roi Georges II, nouvellement couronné, tandis que George Merry poursuit sur la mer le chemin qui le mènera au gibet de Savannah, où il sera pendu dans son bel habit rouge.


Placé sous le double patronage de Marcel Schwob (la fin de George Merry est une réminiscence directe de celle du Capitaine Kidd dans les Vies imaginaires), auquel Mac Orlan rend hommage dans la postface de son roman, et de Robert Louis Stevenson (George Merry est le nom de l'un des compagnons de Long John Silver dans L'Île au trésor, où il était déjà à la recherche du trésor de Flint), À bord de L’Étoile Matutine s'inscrit dans la lignée des romans d'aventures maritimes de Pierre Mac Orlan, et dans la même veine pessimiste que, notamment, L'Ancre de Miséricorde. Cette "Île au trésor sans trésor, sans perroquet et sans espoir", pour reprendre l'heureuse formule de Francis Lacassin, prend bien soin de ne pas sacrifier aux passages obligés du roman d'aventures maritimes : on n'y trouve ni tempêtes, ni abordage, ni rien de ce qui constitue le pittoresque habituel aux histoires de pirates. En particulier, tout héroïsme est gommé : les gentilshommes de fortune sont réduits à n'être plus que ce qu'ils étaient en réalité : « des assassins qui ne respectaient aucune autorité régulière. Cruels et naïfs, ils étaient superstitieux et ne juraient que sur la Bible », comme l'explique Mac Orlan dans la postface du roman. (source Wikipédia).


Bel exemplaire, tel que paru de ce très beau livre illustré sur l'univers de la piraterie.

Prix : 300 euros