mardi 28 février 2017

Chef d'oeuvre de la littérature du XVIIe siècle : Les Contes et Nouvelles en vers de Monsieur de La Fontaine (1685). Exemplaire de premier tirage. Vignettes de Romain de Hooghe. Exemplaire relié plein parchemin à l'imitation des reliures hollandaises de l'époque. Bel exemplaire avec "particularité". Très rare.

LA FONTAINE (Jean de) - DE HOOGHE (Romain), illustrateur

CONTES ET NOUVELLES EN VERS DE MONSIEUR DE LA FONTAINE. Nouvelle édition enrichie de tailles-douces.

A Amsterdam, Chez Henry Desbordes, 1685

2 tomes in-12 reliés en 1 volume (16 x 11 cm - Hauteur des marge : 158 mm) de 9 feuillets non chiffrés (frontispice, titre, avertissement, préface et table) suivis de 236 pages chiffrées pour le tome premier ; 4 feuillets non chiffrés (titre et préface) suivis de 216 pages chiffrées. 57 vignettes à l'eau-forte environ 85 x 70 mm par Romain de Hooghe.

Reliure plein parchemin souple à l'imitation des reliures hollandaises de l'époque, coutures apparentes, lacets, titrage à l'encre au dos, tranches dorées. Exemplaire non lavé. Quelques légères salissures et taches claires à quelques feuillets, sans gravité aucune. Superbe tirage des eaux-fortes, très nettes et contrastées.

PREMIÈRE ET UNIQUE ÉDITION ILLUSTRÉE PARUE DU VIVANT DE L'AUTEUR.

EXEMPLAIRE DE PREMIER TIRAGE.

EXEMPLAIRE D'UN TIRAGE NON MENTIONNÉ PAR LES BIBLIOGRAPHES DANS LEQUEL LA VIGNETTE POUR LA MANDRAGORE A ÉTÉ OUBLIÉE LORS DE L'IMPRESSION. (*)



Il a été à peu près tout écrit et n'importe quoi par les bibliographes sur cette édition illustrée des contes érotiques de La Fontaine. Encore aujourd'hui les libraires même s'embrouillent dans les remarques de premier tirage.

Ce qu'il faut retenir c'est que le tout premier tirage de cette jolie édition, dont les illustrations sont sans l'ombre d'un doute bien plus proches de l'idée originelle qu'on peut se faire des Contes licencieux que l'illustration précieuse et costumée de l'édition dite des Fermiers Généraux parue au milieu du siècle suivant (1762), se distingue avant tout par un encrage et une netteté des cuivres sans égal comparé aux deux autres tirages successifs qui en ont été fait la même année. Dans notre exemplaire la vignette pour Le villageois qui cherche son veau est intacte et parfaitement tirée (les exemplaires de second et troisième tirage se distinguent par une cassure du cuivre qui apparaît dans l'angle supérieur droit).
Notre exemplaire a cette particularité, semble t-il très rare au vu des exemplaires consultés ou passés en vente ces deux cents dernières années, d'avoir la gravure pour le conte La Mandragore qui fait défaut : elle a tout simplement été oubliée lors du passage sous presse (typographe aviné ? endormi ?). Il y un blanc à la place, sans trace de foulage (le cuivre n'a pas été oublié d'être encré, mais il a été tout bonnement oublié d'être mis en place lors de la mise en page du cadre par le pressier). Nous n'avons relevé aucun autre exemplaire de cette sorte à ce jour. De ce fait notre exemplaire ne contient que 57 vignettes au lieu des 58 normalement présentes. S'agit-il d'un signe de tout premier tirage ? S'agit-il d'une erreur rapidement corrigée par le pressier et qui n'a donné lieu qu'à l'émission de quelques exemplaires seulement ? Nous ne savons pas. Il n'y a aucune référence à cette particularité dans les bibliographies consultées.
Cette très jolie édition, quoi qu'en dise le vieux Brunet aujourd'hui devenu bien myope niveau bibliophilie, contient 29 contes dans chaque tome. Presque tous sont inspirés et réécrits de l'italien de Boccace. Les premiers contes ont paru pour la première fois en 1665 puis furent complétés en 1674. Assumés lors des premières éditions, La Fontaine, gravement malade et voyant la mort approcher, désavoua, en 1692, l'ensemble de ses écrits licencieux et libertins publiés dans les Contes et Nouvelles. La mort n'effrayant que les vivants, il mourut finalement très pieux et très chrétiennement en 1695.

L'illustration de Romain de Hooghe est désignée par Otto Benesh comme « one of the greatest illustrations of all times » (The Art of the Renaissance in Northern Europe, 1945). Certaines scènes d'intérieur, aussi chargées que vivantes, ne sont pas sans faire penser aux peintres flamands du XVIe siècle tels Pieter Brueghel l'Ancien. D'autres sont charmantes par la naïveté du trait de la gravure, mais la composition des scènes est toujours recherchée et proche du texte.

A noter (nous ne l'avons lu nulle part), que ce tirage possède la page 175 du tome deuxième mal chiffrée 171.

Références : On trouve des exemplaires en maroquin du XVIIIe siècle de premier tirage catalogués entre 20.000 et 40.000 euros. On trouve des exemplaires en maroquin du XIXe siècle (lavés) entre 4.000 et 8.000 euros. Cette édition est trop connue pour citer ici la ribambelle de catalogues et manuels dans lesquels elle est décrite (souvent de manière erronée d'ailleurs).

TRÈS BEL EXEMPLAIRE DE PREMIER TIRAGE AVEC PARTICULARITÉ (*) ET GRAND DE MARGES.

Prix : 4.000 euros

mercredi 15 février 2017

Fécondité par Emile Zola (1899). Edition originale. 1 des 50 exemplaires sur Japon. Bel exemplaire broché, tel que paru, non coupé. Rare. " [...] tous les égouts de la grande ville roulaient des petits cadavres. [...]".


ZOLA (Emile)

FÉCONDITÉ. LES QUATRE ÉVANGILES.

Paris, Librairie Charpentier et Fasquelle, 1899

2 volumes in-18 réimposés in-8 (24 x 17,5 cm), brochés, couverture papier décoré imprimée en rouge, exemplaire à l'état proche du neuf, entièrement non coupé (jamais lu).

ÉDITION ORIGINALE.

CELUI-CI, 1 DES 50 EXEMPLAIRES SUR JAPON.


Il a été tiré en outre 250 exemplaires sur papier de Hollande.

Les Quatre Évangiles est le dernier cycle romanesque conçu par Émile Zola de 1898 à sa mort en 1902. Il est inachevé puisque seuls les trois premiers romans de la série, Fécondité, Travail et Vérité ont été publiés. Justice, le dernier projet du romancier, n'a été qu'ébauché.

Fécondité, le premier opus du nouveau cycle, est un roman dans lequel Zola expose ses thèses natalistes. Zola avait exposé ses thèses natalistes dans un article en 1896. Il y évoquait le projet d'un roman sur ce thème, provisoirement intitulé Le Déchet dans lequel il se proposait de s'élever contre la limitation volontaire des naissances qui provoquait selon lui « une tragédie morale et sociale ». La natalité était en effet à la veille de la Revanche, une problématique nationale. Le roman est basé sur une opposition stricte et rigoureuse entre le couple Froment et leur douze enfants, incarnant le bonheur, et ceux qui se limitent volontairement à une petite progéniture, voire ceux qui la refusent totalement. À ceux-là, la déchéance sociale et les malheurs de la vie. Il expose toute une série de problématiques liées à la dénatalité comme l'abandon des enfants et leur traitement par l'Assistance publique, la contraception, l'avortement, l'infanticide, qu'il met en scène dans des épisodes mélodramatiques. Le roman est publié en feuilleton dans L'Aurore de mai à octobre 1899, puis en volume le 12 octobre chez Fasquelle, en pleine tempête issue du nouvel épisode de l'affaire Dreyfus après la nouvelle condamnation du capitaine. C'est la valeur morale de l'œuvre qui est remarquée, plus que ses qualités littéraires, bien que fortement critiqué par la droite nationaliste. Le livre fut remarqué par Sigmund Freud, qui le rangea parmi les dix ouvrages les plus intéressants qu'il ait lus. (source : Wikipédia).

"Le dernier degré de l’horreur était franchi, il ne pouvait descendre plus bas. C’était bien l’enfer suprême de la maternité. Il se rappelait ce qu’il avait vu chez Mme Bourdieu, la maternité coupable et clandestine, les servantes séduites, les épouses adultères, les filles incestueuses venant accoucher en secret, sans nom, de tristes êtres ignorés qui tombaient à l’inconnu. Puis ici, chez la Bouche, c’était le crime hypocrite, le fœtus étouffé avant d’être, ne naissant que mort, ou par la violence expulsé, encore incomplet, expirant au premier souffle d’air. Puis, ailleurs, partout, c’était l’infanticide, le meurtre avoué, l’enfant né viable étranglé, coupé en morceaux parfois, plié dans un journal, oublié sous une porte. Le chiffre des mariages n’avait pas décru, la natalité avait baissé d’un quart, et tous les égouts de la grande ville roulaient des petits cadavres. Dans ces bas-fonds de la déchéance humaine, il sentait maintenant l’obscure infamie, le vent de tant de drames, de tant d’assassinats cachés, lui passer sur la face. Et l’épouvante, c’était que cette femme, cette basse et lâche assassine parlait haut, semblait convaincue de sa mission, lui disait des vérités qui le bouleversaient. La maternité ne tombait à cette folie meurtrière que par l’abomination sociale, la perversion de l’amour, l’iniquité des lois. On salissait le divin désir, la flamme immortelle de la vie, et il n’était plus que le rut qui engrosse au hasard les femelles qui passent. Le tressaillement des mères, au premier coup de l’enfant, devenait un frisson de terreur, la crainte de mettre au jour le fruit redouté d’un malentendu, le besoin de le détruire dans son germe, comme une herbe mauvaise dont on ne veut pas. Un cri d’égoïsme montait, plus d’enfant, rien qui vienne détruire les calculs d’argent ou d’ambition ! Mort à la vie de demain, pourvu que la jouissance d’aujourd’hui soit ! Toute la société agonisante le poussait, ce cri sacrilège, qui annonçait la fin prochaine de la nation." (extrait du chapitre V).

BEL EXEMPLAIRE TEL QUE PARU DU RARE TIRAGE SUR JAPON.

Prix : 1.200 euros


mardi 14 février 2017

Histoire hospitalière au XVIIIe siècle : Statuts et règlements généraux de l'Hôpital Général de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône et Grand Hôtel-Dieu de la ville de Lyon. Bel exemplaire.


COLLECTIF

STATUTS ET RÈGLEMENTS GÉNÉRAUX DE L’HÔPITAL GÉNÉRAL DE NOTRE-DAME DE PITIÉ DU PONT DU RHÔNE ET GRAND HOTEL-DIEU DE LA VILLE DE LYON.

A Lyon, De l'imprimerie d'Aimé Delaroche, imprimeur-libraire ordinaire de M. le Duc de Villeroy, de la ville, de l'hôpital et grand hôtel-dieu de Lyon, 1757

1 volume in-4 (23 x 18 cm) de (8)-222 pages.

Reliure de l'époque pleine basane fauve, dos à nerfs orné, tranches rouges. Très bon état malgré des coins légèrement usés et quelques légères éraflures sur les plats. Reliure solide et très décorative. Intérieur frais avec quelques rousseurs à quelques feuillets seulement.

ÉDITION ORIGINALE.

Cet ouvrage contient entre autres choses les textes de fondation et d'institution de l'Hôpital général Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône et du Grand Hôtel-Dieu de Lyon, le détail des différentes fonctions administratives du premier recteur, du recteur avocat, du recteur exconsul, du recteur trésorier, etc. Il est question de l'administration des médecins, chirurgiens, sœurs, domestiques, du soin des incurables, du portier, du sommelier, des fonctions de cuisinière, de la boulangerie, etc. On trouve à la fin les différentes lettres patentes qui servent de preuves.

BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 450 euros

La Grande Marnière par Georges Ohnet (1885). Edition originale. 1 des 150 exemplaires sur Hollande. Belle reliure signée L. Guétant. "Ceux qui ne sont pas heureux sont facilement injustes" (G. Ohnet, La Grande Marnière).


OHNET (Georges)

LA GRANDE MARNIÈRE [LES BATAILLES DE LA VIE], par Georges Ohnet.

Paris, Paul Ollendorff, 1885 [imprimerie Georges Chamerot].

1 volume in-18 (19,3 x 14 cm) de (4)-454 pages.

Reliure de l'époque demi-maroquin havane à larges coins, dos à nerfs richement orné, double-filet doré sur les plats, tête dorée, non rogné, les deux plats de couvertures sont conservés en excellent état. Reliure signée L. GUÉTANT. Pages contiguës aux couvertures jaunes uniformément brunies par l'acidité du papier, comme toujours (recto du faux-titre et verso du dernier feuillet blanc).

ÉDITION ORIGINALE.

CELUI-CI, 1 DES 150 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE.

Il a été tiré en outre 5 exemplaires sur Japon.

Le jeune Pascal Caravajan, avocat de talent, rentre dans sa ville natale après plusieurs années d'absence. Egaré, il demande sa route à une charmante amazone. La jeune fille le renseigne et l'accompagne pendant une demi-heure, au cours de laquelle Pascal tombe sous son charme. Au moment de la quitter, il lui demande son nom. Malheur ! Elle se révèle être Mlle de Clairefond, la fille de l'ennemi juré de son père. De retour chez lui, le jeune homme se rend compte que la brouille est loin d'être apaisée; au contraire, son père fomente de sombres complots... Comment évoluera cette querelle ? De quel côté se rangera Pascal quand le malheur frappera de plein fouet la famille de Clairefond ? (Babelio).



"Ceux qui ne sont pas heureux sont facilement injustes" (La Grande Marnière).

Georges Ohnet (1848-1918) tout d'abord journaliste et auteur de théâtre, c'est en écrivant la saga "Les batailles de la vie" qu'il rencontra le succès. Le maître de forges et La grande Marnière sont parmi les plus connus et furent tirés à très grand nombre. Ont dit de lui qu'il fut en quelque sorte un Anti-Zola par la forme et les thématiques. Ohnet fut l'historiographe de la bourgeoisie française et de l'aristocratie quand Zola décrivait les mineurs de fond et les filles de rien. Les critiques lui ont reproché des longueurs dans les descriptions qu'il fait (on pourrait faire la même chose à Zola) et quelques platitudes. Jules Lemaître s'exprime ainsi à son sujet : "Les quelques qualités de ces romans, étant purement scéniques, échappent à la lecture. On y trouve, en revanche, l'élégance des chromolithographies, la noblesse des sujets de pendule, les effets de cuisse des cabotins, l'optimisme des nigauds, le sentimentalisme des romances, la distinction comme la conçoivent les filles de concierge, la haute vie comme la rêve Emma Bovary, le beau style comme le comprend M. Homais. C'est du Feuillet sans grâce ni délicatesse, du Cherbuliez sans esprit ni philosophie, du Theuriet sans poésie ni franchise : de la triple essence de banalité." (Les Contemporains. Études et portraits littéraires, première série, Paris, librairie H. Lecène et H. Oudin, 1886, p. 354.). On sait ce qu'il reste de l'oeuvre de Jules Lemaître ...

La Grande Marnière a été porté à l'écran au cinéma en 1943 (après une première version muette en 1912).

Référence : Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, VI, col. 260.

BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 550 euros

lundi 13 février 2017

Histoire de Condé-sur-Escaut par Emmanuel duc de Croÿ (1783). Superbe copie manuscrite reliée plein maroquin de l'époque. Mémoires et Pièces, Manuscrit du Père Broudehou sur la seigneurie de Condé.


CROY (Emmanuel de, Duc de)

[MANUSCRIT] L'HISTOIRE DE CONDÉ SUR ESCAUT.

[Condé-sur-Escaut], 1783

1 volume in-folio (31,5 x 20,5 cm) de 1 feuillet de titre, 1 feuillet de table (2 pages), 3 feuillets de préface, 517 pages et 3 feuillets blancs. Texte sur une ou deux colonnes.

Reliure plein maroquin de l'époque, dos lisse richement orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin vert, large encadrement au petit fer sur les plats, tranches dorées, doublures et gardes de papier bleu à la colle, roulette dorée sur les coupes et en encadrement intérieur des plats. Bel exemplaire très frais, entièrement manuscrit d'une belle écriture bien lisible. Reliure très bien conservée, légers frottements, coins émoussés. Belle reliure solide et décorative.

IMPORTANT MANUSCRIT HISTORIQUE SUR LA VILLE DE CONDÉ-SUR-ESCAUT.


Cet imposant volume contient, au Premier Livre, une Préface du Maréchal Duc de Croÿ ; des observations sur l'origine du nom de Condé, par le même ; la liste de cinquante endroits qui portent ce nom ; les livres à consulter ; extraits du livre de Broudehou, résumé sur les premières origines ; les recherches importantes par le Maréchal Duc de Croÿ sur les bourguignons, l'histoire de la seigneurie du château, la liste généalogique des possesseurs de la seigneurie du château, extrait de quelques articles de Deguise et de Miroeus, histoire de la seigneurie de Bailleul, la liste généalogique des possesseurs de la seigneurie de Bailleul, différentes remarques sur les possesseurs, deux questions sur l'origine des deux seigneuries, le tableau des possesseurs, des remarques sur la première maison et famille de Condé, détail des possesseurs de la maison de Chatillon, Détail des possesseurs de la maison de Bourbon. Au deuxième livre on trouve : le manuscrit précieux de Broudehou sur les seigneurs de la seigneurie de Bailleul, un extrait pour l'origine de la chapelle St Georges du château actuel, etc ; Condé et ses environs, son histoire, les terres, les chemins, routes et travaux, etc. Au troisième livre on trouve le livre de Broudehou (pp. 223 à la fin).

Ce manuscrit est doté d'un double intérêt historique et bibliographique. On y trouve d'importantes recherches effectuées de longue date par Emmanuel Duc de Croÿ ici recopiées et mises en ordre ; on y trouve aussi le texte rare du Père Broudehou.


Nous donnons ci-dessous l'intégralité de la Préface du Duc de Croÿ qui explique bien la démarche de ce seigneur de Condé-sur-Escaut :

"Préface du Maréchal duc de Croÿ en mars 1775. Cet ouvrage-ci, m'a donné bien de la peine et du travail (on peut croire combien il faut de travail pour rassembler tant de dates ; celle d'une année, est bientôt lue, mais il a fallu souvent bien des recherches pour la trouver.). J'ai commencé ces recherches en 1737. Je les ai reprises en 1749. Ayant sans cesse été occupé par les guerres et le service : et enfin en cette année 1775, ayant eu le bonheur de passer un hiver tranquille à Condé, je l'ai repris et terminé. On n'avait de connaissance que par quelques livres, et on ignorait les choses précieuses qu'on possédait d'ailleurs. J'eu le bonheur de trouver à la secrétairerie l'excellent manuscrit que mon père avait fait copier en 1717. Il est le seul, et on n'en connait plus l'original : comme le nom n'y était pas, on ne savait de qui il était, enfin à force de recherches, il est reconnu qu'il est du savant Broudehou et je viens d'avoir le bonheur de retrouver de lui dans mes papiers, le mémoire sur les seigneurs de Bailleul où il est dit page 126 qu'il écrivait le 31 décembre 1651 et où on voit page 122 qu'il renvoie au livre qu'il a traduit du livre rouge. Ce qu'il appelle traduction, est ce beau manuscrit traduit du livre rouge, mais bien supérieur par le bel ordre qu'il y a mis et les pièces et recherches qu'il y a ajoutée. Voyez ce que j'en dis à la première page du troisième livre du présent livre. J'ai retrouvé aussi beaucoup d'autres mémoires et extraits que j'avais faits et ceux qu'on m'avait donné de tous les auteurs. Premier livre : Je place d'abord mes remarques sur l'origine du nom de Condé et donne la liste de cinquante endroits en France qui portent ce nom. Je donne ensuite l'extrait que j'ai fait du bon manuscrit de Broudehou, qui est tout ce qu'il y a de mieux sur les antiquités, vérifiées sur titres et pour les épitaphes, l'église, les chapelles et tout ce qui regarde cette partie où j'ai continué quelques objets. On trouve après, mon savant résumé sur les premières origines, morceau qui a été bien étudié ainsi que mon mémoire sur les bourguignons et Gérard de Roussillon. Ensuite l'histoire abrégée des antiquités et la liste des seigneurs de la seigneurie du château tirée des annales du Haynaut, qui a été tirée des premières recherches de Deguise qui est le premier qui a débrouillé cela et qui a bien travaillé comme j'ai vu par le rapport avec le livre rouge et avec tous les anciens titres et qui écrivait dès 1446. Je donne ensuite mon mémoire intitulé liste des seigneurs de Condé dits propriétaires ou de Bailleul, que j'ai fait avec soin sur les meilleures pièces, et la liste tirée des annales du Haynaut qui s'accorde bien avec le reste. A la fin, de curieuses recherches qui éclaircissent les origines, et un tableau précis et éclairé des possesseurs des deux seigneuries que j'ai fait avec soin. Cela peut être regardé comme le Ier Livre ou Première partie. Deuxième livre : Le second livre, est le recueil des pièces et mémoires que j'ai retrouvé, savoir, ce beau mémoire de Broudehou intitulé Généalogie des Seigneurs dits vulgairement de Bailleul. Un extrait des entretiens des morts. L'extrait de ce qui est dans les trophées de Brabant de Butkens. Les extraits que m'a donné l'habile M. Godefroy en 1750 qui contiennent les recherches des plus savants auteurs. La copie de ce qui est dans les Délices des Pays-Bas et mes notes à la fin. Le mémoire que je fis en 1737 avec l'habile M. Cordier le père, qui donne la suite plus détaillée, et sur nos titres des deux seigneuries, tiré en partie aussi des savantes recherches de M. Mahy en 1710. On y trouve la suite et date de tous les reliefs et nous avons la dessus des titres suivis depuis 1346 que j'ai scité en leur lieu. Je place ensuite mon mémoire et mes recherches sur les deux châteaux de Condé, objet que j'ai cherché à bien débrouiller, éclaircir et qu'on confondait, et le détail pour celui que nous habitons. Ensuite, mon mémoire et recherches sur ce qui regarde l'origine de Condé comme ville. Celui sur les fortifications et sièges, ses inondations et le plan ancien et curieux de 1562. Le contenu de l'inventaire des titres qui contient toutes les terres qui font masse avec Condé et dates de leur entrée. Enfin, mon mémoire sur les chemins, les routes et travaux. Troisième livre : Et le troisième livre ou 3ème partie, est le livre même de Broudehou."

Ce précieux manuscrit a été copié par un certain Bourla en 1783 pour le duc Emmanuel de Croÿ (mention en première page de titre).


Emmanuel de Croÿ (1718-1784) est le fils unique de Philippe-Alexandre-Emmanuel de Croÿ (1676-1723), prince de Solre et de Mœurs, et de Marie-Marguerite-Louise (1681-1768), comtesse von Millendonk. Il naît le 23 juin 1718 à Condé-sur-l'Escaut. Il est en naissant prince du Saint-Empire. Le prince de Solre entre aux mousquetaires à l'âge de dix-huit ans, en 1736. Il reçoit en 1738 le commandement du régiment Royal-Roussillon, et fait sa première campagne à l'armée rassemblée en Westphalie en 1741. Il est au siège et à la prise de Prague, et assiste en 1743, sur le banc des princes de l'Empire, à l'élection et au couronnement de l'empereur Charles VII. Il se trouve la même année à la bataille de Dettingen, et sert en Flandre, sous les ordres du roi, depuis l'année 1744 jusqu'au siège de Maastricht (1748). Il avait été fait brigadier en 1745, et est promu après ce siège, en 1748, au grade de maréchal de camp. Après l'attentat de Robert-François Damiens en janvier 1757, il est envoyé en Artois pour y enquêter et reconstituer l'itinéraire de l'assassin. Ses rapports figurent en tête des Pièces originales du procès fait à Robert-François Damiens, publié par Simon quelques semaines après le supplice de Damiens. Chevalier des Ordres du roi et lieutenant général des armées du roi en 1759, il fait en Allemagne les campagnes de 1760 et 1761. Élevé à la dignité de maréchal de France le 13 juin 1783, il meurt à Paris le 30 août 1784, à l'âge de soixante-six ans. Il a publié des Mémoires sur le passage par le Nord en 1782 et a laissé surtout un Journal relatant les événements de 1737 à 1773. Il laisse également plusieurs manuscrits.

Broudehou était secrétaire du chapitre de Condé-sur-Escaut en 1616, doyen en 1640. Il est mort en 1659. Il a laissé en manuscrit : Direction de la ville de Condé et de l'église d'icelle, dont la copie fut commandée par Alexandre de Croÿ, père d'Emmanuel de Croÿ. Emmanuel de Croÿ indique que le manuscrit original du Père Broudehou a a été perdu après avoir été prêté à Douai vers 1755 (note de 1775).

Compte tenu de la luxueuse reliure de maroquin qui recouvre notre manuscrit, nous pensons qu'il doit s'agir soit d'une copie à usage privé pour le duc de Croÿ lui-même ou bien un exemplaire de présent destiné à quelque haute personnalité de son entourage.

La bibliothèque de Valenciennes possède un manuscrit qui doit être assez proche de celui-ci, intitulé Histoire de la ville et de la seigneurie de Condé, 1775 (mss. 755).

Provenance : ce manuscrit ne contient aucune marque de provenance (ni ex libris ni cachet d'aucune sorte).


SUPERBE EXEMPLAIRE.

Prix : 13.000 euros


vendredi 10 février 2017

Albert Samain et Le Chariot d'Or. Lithographies en couleurs de Maurice Lalau (1926). Superbe exemplaire relié plein maroquin. 1 des 70 exemplaires sur Japon accompagné de 2 suites. Rare.


SAMAIN (Albert) - LALAU (Maurice)

LE CHARIOT D'OR. Symphonie héroïque. Lithographies en couleurs de Maurice Lalau.

Paris, Librairie des Amateurs A. Ferroud - F. Ferroud, successeur, 1926

1 volume in-8 (20,5 x 15 cm) de 163-(1) pages. 10 lithographies en couleurs dont 8 hors-texte.

Reliure plein maroquin chocolat, dos lisse, auteur et titre dorés, tête dorée, non rogné, couvertures conservées (reliure signée M. L. COUDERT). Belle reliure parfaitement exécutée, sobre. Intérieur immaculé. Ornements décoratifs imprimés en 2 couleurs.



ÉDITION IMPRIMÉE A 1.050 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 70 EXEMPLAIRES SUR JAPON IMPÉRIAL CONTENANT 3 ÉTATS DES LITHOGRAPHIES DONT 1 ÉTAT DÉFINITIF EN COULEURS, 1 ÉTAT EN COULEURS AVEC REMARQUE SUR JAPON ET 1 ÉTAT EN NOIR AVEC REMARQUE SUR PAPIER DE CHINE.



Superbe illustration Art Déco de Maurice Lalau pour les très-belles poésies symbolistes du Chariot d'Or d'Albert Samain. Ce recueil a été publié pour la première fois en 1900.

Albert Samain (1858-1900) est mort de la phtisie à l'âge de 42 ans. Il fut proche des cercles littéraires à la mode à l'époque : les Hirsutes et les Hydropathes. Il fréquenta assidûment le Chat Noir de Rodolphe Salis où il récite ses poèmes symbolistes. Il fut l'un des fondateurs du Mercure de France. Sa poésie est caractérisée par l'expression d'une très grande sensibilité empreinte de mélancolie.



Et mon coeur tout à coup se serre, car j'entends,
Comme un bélier sinistre aux murailles du temps,
Toujours, le grand bruit sourd de ces flots noirs dans l'ombre. (extrait)



Maurice Lalau (1881-1961) a produit de très belles illustrations pour plusieurs éditions de la période Art Déco. Son Tabubu (1928-1932) est l'une des merveilles du genre.


TRÈS BEL EXEMPLAIRE DU TIRAGE SUR JAPON RELIÉ PLEIN MAROQUIN.

Prix : 1.200 euros


mercredi 8 février 2017

Histoire d'une mère maquerelle au XVIIIe siècle d'après sa correspondance : Correspondance de Madame Gourdan dite la Petite Comtesse, par Octave Uzanne (1883). Rare tirage de luxe sur Japon (1/15) relié plein veau glacé noir. Triple état du frontispice dont le "bon à tirer".


UZANNE (Octave).

CORRESPONDANCE DE MADAME GOURDAN DITE LA PETITE COMTESSE. Pour servir à l'histoire des moeurs du siècle, et principalement de celles de Paris. Nouvelle édition augmentée de lettres inédites, de notes, suivie de la description de sa maison et des diverses curiosités qui s'y trouvent, et précédée d'une étude-causerie sur les sérails du XVIIIe siècle par Octave Uzanne.

A Bruxelles, Chez Henry Kistemaeckers, 1883 [imprimé à Bruxelles chez A. Lefèvre]

1 volume in-8 (23 x 15 cm) de (4)-LVIII-277-(3) pages. Frontispice à l'eau-forte ici en 3 états par Mordant.

Reliure de l'époque plein veau glacé noir, dos à nerfs janséniste, nerfs marqués à froid avec prolongements sur les plats terminés par un petit fleuron (à la manière des reliures du XVe siècle), tête dorée, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne, couvertures conservées. Impression en rouge et noir. Bel exemplaire malgré quelques éraflures superficielles sur les plats de la reliure. Intérieur très frais.

ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 777 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 15 EXEMPLAIRES DE LUXE SUR JAPON.

Notre exemplaire porte le numéro 1.


Le frontispice est en trois états : en bistre avant la lettre avec remarque, en noir avant la lettre avec remarque, en noir avant la lettre avec remarque et mention de "Bon à tirer" signé par le graveur (Mordant) avec cette remarque au crayon : tirer le fond très sourd.

« Cette petite excursion bibliographique en Belgique avait pour but de placer chez Kist[emaeckers] une étude assez complète sur les couvents de plaisir et les maisons de tolérance d'avant la Révolution. La correspondance plus ou moins authentique de la maman Gourdan, a fourni le prétexte désiré, et le bibliophile [Octave Uzanne] préfaça ce livre avec quelque plaisir et intérêt. » Octave Uzanne, in Notes pour la Bibliographie du XIXe siècle, Quelques-uns des Livres Contemporains en exemplaires choisis, curieux ou uniques, Tirés de la Bibliothèque d'un Ecrivain et Bibliophile Parisien [Octave Uzanne], n°443.

L'histoire de la mère maquerelle Gourdan serait plaisante à conter ici dans son entier. Son établissement de plaisir voir le jour en 1774 à l’angle de la rue Saint-Sauveur et de la rue des Deux-Portes. Marguerite Gourdan édicte, à l’usage de ses pensionnaires, un règlement en vingt articles, agrémenté, en complément, d’Instructions pour une jeune demoiselle qui veut faire fortune avec les charmes qu’elle a reçus de la nature. En dehors de la direction de son établissement et de l’arrangement des parties fines soit chez elle, soit dans les petites maisons de la noblesse, elle procure en appareilleuse consommée des femmes aux hommes, des jeunes gens aux « sodomistes » et des « succubes » (jouant le rôle passif dans les ébats amoureux féminins) aux « tribades ». Les lesbiennes les plus renommées se recommandent toutes auprès de Marguerite Gourdan pour avoir de jeunes et jolies filles, expérimentées ou débutantes. Parmi celles-ci, Mme de Fleury, femme de l’avocat général et ancien Procureur royal René-Nicolas de Maupeou et fondatrice de la « secte Anandryne ». Parmi les clients célèbres de Marguerite Gourdan, on trouve encore Christian IV de Palatinat-Deux-Ponts, le prince de Conti, le marquis de Fitz-James, le chevalier de Coigny, le duc de Chartres, le duc de Mazarin, le duc de Grammont, le marquis de Romcy, le marquis de Nesle, le duc de Fronsac, le fermier général Dangé, le marquis de Genlis, le duc de Luynes, le marquis César de Talaru, M. de Montaigu, M. de Moudran, le marquis de Duras, le duc de la Trémoille, le chevalier de Piis, le négociant Émery, le banquier Pexiotte. Parmi les ecclésiastiques, on trouve le père Élysée, le père Bernard, le séminariste M de Calonne, le professeur en théologie Adrien Aubert, l’aumônier François de Clugny, le docteur en Sorbonne Pierre-Gallon Francesqui, le grand-vicaire Joachin de Gobriacle, l’archidiacre Jean Mongin, le chapelain de la Reine, M. de Saint-Mery, ou le chapelain du Roi, Gaspard Bardonnet, le chanoine Joseph-Marie Mocet, le prévôt Pierre-Joseph Artaud, l’abbé Grisel, l’abbé de Voisenon, l’archidiacre Jean-Baptiste d’Aguesseau, le père Honoré Regnard, l’évêque jésuite de Sisteron Lafiteau, l’archevêque de Toulouse Loménie de Brienne, l’abbé Tencin, Lany, ancien maître des ballets de l’Opéra, en dehors de sa liaison avec Mlle Lachassaigne danseuse de ce théâtre ou le bibliothécaire des Petits-Pères de la place des Victoires, aiment à se faire fouetter chez Marguerite Gourdan. Le 6 septembre 1775, un arrêt du Parlement décrète la prise de corps Marguerite Gourdan, pour avoir recueilli chez elle la femme d’un gentilhomme de province et favorisé son goût pour le libertinage. Marguerite Gourdan n’attend pas l’application du Décret de prise de corps. Cinq jours après la prononciation de cette sentence, c’est-à-dire le 11 septembre 1775, la Petite-Comtesse licencie son personnel, ferme son établissement et prend la fuite. Elle parvient à rouvrir son établissement mais la situation a changé. Les mœurs plus austères du roi Louis XVI, nouvellement couronné, imposent à la paillardise une trêve dont Marguerite Gourdan est la première à souffrir, et ce à tel point qu’elle fait faillite au cours du mois de mai 1778. Une fois de plus, elle réussit à se tirer du péril, mais de jour en jour, les affaires vont diminuant et la publicité se fait de plus en plus rare autour du blason de la Petite-Comtesse. Peu de temps après, Marguerite Gourdan meurt dans une chambre à coucher au premier étage de son domicile de la rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur. (source : Wikipédia).

Provenance : ancienne collection Bertrand Hugonnard-Roche avec son chiffre à l'encre au verso de la garde blanche, BHR, 2012.

BEL EXEMPLAIRE DES PLUS DÉSIRABLES.

Prix : 850 euros


samedi 4 février 2017

L'Ombrelle d'Octave Uzanne, illustré par Paul Avril (1883). Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à son ami bibliophile anglais Julien Stirling avec aquarelle originale de Paul Avril. Reliure en soie brochée de l'époque. Bel exemplaire.


Octave UZANNE - Paul AVRIL, illustrateur

L'OMBRELLE, LE GANT, LE MANCHON par Octave Uzanne, illustrations de Paul Avril.

Paris, A. Quantin, imprimeur-éditeur, 1883

1 fort volume grand in-8 (27 x 18 cm) de 138-(1) pages. Illustrations courant autour du texte en camaïeu de différents teintes.

Reliure de l'époque pleine soie rose et verte brochée or, dos lisse avec pièce de titre de maroquin, tête dorée, non rogné, couverture illustrée conservée en excellent état (les deux plats), doublures et gardes de papier rose avec fleurettes dorées en semis (la reliure n'est pas signée mais est tout à fait dans le goût de PIERSON spécialiste de ce genre de reliure. Elle pourrait aussi être l'oeuvre du relieur AMAND). Très bon état. Rousseurs.


TIRAGE A PETIT NOMBRE.

EXEMPLAIRE SUR PAPIER VÉLIN DES VOSGES.

EXEMPLAIRE DE DÉDICACE OFFERT PAR L'AUTEUR A SON AMI BIBLIOPHILE ANGLAIS JULIEN STIRLING.

"à m. Julien Stirling, qui aime les livres plus profondément que les livres sterling, ce dont je l'honore. Sympathique souvenir. Octave Uzanne."

EXEMPLAIRE ENRICHI SUR LE FEUILLET D'AVANT-PROPOS D'UNE JOLIE AQUARELLE ORIGINALE SIGNÉE PAUL AVRIL.



Provenance : Bibliothèque Julien Stirling avec son ex libris gravé. Collection Bertrand Hugonnard-Roche (BHR 2015 - marqué au verso de la première garde blanche).


Ce livre est, avec L’Éventail donné un an plus tôt, contrairement à l'image qui en a souvent été donnée de légèreté et de fanfreluche pour bibliophiles, une belle et intéressante étude sur ces indispensables ornements de la mode de ces dames à travers le temps. Uzanne, d'ailleurs très déçu voire marqué à vie d'avoir été considéré par trop de monde comme "le Monsieur de ces dames à l'éventail, à l'ombrelle, etc" (dixit Antoine Laporte, bouquiniste et auteur d'un violent pamphlet contre Uzanne publié en 1893), donnera en 1892 une édition bon marché, de format in-12, et sans illustration, dans laquelle il expliquera en préambule souhaiter donner à un public de lecteurs, et non plus à un public d'esthètes bibliophiles, ces textes pour pouvoir les apprécier à leur juste valeur. "cette fois-ci, ce n'est plus aux iconophiles que je m'adresse, mais à ces lettrés qui prétendent lire, apprendre et connaître..."


BEL EXEMPLAIRE DE DÉDICACE TRÈS BIEN CONSERVÉ DANS SA JOLIE ET FRAGILE RELIURE EN SOIE.

Prix : 1.100 euros


vendredi 3 février 2017

Linguistique et belle langue française au XVIIe siècle : les Doutes sur la langue Françoise par Dominique Bouhours (1675). Seconde édition. Reliure de l'époque.


BOUHOURS (Dominique).

DOUTES SUR LA LANGUE FRANÇAISE proposés à Messieurs de l'Académie Française par un gentilhomme de province. Seconde édition.

Paris, Chez Sébastien Mabre-Cramoisy, 1675

1 volume in-12 (15,5 x 9 cm) de (8)-281-(19) pages.

Reliure de l'époque plein veau brun, dos à nerf  orné. Usures avec manque de cuir le long d'un mors et courant sur une petite partie du dos, coiffe supérieure et coins usés, plats épidermés et frottés, intérieur frais. Il manque les gardes blanches.

SECONDE ÉDITION.

La première édition date de 1674 soit un an auparavant. Cet ouvrage a été sévèrement critiqué par le grammairien Ménage. Cela n'a pas empêché sa renommée de s'étendre, bien au contraire. Bouhours se présentait comme « le maître à penser et à écrire de sa génération » et « était lié avec Boileau, La Fontaine et Racine, dont il corrigeait les pièces ». Près de deux siècles plus tard, dans ses Contemplations, Victor Hugo critiquera violemment Bouhours pour avoir contribué à imposer à la langue le carcan du bon usage: Au panier les Bouhours, les Batteux, les Brossettes ! À la pensée humaine ils ont mis les poucettes. Les écrits de Bouhours sont toutefois précieux pour l'éclairage qu'ils fournissent sur les idées du temps et la sagacité avec laquelle celui-ci identifie les mots pourvus d'une nouvelle acception ainsi que les mots à la mode. (source Wikipédia).

L'ouvrage se divise en cinq parties : doutes sur les mots ; doutes sur les phrases ; doutes sur la construction ; doutes sur ce qui regarde la netteté du langage et enfin, doutes sur ce qui regarde l'exactitude du style.

Bouhours fut l'ami et le confident de Bussy-Rabutin comme en atteste sa correspondance.

BON EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE PEU COMMUN.

Prix : 250 euros

jeudi 2 février 2017

Les Saisons et les Mois par Stéphen Liégeard (1899). Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à son épouse Mathilde (1 des 12 exemplaires sur Japon). Superbe reliure en maroquin de Petrus Ruban avec chiffre mosaïqué. Émouvante relique.


LIÉGEARD, Stephen. - AVRIL, Paul (illustrateur).

LES SAISONS ET LES MOIS. Sonnets ornés de cinquante eaux-fortes par Paul Avril et d'un portrait de l'auteur gravé par Focillon.

Paris, Ancienne Maison Quantin, 1899 [Imprimeries Réunies Motteroz]

1 volume in-4 (28,5 x 20,5 cm) de 56 feuillets non chiffrés y compris les gravures hors-texte. 50 eaux-fortes dans le texte (34) et hors-texte (16).

Reliure de l'époque plein maroquin olive, dos à nerfs, filets à froid, chiffre mosaïqué à l'angle supérieur du premier plat (ML pour Mathilde Liégeard, épouse de l'auteur), encadrement intérieur du même maroquin avec feuillages mosaïqués dans les angles, filets à froid, doublure de soie brochée rose et or, tranches dorées, couvertures conservées (reliure signée P. RUBAN 1902). Exemplaire en excellent état, dos uniformément passé devenu marron.


ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 312 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 12 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR PAPIER IMPÉRIAL DU JAPON.

EXEMPLAIRE DE DÉDICACE OFFERT PAR L'AUTEUR A SON ÉPOUSE MATHILDE LIÉGEARD ET PORTANT LE N°1.

Long envoi autographe de l'auteur à son épouse : "A ma chère Mathilde. Ce premier exemplaire d'une bleuette qu'elle a vu naître ; Puissent les saisons et les mois de la vie lui être aussi doux que le sentiment de profonde affection dont j'accompagne cet humble hommage ! [signé] Stéphen Liégeard. Brochon, 1er janvier 1900."


Ce joli recueil de poésies bucoliques où la nature est magnifiée tout autant que le nom de Dieu, donne à Stéphen Liégeard d'utiliser les talents de Paul Avril, précis, méticuleux, presque froid diront certains, mais toujours enchanteur lorsqu'il s'agit de nous exposer la vie des angelots et autres scènes animées toujours avec grâce. Stéphen Liégeard n'a pu s'empêcher de demander à l'artiste de glisser quelques clins d'oeil personnels tout au long de l'illustration : ainsi on reconnaîtra le château de Brochon, fraîchement construit grâce à la fortune du sous-préfet poète bourguignon ; on reconnaîtra aussi les vignobles bourguignons proches du domaine de Brochon ainsi que le portrait de l'auteur dans différentes scènes, sans doute même celui de sa femme. On les voit représentés à des âges qui ne correspondent pas à la chronologie puisqu'en 1900 Stéphen Liégeard est âgé de 70 ans. Son épouse était née en 1841 (59 ans en 1900).


Stéphen Liégeard est connu des bibliophiles pour son ouvrage intitulé la Côte d'Azur publié pour la première fois en 1887 et réédité en 1894. C'est cet ouvrage qui consacrera le nom de cette côte baignée de soleil alors déjà fréquentée en villégiature par toute l'élite française et étrangère. Homme politique, sous-préfet dans plusieurs régions, député de la Moselle, sa carrière s'arrêta avec la chute du second empire. Retiré à Dijon ou à Paris il s'adonna presque complètement à la littérature. Ses poésies ont été publiées dispersées ici ou là et rassemblées en différents recueils. Sa fortune considérable lui permit de faire construire de 1895 à 1899, sur son domaine de Brochon, non loin de Dijon, un château néo-renaissance dans le style de ceux du val de Loire du XVIe siècle. L'ouvrage d'art est classé monument historique depuis 1984.


A noter que la décoration intérieure du château (les jardins n'étant pas même achevés) fut terminée en 1902, année de la réalisation de cette reliure par l'excellent relieur parisien Petrus Ruban. En faisant réaliser cette superbe reliure pour son épouse, à son chiffre, par l'un des plus grands relieurs parisiens de l'époque, Liégeard s'inscrit ainsi dans la lignée des grands bibliophiles classiques et fortunés de la fin du XIXe siècle. Ce présent destiné à être offert à son épouse devait être comme l'un des joyaux les plus précieux de cette riche bibliothèque d'amateur.


PRÉCIEUX EXEMPLAIRE DU TIRAGE DE GRAND LUXE SUR JAPON OFFERT PAR L'AUTEUR STEPHEN LIÉGEARD A SON ÉPOUSE, RELIÉ EN MAROQUIN MOSAÏQUÉ A SON CHIFFRE.

Prix : 1.800 euros


mercredi 1 février 2017

L'Image, Revue artistique et littéraire (1896-1897). Collection complète des 12 livraisons (avec 1 numéro spécimen, 1 titre général, 1 couverture générale, 1 bulletin de souscription). Ensemble tel que paru. Très bon exemplaire.


COLLECTIF [MARX, Roger - RAIS, Jules - BELTRAND, Tony - LEPERE, Auguste - RUFFE, Léon, directeurs - MUCHA, LEPERE, VALLOTTON, DE FEURE, TOULOUSE LAUTREC, GRASSET, CARRIERE, DENIS, RODIN, OLIVIER-MERSON, VAN DONGEN, PROUVE, SCHWABE, JONGKIND, BERTHON, STEINLEN, PUVIS DE CHAVANNES, etc. (illustrateurs).

L'IMAGE. Revue artistique et littéraire.

Paris, H. Floury, 1896-1897 [Décembre 1896 - Décembre 1897]

1 chemise format 33 x 24,5 cm contenant :

12 livraisons (30,5 x 23 cm) + 1 livraison spécimen + 1 bulletin de souscription + 1 couverture générale + 1 titre général. Collection complète des 12 numéros seuls parus. Un second numéro spécimen a paru (que nous n'avons pas ici). Le tout conservé sous chemise cartonnée, dos toile, plats de papier marbré, étiquette manuscrite au dos. Bon état de l'ensemble. Quelques petites déchirures en bordure de couvertures (fragiles) ou au dos, sans gravité. Complet de toutes les gravures requises.


EXEMPLAIRE SUR PAPIER COURANT.

En outre, il a été tiré 150 exemplaires sur papier de Chine, 12 exemplaires sur grand Chine et 2 exemplaires sur satin.

Les estampes peuvent être tirées sur différents papiers (vergé ou vélin).

Le bulletin de souscription daté du 15 mais 1896 indique que le premier numéro devait paraître en juillet. Il ne paraîtra finalement qu'en décembre. Il y aura en tout 12 numéros soit une année complète.


"Cette élégante et curieuse revue a groupé toute l'élite littéraire et artistique de notre temps. Elle sera ornée exclusivement de figures gravées sur bois. Elle sera tirée avec un grand luxe sur des papiers offrant toutes les garanties de durée et de conservation. Chaque mois contiendra 32 pages de textes ornées de 4 planches hors texte imprimées soit en noir soit en couleurs, des lettres ornées, etc., le tout absolument inédit. Cette revue fondée par la Société corporative française de la gravure sur bois appliquée à l'illustration, s'adresse à tous ceux qui aiment l'art [...]" (extrait du bulletin de souscription).


Les couvertures sont à elles seules de petits chefs-d'oeuvre de décoration par les meilleurs artistes : Mucha, Toulouse-Lautrec, George de Feure, etc. Les 12 belles planches ainsi que les autres sont signées Félix Vallotton, Carlos Schwabe, Paul Berthon, Bellery-Desfontaines, Jongkind, Olivier-Merson, Jeanniot, Degas, Steinlen, Victor Prouvé, Eugène Carrière, Maurice Denis, Jean-François Millet, Auguste Rodin, Auguste Lepère, etc. (voir photos).

Provenance : Collection A. Hornung, avec ex libris et lettre-cachet de collection apposé sur chaque livraison et document.


TRÈS BON EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU.

Prix : 1.650 euros