lundi 29 mai 2017

Dralet. L'art du Taupier (1880). Ou comment piéger et prendre les Taupes. Histoire naturelle de la taupe. Piégeage. Très bon exemplaire.


DRALET.

L'ART DU TAUPIER OU MÉTHODE INFAILLIBLE DES PRENDRE LES TAUPES par M. Dralet. Ouvrage publié par ordre du Gouvernement. Dix-Septième édition revue et augmentée d'une introduction et d'additions. Par A. G.

Librairie Audot, Lebroc et Cie succ., Paris, 1880

1 volume in-18 (18,5 x 12 cm), broché, 116 pages. Très bon état. Quelques rousseurs. Bon papier vélin blanc. Couverture imprimée illustrée en très bon état. Le dos n'est pas fendu. La quatrième de couverture donne un extrait du catalogue du libraire Audot spécialisé dans l'économie rustique.


Cet ouvrage a paru pour la première fois en une mince plaquette en 1798. Il a été réédité de nombreuses fois depuis. C'est l'un des premiers et principaux ouvrages sur le sujet.

TRÈS BON EXEMPLAIRE.

Prix : 60 euros


Gustave Tardieu. Les Alpes de Provence (1912). Guide touristique de la collection M. Boule. Très bel exemplaire.


TARDIEU, Gustave. M. BOULE, Directeur.

LES ALPES DE PROVENCE. Guide du Touriste, du Naturaliste et de l'Archéologue, par Gustave Tardieu. 91 illustrations (photographiques) dans le texte. 1 carte en couleurs (dépliante).

Paris, Masson et Cie, 1912

1 volume in-18 (18 x 11,5 cm) de 310 pages.

Cartonnage éditeur pleine toile bleue imprimée en couleurs sur le premier plat. Excellent état, proche du neuf. Papier glacé fin. 8 pages de publicités sur papier vert au début du volume.


ÉDITION ORIGINALE.


Ce guide de tourisme a été conçu sous la direction de Marcellin Boule, professeur au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris et directeur de l'Institut de Paléontologie humaine. D'autres régions ont déjà fait l'objet d'un Guide à cette date de 1912 : Cantal, Lozère, Puy-de-Dôme et Vichy, Haute-Savoie, Savoie et Aix-les-Bains, Lot (Padirac, Rocamadour), et Haute-Loire et Haut-Vivarais.

Les Alpes de Provence, qui se rattachent aux massifs dauphinois et à la grande chaîne des Alpes franco-italiennes, appartiennent aux bassins de la Durance (ou, plus largement, du Rhône) et de la rive droite du Var. Elles occupent tout le pays compris entre : la plaine du Rhône, à l'Ouest ; les Alpes du Dauphiné, au N.O., et au N. ; le cours du Var, à l'E. ; les cours du Verdon et de la Durance, au S. Les plus grandes villes sont Carpentras, Forcalquier, Digne, Castellane, Sisteron.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 60 euros

Joseph Bédier. Le Roman de Tristan et Iseut (1914). Illustrations de Robert Engels. Tirage à 525 exemplaires. Bel exemplaire broché.


BÉDIER, Joseph (renouvelé par).

LE ROMAN DE TRISTAN ET ISEUT renouvelé par Joseph Bédier professeur au Collège de France. Ouvrage couronné par l'Académie Française. Illustrations de Robert Engels.

L'Edition d'Art, H. Piazza, Paris, s.d. [20 mars 1914]

1 volume in-4 (24,5 x 17,8 cm), broché, 199-(3) pages. Nombreuses illustrations (48) entourant le texte (différents formats). Excellent état. Quelques fines rousseurs sur le faux-titre et le titre (peu prégnantes). Voir photos.



NOUVELLE ÉDITION.

TIRAGE A 525 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 500 EXEMPLAIRES SUR JAPON BLANC.

Volume achevé d'imprimer le 20 mars 1914 par J. Melzer à Paris.



Cette version de la célèbre légende de Tristan et Iseut a été rééditée de très nombreuses fois. Les très-belles illustrations de Robert Engels ne sont pas sans rappeler l'Art Nouveau encore présent un peu partout dans les arts du livre. L'ornementation et les encadrements de page souligne l'appartenance celtique au récit.



L’histoire de Tristan et Iseut (ou Iseult, Yseut, Yseult, Isolde, Ysolde) est un mythe littéraire, dont les poètes normands, auteurs des premières rédactions conservées de cette légende, ont situé l'action en Cornouailles, en Irlande et en Bretagne. Issue de la tradition orale de Bretagne, l'histoire populaire de Tristan et Iseut fait son entrée dans la littérature écrite au xiie siècle. Plusieurs textes différents ont vu le jour, dont les célèbres versions de Béroul et de Thomas d'Angleterre, certains ont été perdus, comme celui de Chrétien de Troyes ; aucun de ceux qui nous sont parvenus n'est intégral. Entre 1900 et 1905, Joseph Bédier a reconstitué une version « complète » de la légende à partir de Béroul, Thomas d'Angleterre, Eilhart von Oberge et de fragments anonymes. Son ouvrage, qui a fait redécouvrir l'histoire, est devenu la version de référence pour les lecteurs non spécialistes du xxe siècle. Tristan, fils de Rivalen et de Blanchefleur (soeur du roi Marc), est admiré de tous. Preux et courageux chevalier, il parvient notamment à vaincre quoiqu'en s'y blessant, le géant et redouté Morholt, symbole d'une sauvagerie cruelle et sans pitié. De retour auprès du roi Marc après cet exploit, il est prié de retrouver la fille aux cheveux d'or, dite Iseult la blonde, afin qu'elle épouse le roi Marc. Sur la nef qui les conduit vers ce dernier, Tristan et Iseult, assoiffés boivent par erreur un breuvage que leur donne Brangien, la servante d'Iseult : ce breuvage n'est autre que le philtre d'amour (qui n'est appelé ainsi d'ailleurs qu'au 14e s. car au 12e on parle de "vin herbé" ou de "breuvage d'amour"), boisson préparée par la reine d'Irlande (la mère d'Iseult) pour que le roi Marc et Iseult puissent se désirer et s'aimer passionnément et vivre ainsi un mariage d'amour. Suite à cette erreur, Tristan et Iseult vont donc s'aimer de manière indéfectible pendant 3 ans et se montrer donc coupables envers le roi Marc, époux d'Iseult et d'Iseult aux blanches mains que Tristan a épousé pour son prénom plutôt qu'autre chose. Usant de nombreux stratagèmes pour essayer de se revoir les amants seront souvent piégés ou pris en flagrant délit. Un jour, Tristan doit mener un combat qui va lui être fatal : il va être blessé mortellement et ne pourra pas embrasser sa belle une dernière fois alors qu'il avait tout fait pour la faire venir, mais en vain. Celle-ci arrivera trop tard et décidera de se laisser périr auprès de son amant.



TRÈS BON EXEMPLAIRE.

Prix : 250 euros

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Rodolphe Salis. Les Contes du Chat Noir (Montmartre). Edition originale (1890-1891). Jolies reliures parlantes mosaïquées d'un chat noir. Rare dans cette condition.


SALIS, Rodolphe.

CONTES DU CHAT NOIR. L'HIVER. LE PRINTEMPS. Dessins de A. Willette, Henri Rivière, Henri Pille, Henry Somm, Loÿs, Fernand Fau, Steinlein, Uzès, Heidbrinck, Robida, Georges Auriol, Sabattier, etc. Préface de Philippe Gille et Prologue de A. Willette (L'Hiver) et Préface de Francisque Sarcey (Le Printemps).

Paris, Librairie illustrée, s.d. (1890) et Paris, E. Dentu, 1891

2 volumes in-8 (22,7 x 14,5 cm) de VI-304 et XI-328 pages. Illustrations en noir dans le texte.

Reliures de l'époque demi-chagrin orange, dos lisses ornés en long (chat noir mosaïqué au centre dans un médaillon doré, feuillage doré avec fleurs mosaïquées en maroquin vert), tête dorée, non rogné, relié sur brochure, couvertures illustrées par Georges Auriol conservées (en bon état avec quelques légers défauts, salissures minimes). Belle reliures décoratives très bien conservées, intérieur frais. Papier ordinaire de bonne qualité. Les reliures ne sont pas signées mais sont tout à faire dans le goût d'un Victor Champs ou d'un Emile Carayon.

ÉDITION ORIGINALE.

Les deux autres volumes annoncés (Été et Automne) n'ont finalement jamais parus.


Rodolphe Salis (1851-1896), célèbre tenancier du cabaret de Montmartre Le Chat Noir. Il a fondé ce lieu de fête en 1881. Situé au pied de la butte Montmartre au 68 boulevard de Clichy dans le 18e arrondissement de Paris, le cabaret du Chat-Noir fut l'un des grands lieux de rencontre du Tout-Paris et le symbole de la Bohème à la fin du XIXe siècle. Rodolphe Salis se faisait appeler le Seigneur de Charnoiville-en-Vexin et Gouverneur du chateau de Naintré-lez-Poictou. A la mort de Rodolphe Salis en 1896 le Chat-Noir fut racheté mais l'engouement pour ce lieu devenu mythique passait déjà.


Ces contes, rédigés dans une langue imitée de l'ancien français, à l'image des Contes drolatiques de Balzac, sont très drôles et très gaillards. On peut y lire l'histoire D'un moyne qui défrichoit les pucelages pour complaire à la saincte escripture, ou encore Comment un vieil médecin fust faict cocu par un galant, sans souci et comment il fust felonnement puni d'avoir voulu gaster un pucelaige, etc.

On y retrouve toute la verve iconographique d'Albert Robida et d'Henri Rivière, notamment.

BEL EXEMPLAIRE DANS UNE ÉLÉGANTE RELIURE PARLANTE DÉCORATIVE DE L'ÉPOQUE.

Prix : 500 euros

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dimanche 28 mai 2017

Madame de La Fayette. La Princesse de Clèves (1725). Roman classique phare de la littérature française du XVIIe siècle reconnu comme prototype du roman d'analyse psychologique


LA FAYETTE (Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de)

LA PRINCESSE DE CLÈVES.

Paris, Par la Compagnie des Libraires, 1725

4 parties en 1 volume in-12 (16,7 x 10 cm) de (6)-207, 1 feuillet blanc, 1 feuillet de titre (tome III), 210 pages.

Reliure de l'époque plein veau havane ganité, dos à nerfs orné, tranches mouchetées rouges. Coiffe supérieur restaurée. Fente sans gravité au mors inférieur sur 3 cm (solide). Dos légèrement frotté, dorures légèrement passées. Intérieur très frais. Complet.

NOUVELLE ÉDITION.



Ouvrage classique s'il en est, l'un des plus connus de la littérature française du XVIIe siècle, publié pour la première fois au printemps 1678. Ce roman historique passe pour souvent pour être un prototype du roman d'analyse psychologique. De 1655 à 1680, elle sera étroitement liée avec La Rochefoucauld (l’auteur des Maximes), dont elle dira : « M. de La Rochefoucauld m’a donné de l’esprit, mais j’ai réformé son cœur. » Leur fidèle et constante amitié fera écrire à Madame de Sévigné, leur amie à tous deux, au moment de la mort du duc de La Rochefoucauld : « ... rien ne pouvait être comparé à la confiance et aux charmes de leur amitié. ». La mort de La Rochefoucauld en 1680 puis du comte de La Fayette en 1683 la conduit à mener une vie sociale moins active dans ses dernières années. Elle s'est clairement retirée de la vie mondaine, afin de se préparer à la mort (25 mai 1693). Elle meurt à peine plus d'un mois après le comte de Bussy-Rabutin, cousin de la marquise de Sévigné.



Le roman prend pour cadre la vie à la Cour des Valois « dans les dernières années du règne de Henri Second », comme l'indique le narrateur dans les premières lignes du récit. Il peut donc être défini comme un roman historique, même s'il inaugure, par bien des aspects (souci de vraisemblance, construction rigoureuse, introspection des personnages) la tradition du roman d'analyse dont se réclamera une partie de la modernité. La Princesse de Clèves témoigne également du rôle important joué par les femmes en littérature et dans la vie culturelle du XVIIe siècle marquée par le courant de la préciosité. Madame de La Fayette avait fréquenté avant son mariage le salon de la marquise de Rambouillet et, comme son amie Madame de Sévigné, faisait partie du cercle littéraire de Madeleine de Scudéry, dont elle admirait les œuvres. Roman fondateur, La Princesse de Clèves est évoqué comme l’un des modèles littéraires qui ont inspiré Balzac, Raymond Radiguet ou même Jean Cocteau. (Wikipédia).



« L'autre jour, je m'amusais - on s'amuse comme on peut - à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves. Imaginez un peu le spectacle ! » (Nicolas Sarkosy, Ministre de l'Intérieur, Candidat à l'élection présidentielle, 23 février 2006, Lyon, déclaration devant des fonctionnaires de l'Etat).



Les premières éditions de 1678 et 1689 sont très rares. Il existe une édition de 1704 et une autre de 1719 à la pagination strictement identique à celle de 1725, également donnée par une compagnie de 12 libraires dénommés au verso du premier titre. Cette édition de 1725 pourrait être une remise en vente de l'édition de 1719 avec de nouveaux titres. On trouve encore une édition en 1741, 1752, 1764, 1780, etc.

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CETTE ÉDITION PEU COMMUNE.

Prix : 450 euros

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mercredi 24 mai 2017

Pierre Letellier. Suite Nue (1966). 35 lithographies originales 38 x 30 cm. Superbe exemplaire du très rare tirage de tête à 25 exemplaires sur Japon nacré. Magnifique ensemble complet.


LETELLIER, Pierre. - ROGER-MARX, Claude (préface).

SUITE NUE.

S.d. (1966), [Paris, Presses de Fernand Mourlot, Typographie de Dominique Viglino]

1 portfolio 38,5 x 30,5 cm, en feuilles, sous emboîtage toilé or moiré à fenêtre rectangulaire sur le premier plat laissant apparaître partiellement la lithographie de couverture. A l'intérieur on trouve 6 pages de préface par Claude Roger-Marx (ici avec croquis original au crayon pleine page, avec dédicace de l'artiste à M. Rousières, daté 25. XI 66. On trouve à la suite : 22 lithographies sur Japon nacré + 11 lithographies tirées sur papier de couleur + 1 lithographie originale en deux couleurs (noir et ocre). Soit au total 34 lithographies + la lithographie de couverture + 1 petite lithographie en fin de préface. Complet.


ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE DE GRAND LUXE A 325 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 25 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR JAPON NACRÉ.

Il porte le numéro 18 imprimé. Les autres exemplaires sont tous tirés sur papier B.F.K. de Rives.




"Pierre LETELLIER est né le 23 août 1928, en véritable normand de Caen où il fréquenta l’École des Beaux Arts en 1942. Il a toujours représenté en son œuvre, la beauté évocatrice. Peintre de renommée internationale, il fut un spécialiste évident de la représentation de la nature, de la faune sauvage, de la chasse, tout en réunissant d'admirables personnages, comme ses souples ballerines et ses petits nus audacieux et sensuels. Mais, bien sûr, Pierre LETELLIER sut concevoir avec sa maestria particulière, toute une saga séduisante de forêts, d'étangs, d'espaces automnaux ou hivernaux au sein desquels il savait capter avec brio, de belles anecdotes et de mélancoliques impressions, au fil d'une palette de couleurs racées, finement posées, qu'il proposait aussi avec éloquence en de superbes et inoubliables natures mortes. Il est décédé le 31 décembre 1999." (André RUELLAN).




"La suite de nus que Pierre Letellier vient de graver sur pierre montre les bienfaits qu'un artiste qui, jusqu'alors, avait surtout excellé dans le paysage, à tirés d'un contact quotidien avec un modèle aimé qu'il a laissé libre d'improviser son chant sans l'obliger à aucune attitude. [...] Si voluptueuses que soient certaines de ces lithographies, avec leurs croupes tendues, leurs genoux deserrés, leurs seins offerts, aucune de ces précisions, qui, par le trouble qu'elles nous apportent et le feu qu'elles attisent, risquent de détourner notre admiration de l'essentiel, à savoir, redisons-le, la merveilleuse entente naturelle entre les contours, les volumes, les valeurs, et les passages infinis du clair à l'obscur, de l'ambre à l'ombre." (extrait de la Préface de Claude Roger-Marx).




SUPERBE EXEMPLAIRE DE CE TRÈS RARE TIRAGE SUR JAPON NACRÉ.

Prix : 1.700 euros

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mardi 23 mai 2017

Camille Pert. En Anarchie (1901). Roman. Edition originale. Couverture illustrée par Lami. Bel exemplaire. Anarchisme et monde libertaire.


PERT, Camille [Alias Louise-Hortense Cyrille, épouse Grille de Rougeul].

EN ANARCHIE. Roman.

Paris, H. Simonis Empis, 1901

1 volume in-18 (19 x 12 cm) de 320 pages.

Reliure demi-basane flammée fauve de l'époque, dos à nerfs orné, non rogné, premier plat de couverture illustré en couleurs conservé (excellent état). Reliure fraîche, intérieur sur papier ordinaire uniformément jauni.



ÉDITION ORIGINALE.

Il n'a été tiré de ce volume que 20 exemplaires sur papier de Hollande. Notre exemplaire est numéroté au composteur (n°4.733) comme indiqué sur la page de titre.

La couverture est signée de Lami.

L'auteur de ce roman roulant sur le thème de l'anarchie est une femme : Louise-Hortense Cyrille, épouse Grille de Rougeul (1865 – 1952). Elle a collaboré à l’Informateur des gens de lettres et a écrit près d'une trentaine de romans.

Le personnage principal est Ruth E., une femme peintre divorcée de mœurs très libres qui s’intéresse aux milieux populaires, choisissant ses modèles parmi la population (mâle) la plus défavorisée. C’est ainsi qu’elle se prend d’une toquade pour Émile Lavenir, fils de communards, anarchiste (pâle réplique d’Émile Henry). C’est dans une église remplie lors d’un mariage mondain que Lavenir met fin au sien (d’avenir). Mais, apercevant le visage de Ruth dans le public, il se trouble, vise mal, fuit, et lance l’inévitable cri de « Vive l’anarchie », avant d’être rattrapé par les gendarmes.

"Pauvres filles !... pauvres femmes ! Est-ce le vice qui les a entraînées dans ce gouffre de misère ?... N'est-ce pas plutôt la démence des êtres à bout de souffrance ?... Cette folie qui rend ses victimes comme des bêtes, leur ôte la pudeur, l'orgueil, tous les sentiments humains." Elle s'arrêta ; puis, redressée, les yeux étincelants, la voix pleine et agressive : "- Des bêtes ! oui nous ne sommes plus que des bêtes dans la société qui nous opprime aujourd'hui !... Et voyez-vous la meute qui nous poursuit, nous harcèle ; nous déchire à belles dents ?... la meute des riches, des satisfaits, des dix fois repus !... s'excitant entre-eux par les calomnies et les injures dont ils nous accablent ! - Le peuple est paresseux ! crient-ils devant notre labeur sans trêve - Le peuple se plaint sans cesse, il est grossier, sans mœurs ! vocifèrent-ils devant notre résignation, nos douleurs, nos dévouements - Sont-ils aveugles, stupides ? - Non, ils sont de mauvaise foi ! - Ils ne nous ignorent point ... leur conscience proteste contre le mensonge dont ils nous chargent ; mais ils l'éloignent cyniquement. "Les filles du peuple sont des prostituées, et les hommes des ivrognes ! crachent-ils ? - Soit !... Mais, qu'ils prennent garde que les bras de nos femmes les étouffent un soir !... Qu'ils songent que le vin dont la pauvreté s'étourdit a la couleur du sang !..." (extrait).

En 1901, au moment de la sortie de ce roman, les actions des milieux anarchistes sont encore dans tous les journaux. C'est cette même année 1901 que l'assassinat du président MacKinley par l'anarchiste Leon Czolgosz déclenche une série de réactions par plusieurs juridictions américaines qui établirent alors des lois visant l'anarchisme et la propagande par le fait. En France, après 1900, les tenants de la propagande par le fait (attentats meurtriers ou non) cèdent progressivement le pas aux théoriciens de l'anarchie et aux représentants du courant individualiste. Le monde libertaire s'assagit un temps, au moins en apparence ... systématiquement sévèrement réprimé et mal compris dans ses intentions comme dans ses actes (NDLR).

BEL EXEMPLAIRE BIEN RELIÉ, AVEC SA BELLE COUVERTURE, TRÈS FRAÎCHE.

Prix : 200 euros



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lundi 22 mai 2017

Principi di Meccanica (1759. Manuscrit en italien. Possible copie d'un des premiers cours de Lagrange à l'école d'artillerie de Turin (Italie). Bel exemplaire.


[BARELLA ? Non identifié (copiste probable) - LAGRANGE, Joseph-Louis ? (auteur)]

[MANUSCRIT EN ITALIEN]. PRINCIPI DI MECCANICA [PRINCIPES DE MÉCANIQUE]. 1759.

[probablement près de Brescia ?], 1756-1759

1 volume in-folio (34 x 24,5 cm) de 235 pages chiffrées à l'exception de la page de titre qui compte pour la page 1. La page de titre est dessinée (dessin au lavis rocaille) et calligraphiée. Au bas ç gauche de la page de titre on peut lire à la plume Barella, en bas au centre "1756. 30 Xbre. On lit ce même nom : Barella en haut à gauche de la garde blanche collée au verso du premier plat. Nombreuses figures à la plume dans le texte.

Reliure plein parchemin à l'imitation, dos à nerfs muet. Excellent état de l'ensemble. Belle écriture bien lisible. Le texte est en italien tandis qu'on trouve quelques titres de chapitres repris en marge d'une autre plume, en français cette fois.








Le manuscrit est divisé en 2 parties. La première partie s'intitule Nozioni preliminari riguardanti la natura del movimento, e le sue principali spezie (nature du mouvement des principales espèces). La deuxième partie s'intitule Della Meccanica (de la Mécanique). Au début on trouve sur deux feuillets titrés du titre principal Principii di Meccanica, un Objet de la Mécanique, les Divisions de la Mécanique, une Histoire de la Mécanique.







Sous toute réserve, il pourrait s'agir d'une copie d'un cours de Joseph-Louis Lagrange (1736-1813) lorsqu'il était professeur à l’école d’artillerie de Turin où il fut nommé en 1755 à l'âge de 19 ans. Ce qui nous fait penser qu'il pourrait s'agir d'une copie d'un des premiers cours de mécanique de Lagrange est le fait que Lagrange n'est jamais cité dans l'intégralité du manuscrit et que les titres des chapitres correspondent aux différents points de la mécanique étudiés et résolus par Lagrange.

La Mécanique analytique de Lagrange n'a été publiée qu'en 1788, sans figures, celles-ci rendues inutiles par l'emploi en tous cas de formules algébriques.

A partir de la page 177 notre manuscrit traite des Machines (poulie, engrenage, levier, treuil, roue dentée, vis, etc.).







En résumé, nous vendons ce manuscrit de Mécanique pour ce que nous savons avec certitude, c'est à dire qu'il a été rédigé entre 1756 et 1759, probablement achevé en 1759, en Italie du nord (proche de Brescia ou Turin). il est rédigé en italien, comporte très peu de ratures et est agrémenté de nombreuses figures (précises). Il est complet.

L'attribution du texte à Lagrange mérite d'être vérifiée et n'influe ici en rien sur le prix proposé. Ce manuscrit est vendu pour ce qu'il est, c'est à dire une copie anonyme en italien d'un traité complet de Mécanique en deux parties du milieu du XVIIIe siècle.





Nous n'avons retrouvé aucun imprimé au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle reprenant ce texte en italien, ni aucune traduction en français.

BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 6.500 euros



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dimanche 21 mai 2017

Prophéties et Divination. Occultisme. Ésotérisme. Les Souvenirs Prophétiques d'une Sibylle (1814). Les Oracles sibyllins (1817) et La Sibylle au Congrès d'Aix-la-Chapelle (1819). Ensemble de 3 volumes. Rare.


LE NORMAND ou LENORMAND, Marie-Anne.

LES SOUVENIRS PROPHÉTIQUES D'UNE SIBYLLE, sur les causes secrètes de son arrestation, le 11 décembre 1809. Ornés d'une gravure. Par Mlle A. Le Normand.

Paris, Chez l'Auteur, rue de Tournon, n°5 et à son Magasin de Librairie, rue du Petit Bourbon, S. Sulpice, n°1., 1814

(3)-IX-(1)-592-(4) pages. Frontispice gravé sur acier par Fr. Janet d'après Séb. Le Roy.

LES ORACLES SIBYLLINS, OU LA SUITE DES SOUVENIRS PROPHÉTIQUES, ornés de gravures. Par Mlle M. A. Le Normand, auteur de la Sibylle au Tombeau de Louis XVI.

Paris, Chez l'Auteur, rue de Tournon, n°5 et à son Magasin de Librairie, ru du Petit-Lion, S. Sulpice, n°1, 1817

527-(2) pages. 3 planches hors-texte.

LA SIBYLLE AU CONGRES D'AIX-LA-CHAPELLE, SUIVI D'UN COUP D’ŒIL SUR CELUI DE CARLSBAD. Ouvrage faisant suite aux Oracles sibyllins. Avec des Notes politiques, historiques, philosophiques, cabalistiques, etc., etc., ornés de sept gravures ; par Mlle M. A. Le Normand, auteur des Souvenirs prophétiques ; des Oracles sibyllins, de l'Anniversaire de la mort de l'impératrice Joséphine, de la Sibylle au tombeau de Louis XVI, etc., etc.

Paris, Chez l'Auteur, rue de Tournon, n°5 et à son Magasin de Librairie, rue du Petit Bourbon, S.-Sulpice, n°1., 1819

(3)-316 pages. 7 planches hors-texte.



Ensemble 3 volumes in-8 (20,5 x 13,5 cm), reliure demi-toile de bibliothèque, étiquette de titre anciennes à l'encre au dos, étiquettes de classement en pied, plats de papier à la colle. Reliures de l'époque faites pour le cabinet de lecture de Charles Géofroi Zabern à Strasbourg (avec étiquette et cachet répété). Reliures encore solides mais en état d'usage (bords et coupes frottés/usés, toile des mors parfois fendue). Intérieur globalement propre avec quelques taches sans gravité. Beau papier chiffon vergé. Ensemble complet (texte et gravures).

ÉDITION ORIGINALE DES TROIS PRINCIPAUX OUVRAGES DE LA SIBYLLE MARIE-ANNE LENORMAND.



Beaucoup de choses ont été écrites sur la devineresse Marie-Anne Lenormand (1772-1843). Née à Alençon, deuxième fille (la première étant morte à la naissance) et portant le même prénom que la première, on lit qu'elle fut un bébé si laid et si difforme que ses parents l'auraient sans doute préférée morte à la naissance comme sa sœur. Mais le destin en décida autrement et elle devint rapidement la petite fille la plus jolie et la plus intelligente qui soit. On s'aperçut même rapidement qu'elle avait un don : le don de voyance. Elle voyait à travers les murs dit-on, elle pouvait lire dans les pensées de ceux qu l'entouraient. Le père mourut laissant à son épouse trois enfants (un garçon et deux filles). Sa mère se remaria mais mourut cinq ans plus tard. Son bon-père se remaria à son tour lui donnant une bonne éducation bien qu'il n'ait aucun sang commun avec elle. Marie-Anne Lenormand fut mise en pension à l'abbaye royale Sainte-Geneviève de Montsort à Alençon puis à la Visitation de la même ville. Elle étudia avec succès un grand nombre de langues mortes et vivantes, la musique, la peinture et les lettres. Elle se consacra aussi dès ce moment à la divination. Elle tira donc les cartes (tarots) à bon nombre de petites bourgeoises de la ville en mal d'avenir radieux. Les voies de l'occulte lui étaient désormais ouvertes. Par des prédictions qui s'avérèrent exactes au sein du couvent où elle se trouvait, elle déchaîna contre elle l'inimitié des supérieures et fut chassée. Elle n'avait que onze ans. Elle fut placée dans une maison de couture où elle s'ennuya. A quatorze ans elle quitta Alençon pour Paris où son beau-père avait ouvert un magasin. Elle devint vendeuse dans un magasin de frivolités de la rue Honoré-Chevalier et poursuivit à côté son activé de prophétesse. Elle fut alors remarquée par Amerval de la Sausotte, aristocrate libertin, dont elle tomba amoureuse. Il devint sa protectrice et officiellement elle devint sa "lectrice". Elle connut alors le monde, les bals, les salles de jeu et le théâtre. Elle exerça dès lors ses talents dans le milieu des spectacles auprès des acteurs et actrices en vogue. La véracité de ses prédictions et le bouche à oreilles fit d'elle une personnalité incontournable dans son domaine. Lorsque Louis XVI convoqua les Etats Généraux (juin 1788) elle prédit la chute de la monarchie, la disparition du clergé et la suppression des couvents. En 1790 elle se rendit à Londres accompagnée de son amant où elle rencontra le Docteur Gall, inventeur de la phrénologie et qui lui dit qu'elle possédait la "bosse" de la divination : "Vous êtes comme la pythie de Delphes, vous avez la protubérance des grands voyants. Vous serez la plus grande sibylle d'Europe !". Tout le monde en parla à Londres et aux environs. Sa réputation allait grandissante. Elle revint en France dès 1792 cependant, où les amateurs de prophéties accoururent : Mademoiselle Clairon, Mademoiselle de Raucourt, Talma, la princesse de Lamballe, Camille Desmoulins lui fut envoyé par le député Fréron, Danton même ! Fabre d'Eglantine encore. Elle prédit la guillotine à Danton, trahi par un ami de jeunesse. Elle reçu encore Joseph Fouché. En 1793, Amerval de la Sausotte fut conduit à la guillotine à son tour. Marie-Anne Lenormand échappa de peu à l'arrestation. Elle se cacha dans un garni sous les toits du Palais Royal. Elle rejoignit une cousine, Louise Gilbert, qui pratiquait elle-même la divination. Louise Gilbert la forma à la pratique des tarots divinatoires. Elle pratiqua aux abords du Pont Neuf, l'un des endroits les plus fréquentés de Paris à cette époque. Déguisée, accoutrée plutôt, tantôt en bohémienne, tantôt en jeune Américaine, elle lisait les lignes de la main ou tirait les cartes aux passants. Finalement l'association avec sa cousine se rompit. Elle se retrouva à nouveau seule et sans ressources. Avec une autre cousine, elle s'installa pour travailler dans les jardins du Palais-Royal, propriété du duc d'Orléans, placée là en dehors de la juridiction des autorités de police de la ville de Paris. Le jardin était ouvert au public jour et nuit. Cétait le lieu de prédilection des prostituées chics de la capitale. Voleurs, joueurs, charlatans, bandits, amuseurs publics, tout y pullulait. Elle était assise à une table dans un café voisin de la Place. Son affaire avançait à grands pas. Son succès s'affirmait. Elle se rapprocha de Mademoiselle Montansier qui possédait et dirigeait le théâtre du Péristyle du Jardin-Egalité, sous les arcades du Palais-Royal. Marie-Anne Lenormand plaisait à Mademoiselle Montansier. C'est alors qu'elle s'installa au n°9 puis au n°5 de la rue de Tournon. C'est là même que le mage Cagliostro, mêlé à l'affaire du collier de la reine Marie-Antoinette, avait trouvé refuge au cours des années 1780. Le journaliste Hébert y avait résidé jusqu'en 1792. La Terreur régnait encore. Elle installa une enseigne sur la porte de son domicile : "Mademoiselle Lenormand, Libraire." Son cabinet prospéra rapidement à partir de cette époque. Elle lisait l'avenir dans les tarots et le marc de café. Les consultations valaient 10, 40 ou même 80 francs. Le Tout-Paris, riche et moins riche, se précipita dès lors chez elle, faisant sa fortune. Le peintre David, Robespierre, Saint-Just, Marat, Tallien, etc. Tous vinrent la consulter, y compris le jeune Napoléon Buonaparte. Elle prédit les morts terribles de Marat et de Robespierre. Mais elle connut la gloire quand elle fit la connaissance de Joséphine Tascher de la Pagerie, comtesse de Beauharnais, qui la consultait à tout propos. Marie-Anne Lenormand sut lui inspirer une totale confiance. Elle mémorisait toutes les confidences de tous ses "consultants" pour s'en servir avec d'autres et ainsi faire illusion de ses dons de clairvoyance. Elle étudia beaucoup aussi, dans les anciens grimoires et inventa de nouvelles mancies. Elle jetait les aiguilles, consultait le plomb fondu, le vif argent, les blancs d'oeufs jetés dans l'eau claire, les miroirs brisés, le cristal de roche ou encore les cendres soufflées. Elle dut être la dépositaire de biens des secrets d'état dans cette période très troublée. Elle était protégée de très haut, par de grands personnages influents.  Cependant elle fut accusée en 1803 d'avoir prédit une conspiration. Elle fut incarcérée à la prison des Madelonnettes. En 1809 elle fut arrêtée de nouveau sur ordre de l'Empereur Napoléon qui craignait l'influence de ses prédictions sur Joséphine. En 1818 elle fut arrêtée en Belgique pour escroquerie. En 1821 encore elle fut arrêtée à Louvain pour possession d'une loupe magique et autres talismans de sorcière. Son activité se poursuivit pourtant. On la saluait de toutes parts comme la plus grande voyante de tous les temps. Elle prédit à son égard qu'elle mourrait âgée de 124 ans en l'an 1896. Elle mourut finalement en 1843 à l'âge de 71 ans, confite en dévotions, ayant abjuré ses pratiques magiques et blasphématoires. Elle ne mourut pas pauvre et son neveu hérita de ses biens estimés à plus d'un million de francs. (ce résumé a été réécrit à partie des informations présentées sur le site Wikipédia et les articles “La sibylle du Faubourg Saint-Germain (4 parties)” publiés sur le site de Franz von Hierf).



MODESTE EXEMPLAIRE DE CABINET DE LECTURE.

INTÉRESSANT ENSEMBLE COMPLET DES TROIS PRINCIPAUX OUVRAGES DE LA PROPHÉTESSE LENORMAND PUBLIÉS ENTRE 1814 et 1819.

Prix : 950 euros



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samedi 20 mai 2017

Edmond Haraucourt. La Légende des Sexes du Sire de Chambley. Edition originale imprimée à 212 exemplaires. Celui-ci imprimé sur vergé teinté et dédicadé aux Bibliophiles du Cornet. Exemplaire avec la très rare suite de Georges Villa pour les Bibliophiles du Cornet (12 lithographies rehaussées en couleurs) tirée à 50 exemplaires.


[Edmond HARAUCOURT] LE SIRE DE CHAMBLEY (Edmond H...)

LA LÉGENDE DES SEXES. POÈMES HYSTÉRIQUES.

Imprimé à Bruxelles pour l'auteur. 1882 (date sur la couverture et le titre). Achevé d'imprimer le 15 avril 1883 (colophon).

1 volume in-8 (23,5 x 15,5 cm) de 147-(1) pages. Broché. A l'état proche du neuf. Texte imprimé sur papier vergé teinté à vergeures verticales. Emboîtage cartonné de l'époque (frotté aux angles).

IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE DEUX CENTS EXEMPLAIRES, EN DEUX SÉRIES, ET DOUZE EXEMPLAIRES SUR JAPON. CES VOLUMES, TOUS NUMÉROTÉS ET PARAPHÉS PAR L'AUTEUR, NE POURRONT ÊTRE VENDUS.

CELUI-CI UN DES 200 EXEMPLAIRES DE LA DEUXIÈME SÉRIE. Numéroté 70 par Edmond Haraucourt, pour les Bibliophiles du Cornet. (voir photo).

EXEMPLAIRE AUQUEL ON A JOINT LA TRÈS RARE SUITE DE 12 LITHOGRAPHIES COLORIÉES, PAR GEORGES VILLA, ET TIRÉE A SEULEMENT 50 EXEMPLAIRES SUR PAPIER FILIGRANÉ BFK DE RIVES.

DÉDICACE MANUSCRITE DE GEORGES VILLA A M. A. BOUCLIER (des Bibliophiles du Cornet). 


Bien complet de la table des lithographies qui sert de couverture aux lithographies. C'est sur le verso du premier plat de cette couverture muette que Georges Villa a effectué sa dédicace à M. A. Bouclier, "avec mes sentiments distingués. Georges Villa. 1930. 31/50.", précédée des deux vers suivants manuscrits au crayon par Villa : "La chair n'a-t-elle pas son lyrisme, comme l'esprit a le sien ? Et pourquoi toujours taire, dès qu'apparait le jour, ce qui est à l'ordre de la Nuit ?".

Provenance : A. Bouclier des Bibliophiles du Cornet.


La Légende des Sexes est le premier ouvrage de l'auteur. Haraucourt a 26 ans lorsqu'il publie de manière confidentielle à 212 exemplaires seulement (il existe plusieurs contrefaçons publiées ensuite) ces poèmes hystériques, véritable "épopée du bas-ventre".


"Donc, dans le coït, rien ; à côté, rien. Avons-nous essayé les premiers la force contractile du sphincter anal ? (...) Avons-nous inventé le travail des langues, et le baiser adultère des taureaux ou des cygnes ? Rien ! nous n'avons rient fait, et nous ne ferons rien ! Il ne nous reste qu'un espoir, qu'un rêve irréalisé encore : l'application de l'envahissante électricité au travail voluptueux de nos sens. Et même doutons-nous, misérables que nous sommes, dans notre espérance dernière : car peut-être l'amour et le désir ne sont-ils que ces phénomènes dynamo-électriques , nos sexes, des accumulateurs ou des piles chargés de voltes et d'ampères, et desquels jaillit, par l'approche d'un pôle contraire, la resplendissante électricité de l'amour. (...)" (extrait de la Préface).


Élaboré en contre pied de la Légende des Siècles du grand Hugo, ce livre eut le succès du soufre. Du coït des atomes en passant par le Sonnet pointu ou le Sonnet honteux, ce volume composé de 39 poèmes est une aventure textuelle au pays des libertés curieuses.

C'est Haraucourt lui-même qui donne quelques précieuses informations sur l'édition authentique de ces vers érotiques : "Plusieurs éditions de la Légende des sexes ont été tirées par des falsificateurs ; les désignations diverses rencontrées dans les catalogues de librairie me font supposer qu'il existe au moins deux on trois falsifications ; je ne les ai jamais vues ; elles sont, paraît-il, pleines de coquilles et de vers faux ; j'ai lieu de croire que ces volumes ont été composés en Hollande. Toute mention indiquant que j'ai pris part à leur publication est mensongère. « L'édition véritable, faite par mes soins, exécutée par un petit imprimeur de province (en dépit de la mention « Imprimé à Bruxelles »), commencée en décembre 1881, terminée en avril 1883, brochée en mai de la même année, comporte trois types différents, tous les trois de format in-8, ainsi qu'il est énoncé au verso du fauxtitre : 1° une série sur papier vélin ; 2» une série sur papier vergé : 3" douze exemplaires sur papier du Japon. « Ces trois types sont les seuls que je reconnaisse. Ils ne contiennent aucune illustration. L'ouvrage original n'a jamais été mis dans le commerce ; tons les exemplaires sont numérotés de ma main et signés, soit de mon nom, soit du pseudonyme qui figure comme nom d'auteur. » Cette déclaration est catégorique et de nature à dissiper toute équivoque.".


Quelques poèmes ...



Sonnet honteux

L'anus profond de Dieu s'ouvre sur le Néant,
Et, noir, s'épanouit sous la garde d'un ange.
Assis au bord des cieux qui chantent sa louange,
Dieu fait l'homme, excrément de son ventre géant.
Pleins d'espoir, nous roulons vers le sphincter béant
Notre bol primitif de lumière et de fange ;
Et, las de triturer l'indigeste mélange,
Le Créateur pensif nous pousse en maugréant.
Et un autre…



Sonnet pointu


Reviens sur moi ! Je sens ton amour qui se dresse ;
Viens, j'ouvre mon désir au tien, mon jeune amant.
Là... Tiens... Doucement... Va plus doucement...
Je sens, tout au fond, ta chair qui me presse.
Rythme bien ton ardente caresse
Au gré de mon balancements,
O mon âme... Lentement,
Prolongeons l'instant d'ivresse.
Là... Vite !
Plus longtemps !
Je fonds ! Attends,
Oui, je t'adore...
Va ! va ! va !
Encore.
Ha !



La jeune

J'ai rêvé d'une vierge impécable, aux yeux froids,
Qui d'un bond, émergeant des moiteurs de sa couche,
Vient accrocher le poids de son corps à ma bouche
Et pointe sur mon cœur le roc de ses seins droits.
Longtemps, pieuse et chaste, elle a porté la croix
De l'orgueil vertueux que nul désir ne touche ;
Mais voilà que le rut s'est éveillé, farouche,
Et la chair en révolte a réclamé ses droits...
Elle plaque à ma peau la peau d'un ventre ferme,
Et furieusement crispée, elle m'enferme
Dans l'effort ingénu de sa lubricité.
Ses canines d'enfant mordent ma chair de mâle...
A moi, toute ! Et la fleur de sa nubilité,
Pourpre, s'épanouit sous l'onde baptismale.


La cotisation annuelle pour être admis au sein des Bibliophiles du Cornet (Bibliophiles de Montmartre) était de 500 francs. Seuls les hommes pouvaient en faire partie. Les dames de ces messieurs les membres n'étaient pas invitées aux dîners donnés par la Société de bibliophiles. Elle fut fondée en 1929. Edmond Haraucourt en fut le Président d'Honneur. Cette suite de lithographies par Georges Villa, tirée à très petit nombre, fut pensée et distribuée pour les membres des Bibliophiles du Cornet. D'après quelques sources, cette suite aurait été tirée à 60 exemplaires. Or notre suite est bien justifiée sur 50 exemplaires seulement (??). Quid ? Nous avons pourtant vu des suites justifiées sur 60 exemplaires (??).



Le volume a été conservé depuis son impression en 1883 dans les meilleures conditions (emboîtage, à l'abri de la lumière) et se trouve ici en parfait état, tant au niveau des couvertures, du dos, que de l'intérieur, absolument sans rousseurs. Cette condition est très rare pour ce livre très fragile. Le volume ne semble pour ainsi dire n'avoir jamais été manipulé.

BEL EXEMPLAIRE DE CE LIVRE TOUJOURS RECHERCHÉ ICI ACCOMPAGNE DE LA TRÈS RARE SUITE DE LITHOGRAPHIES ÉROTIQUES PAR GEORGES VILLA.

Prix : 1.800 euros

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